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Conte : le Roi & le jardin

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marguerite Il y avait un jour un roi qui avait un splendide jardin près de son château, planté de toutes sortes d’arbres, de plantes et de fleurs. Il venait chaque jour s’y promener pour se détendre et s’emplir de toute cette beauté.

Un jour, il dut partir en voyage. A son retour, il s’empressa de descendre dans le jardin, mais il constata que les arbres et les fleurs étaient en train de dépérir.

Il s’adressa au pin, autrefois plein de vie, et lui demanda ce qui s’était passé. Le pin lui répondit : « J’ai regardé le pommier et j’ai réalisé que jamais je ne produirais les bons fruits qu’il porte. Je me suis découragé et j’ai commencé à sécher. »

Le roi alla trouver le pommier : lui aussi se desséchait… Il l’interrogea et le pommier dit : « En regardant la rose et en sentant son parfum, j’ai songé que jamais je ne serais aussi beau et je me suis mis à sécher. »

Mais même la rose dépérissait ! Il alla lui parler et elle lui dit : « Je regrette de ne pas avoir l’âge de l’érable et que mes feuilles ne se colorent pas à l’automne. A quoi bon vivre et faire des fleurs ? Je me suis donc mise à me dessécher. »

Poursuivant son exploration, le roi aperçut une petite fleur, toute épanouie. Il lui demanda comment il se faisait qu’elle soit si vivante, et elle répondit : « Au début, je me désolais, sachant que jamais je n’aurais la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l’année; ni le raffinement et le parfum de la rose. Et j’ai commencé à mourir … Mais j’ai réfléchi et je me suis dit : Si le roi, qui est puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d’autre à ma place, il l’aurait planté. Si donc, il m’a plantée, c’est qu’il me voulait, moi, telle que je suis. » Et à partir de ce moment, j’ai décidé d’être la plus belle possible! »

A méditer…

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La conviction qui rend sourd & aveugle

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(récit tiré de l’Udana Sutta)

portes

Le Bouddha raconta cette histoire à ses moines :

Un jeune veuf se dévouait à son petit garçon, qui était toute sa vie. Mais pendant qu’il était en voyage pour son métier, des bandits incendièrent tout le village, le laissant en cendres, et enlevèrent le petit garçon.

Quand le père revint, il ne retrouva que des ruines et en eut le coeur brisé. Voyant les restes calcinés d’un enfant, il crut que c’étaient ceux de son propre fils, prépara une crémation, recueillit les cendres, et les mit dans un sac qu’il emportait partout avec lui.

Plusieurs années passèrent et un jour, son fils parvint à échapper aux bandits et à retrouver le chemin de la maison, que son père avait reconstruite.

Il arriva tard dans la nuit et frappa à la porte.

Le père demanda : Qui est là ?

– C’est moi, ton fils. S’il te plaît, ouvre la porte et laisse-moi entrer !

Le père, toujours triste, crut qu’il s’agissait d’un méchant qui se moquait de lui.

Il cria donc au-travers de la porte : Va-t’en !

Son garçon continua longtemps à appeler et supplier en frappant à la porte, mais le père lui faisait toujours la même réponse.

Finalement, comprenant que rien ne le ferait céder, le fils partit, l’âme désolée, pour ne plus jamais revenir.

Après avoir terminé ce récit, le Bouddha ajouta :

Si vous vous accrochez à une idée comme à une vérité inaltérable, quand la vérité viendra en personne frapper à votre porte, vous ne serez pas capable d’ouvrir et de l’accepter.

J’ajoute que ceci est un cas un peu particulier, où une conviction nous est comme « imposée » par un traumatisme.  Sans doute cet homme s’était-il identifié à son « drame » et à présent, il ne pouvait renoncer à la croyance en la mort de son fils… Car dans ce genre de cas (et je parle par expérience), on a acquis cettte nouvelle identité (celle de « parent désenfanté ») à grande difficulté et douleur … Il nous a fallu entrer dans ce « rôle » à notre corps défendant, pour survivre. Alors, cesser d’y croire, c’est comme si on avait fait tout ce « travail » pour rien et en outre, on n’a plus la force de faire un si grand changement une 2ème fois dans notre vie …