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Hommes et femmes : mieux communiquer

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La mode est à la communication, pourtant, il n’y a jamais eu autant de problèmes de communication entre les sexes.
Les femmes reprochent aux hommes de ne pas communiquer, de ne pas exprimer leurs émotions, de toujours essayer d’avoir raison, de ne pas parler des choses importantes, de ne pas comprendre ce qu’elles cherchent à leur dire, même de faire exprès de mal comprendre et qu’il faut toujours répéter les mêmes choses. Les hommes reprochent aux femmes de chialer tout le temps, de parler à leur place, de compliquer les choses simples, de parler dans le dos des autres, de les interrompre, d’être trop émotives et de prendre des chemins détournés pour dire ce qu’elles ont à dire.
D’abord, il est faux de croire que les hommes ne parlent pas ; ils parlent autant que les femmes, mais préfèrent parler en public et abordent les problèmes en termes de faits objectifs, d’efficacité, d’information et de statut social; les femmes parlent de liens, d’intimité, de connexions affectives. Les hommes font des discours que les femmes font semblant d’écouter.
Tandis que les femmes ont besoin de paroles pour se sentir aimées, les hommes préfèrent aimer en silence.
Ensuite, le besoin de communication verbale, à couleur émotive, est un besoin féminin. Un sondage effectué par l’Ordre des psychologues québécois a montré que 73 % des femmes interrogées croyaient que la communication dans le couple pouvait régler tous les problèmes contre seulement… 27 % des hommes. Ce besoin de communication verbale des femmes correspond chez l’homme à son besoin de communication non verbale, à couleur sexuelle.
Enfin, les femmes échangent alors que les hommes argumentent, ce qui est très différent et donne l’impression aux femmes que les hommes cherchent à les contrôler et à avoir le dernier mot. Comme les femmes adorent exprimer leurs états d’âme et particulièrement leurs émotions «négatives» pour s’en libérer, les hommes ont l’impression qu’elles les critiquent et qu’ils sont responsables des états émotifs de leurs femmes. Et comme pour eux, émotion égale problème, ils vont souvent offrir des solutions à leurs partenaires, alors qu’elles désirent seulement qu’ils les écoutent.
Ce sont les femmes qui disent «Chéri, parle-moi…», mais ce sont surtout elles qui ont besoin d’être écoutées. La femme veut communiquer pour être entendue. Or, comme l’homme utilise la parole lorsqu’il a besoin de transmettre ou d’obtenir de l’information, il est normal qu’il y ait tant de malentendus entre hommes et femmes, parce qu’ils ne s’écoutent pas l’un l’autre. Pourtant, nous avons 1 bouche et 2 oreilles !
L’origine étymologique du mot communication est synonyme de «troc» ; la communication est un troc, un échange et non une mise en commun d’émotions, d’expériences ou de pensées. Communiquer voudrait donc dire je t’informe de telle ou telle chose, mais je ne peux avoir aucune garantie que tu comprennes vraiment ce que je viens de te dire. C’est plutôt la garantie inverse qui est vraie : comme je suis le seul à vivre en moi, je suis aussi le seul à vraiment comprendre ce que je vis, et encore. Beaucoup de gens sont inconscients de ce qu’ils vivent vraiment. La compréhension par la communication est donc une illusion !
La communication est aussi une illusion parce que les mots n’ont pas la même signification pour tout le monde. L’homme disant «Je t’aime» à sa partenaire dit-il vraiment ce qu’elle entend ? Son «Je t’aime» est-il teinté d’affection ou de désir sexuel ? Comment peut-il comprendre sa partenaire qui lui rétorque «Est-ce moi que tu aimes ou seulement mon corps ?» parce qu’il commence à la caresser après qu’elle lui ait dit «moi aussi, je t’aime».
Comment peut-il comprendre que sa femme fasse une distinction entre elle-même et son corps, alors qu’il ne fait pas cette distinction et que, pour lui, aimer représente avant tout une sensation et non une émotion ou un sentiment ?
Une autre illusion est de croire que «plus on parle, mieux on se connaît, et plus solide sera notre union.» D’après les statistiques sur le divorce et la difficulté de vivre à 2, ce serait plutôt l’inverse qui est vrai.
À force de se connaître, les gens ne voient plus l’autre comme un autre, d’où la mort du désir, qui est une « tension vers ». Ils tiennent l’autre pour acquis et agissent comme s’ils étaient devenus UN couple : un plus un égale un.
Or, l’intimité n’est pas synonyme de fusion et la communication ne mène pas à cette fusion, elle est souvent, au contraire, source de confrontation.
L’intimité est plutôt espace entre fusion et autonomie, permettant ainsi aux 2 identités d’exister, de s’affirmer et de collaborer à des projets communs.
Une autre erreur commune est l’idée qu’il faille «tout se dire», tout partager… en oubliant que c’est le mystère qui nous a attiré vers l’autre.
C’est ce désir de connaître l’autre qui est à la base de la séduction . Quand on connaît tout de l’autre, naît le danger de perdre le désir de l’autre.
Comment expliquer que les hommes fuient les femmes qui désirent tant parler, communiquer, fusionner? Parce qu’ils réagissent fortement aux interactions sources de stress ; quand la communication devient émotive, leur cœur s’emballe, l’adrénaline se déverse, ils transpirent… Pour couper court à ce malaise (et éviter d’exploser physiquement), il met fin à la discussion et part.
Ceci hélas, stresse les femmes – car elles ne coupent ainsi la communication que lorsqu’elles jettent l’éponge et n’ont plus aucun espoir pour la relation… Elles s’imaginent alors que leur homme va les quitter, ce qui les angoisse terriblement… et pour apaiser cette angoisse, elles ont besoin de faire un lien avec l’autre.. ; de PARLER.
Hélas, l’homme reçoit ceci comme l’expression d’un problème qu’il devra résoudre ou, pire, comme une attaque personnelle. Et le cercle vicieux est parti : elle l’accuse de ne pas vouloir communiquer et le fait fuir. Plus il fuit, plus elle veut communiquer.
Pourtant, on ne peut pas ne pas communiquer. La fuite, le silence, les gestes, les actions… sont aussi des façons de communiquer.
Le silence est une façon de communiquer que l’on est en train de réfléchir à la question ou que l’on refuse de communiquer.
De nos jours, les spécialistes de la communication et de l’amour sont les femmes. Et pour elles, aimer veut dire parler, communiquer.
Une étude américaine a montré que les femmes se sentaient surtout aimées quand leur mari leur exprimait sa tendresse en paroles, alors que les hommes éprouvaient ce sentiment quand leur femme fait quelque chose de concret pour eux.
Les femmes disent qu’il faut exprimer ses émotions; que les hommes devraient apprendre à contacter et à exprimer leurs émotions. Ceci implique la prémisse que les hommes n’ont pas d’émotion, et qu’ils n’expriment pas leurs émotions, ce qui est faux. Il serait plus juste de dire que les hommes ne ressentent pas les mêmes émotions que les femmes et ne les expriment pas de la même façon que les femmes.
Comment expliquer alors que la proportion de femmes qui souffre de dépression est 5 fois supérieure à celle des hommes? Est-ce que l’expression de sentiments de tristesse, d’inquiétude, d’insatisfaction… fait disparaître les tendances dépressives ou, au contraire, les nourrit ?
Les psychologues ont depuis longtemps démontré que la communication se divisait en communication verbale et non verbale; ils estimèrent la dimension verbale à 45 % de la communication totale et la dimension non verbale, à 55 %. De plus, ils répartissent la communication verbale en signification des mots (7 %) et le ton sur lequel sont prononcés ces mots (38 %).
Dire «Je t’aime» sur un ton enthousiaste, alors que je suis penché vers mon partenaire a beaucoup plus d’impact que le même «Je t’aime» dit sur un ton agacé et en zappant la télévision.
Des études effectuées par John M. Gottman dans son «Love Lab» ont démontré que les thérapies basées sur la formulation non-accusatrice de sentiments, sur la reconnaissance de la légitimité des sentiments de l’autre, sur la reformulation des dires du partenaire, sur l’acceptation inconditionnelle de l’expression des sentiments de l’autre… ne fonctionnent pas !
La meilleure des thérapies basées sur la résolution de conflit par l’écoute active n’aurait qu’un taux de réussite de 35%, lequel baisse à 18% après un suivi d’un an. Pourquoi ce qui fonctionne si bien pour les psys ne fonctionne pas avec les couples ?
La méthode de l’écoute active exige des couples une gymnastique affective de niveau olympique, alors que leur relation est à peine capable de se traîner jusqu’à un divan de psy.
Il ne faudrait pas non plus préjuger que l’autre a toujours envie de nous entendre; il peut ne pas vouloir écouter, surtout si ce que nous avons à dire n’est ni vrai, ni bien, ni utile ou intéressant.
N’empêche qu’il y a quand même moyen d’améliorer la compréhension par la communication par la mise en pratique de certaines règles élémentaires.
La femme devrait poser à son compagnon des questions précises et non vagues, respecter son silence (ne pas faire de harcèlement verbal en le poursuivant jusqu’au fond de sa caverne) et la pudeur émotive des hommes, ne pas parler pour lui, cesser de l’interrompre quand il accepte de communiquer, être directe et faire appel à ses compétences. Et surtout, pour ouvrir le coeur de l’homme : touchez-le!
Pour avoir plus d’harmonie dans sa communication avec sa partenaire, l’homme devrait, lui, cesser de se sentir attaqué chaque fois qu’elle demande à parler ou de donner des solutions pour résoudre les états d’âme exprimés par sa conjointe, apprivoiser ses propres émotions et cesser de croire qu’une émotion est un signe de faiblesse ou l’expression d’un problème, arrêter de sous-estimer sa partenaire en croyant qu’il va la perturber avec ses soucis, la regarder quand elle parle, être diplomate (c’est-à-dire avoir des égards) et la tenir au courant des décisions qu’il envisage avant de les avoir prises. Surtout, pour ouvrir le coeur (et le corps) de la femme, lui dire : «Je t’aime».
Les 2, hommes et femmes, devraient appliquer 2 autres règles pour augmenter le niveau de compréhension lors de discussions :
1. cesser de tout prendre personnellement et pratiquer l’écoute active. Je ne suis pas mon partenaire et lui (elle) n’est pas moi; nous avons le droit d’avoir nos points de vue et de ne pas être d’accord. Encore faut-il se mettre d’accord pour accepter de ne pas être d’accord.
2. prendre la responsabilité de nos besoins et des moyens à utiliser pour en obtenir la satisfaction. Développer certaines stratégies de manipulation à l’usage de conjoints honnêtes ou, autrement dit, utiliser le mode d’emploi de l’autre. Par ex, j’ai un besoin de communication verbale à couleur émotive ou un besoin de communication non verbale à couleur sexuelle.
Ce n’est pas parce que j’exprime ce besoin que mon conjoint sera automatiquement prêt à le satisfaire. Ce n’est donc pas l’autre qui doit changer si mon besoin n’est pas satisfait ; l’autre n’a pas à se soumettre à mon besoin, même légitime. Si mon besoin n’est pas satisfait, c’est que je n’utilise pas les bonnes stratégies. Je dois donc prendre la responsabilité de l’inefficacité de mes stratégies comportementales et les modifier pour arriver à mieux satisfaire mes besoins. Ce n’est jamais l’autre qui doit changer, c’est moi.

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