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Conte : le Roi & les grands Sages

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Il était une fois un roi qui convoqua les plus grands sages de son royaume dans son palais.

Lorsqu’ils furent tous arrivés, il vint au milieu d’eux et leur demanda de compiler toute la sagesse du monde dans un ouvrage.
Les sages se mirent au travail et, après plusieurs mois, revinrent le trouver.

« Sire – dirent-ils – nous avons compilé toute la sagesse du monde, et la voici. Cela tient en 12 volumes. »

« Hum, dit le roi, c’est bien volumineux ! Ne pourriez-vous pas le résumer ? »

Alors, les sages se remirent au travail, et au bout de quelques autres mois, ils revinrent vers le roi. Ils avaient réussi à ôter tout le non-nécessaire, et la sagesse du monde tenait en un livre.

Mais là encore, le roi n’en fut pas satisfait, et leur demanda s’ils ne pouvaient pas résumer encore plus.

Ils le firent et présentèrent au roi un texte tenant sur une page.

Là encore, le roi les pria de la synthétiser pour n’en garder que l’essentiel – en sorte qu’après bien des discussions, les savants présentèrent au roi un petit texte, qui ne faisait qu’un paragraphe…. mais même ceci était encore trop long au gré du roi, qui leur demanda de tirer la quintessence de cet alinea, et de faire tenir toute la sagesse du monde en une seule phrase.

Les sages se remirent à réfléchir … jusqu’à ce qu’enfin, ils trouvent la phrase résumant tout ce qu’il y a à savoir de sage en ce monde.

Ils écrivirent la phrase & la présentèrent au roi… Le roi accepta alors de lire la phrase de sagesse suprême.

Elle disait ceci : « Il n’y a pas de repas gratuit ! »

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Vie de rêve & sacrifices

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colorer-ville

Dans l’article sur une vie de colibri (voir http://www.bonheuretamour.com/2013/01/24/une-vie-doiseau-mouche/ ), j’explique que cet oiseau doit tout le temps manger, pour avoir les calories nécessaires pour se nourrir – ou : il doit continuellement absorber du nectar pour avoir la force d’obtenir du nectar. C’est un cercle vicieux, et donc, passablement idiot… Cela peut à bon droit s’appeler « perdre sa vie à la gagner » ! et je vous demandais de vous poser cette question : ne menez-vous pas une vie de colibri, à « perdre votre vie à la gagner » ? 

Je concluais ainsi : « La plupart des gens triment – souvent dans des boulots pénibles – pour gagner de quoi acheter une camelote qui enrichira encore plus les êtres qui les oppriment … et menacent leur vie et celle de leurs enfants en épuisant et polluant la planète ! » – Ces biens matériels ne nous offrent qu’un plaisir fugace & ensuite, très vite, il faut racheter autre chose… & voilà le cercle vicieux, voilà pour quoi on s’endette, voilà pourquoi on est forcés d’accepter des boulots pénibles & abrutissants ! Bref, plus besoin que d’autres nous « esclavagisent » ; on le fait soi-même !

Car enfin, pour quoi vivent la plupart des gens ? Pas pour de nobles causes, mais pour se payer la nouvelle bagnole qui épatera des gens dont au fond, on se fiche, ou les vacances pour se remettre de notre job déprimant, ou pour pouvoir faire la fête et tout claquer le vendredi soir, …

Quant à ceux qui veulent sortir du système, ils laissent leurs tendances hédonistes leur souffler que ça leur tombera tout cuit dans le bec, & adhèrent aux Théories New Age (genre Loi d’Attraction), car plus personne n’est prêt à trimer & se sacrifier pour lui-même, pour se donner la vie de ses rêves.

Dans notre culture, il ne faut plus lutter pour sa survie, la vie est devenue facile, et on la gaspille à s’enfoncer dans le lit profond & duveteux du confort moderne…

Avant, la vie était dure, & pour tenir le coup, il fallait lui donner un sens, une mission au-delà de soi-même. Par ex, les chevaliers étaient prêts à donner leur vie pour une cause en laquelle ils croyaient, ou pour faire réussir leur cause.

A présent, on n’a plus besoin de sens & de mission pour vivre, et on n’est plus relié à nos valeurs profondes, la société nous distrait & conditionne à s’occuper d’imbécillités.

Moi, par ex, j’ai pour valeur suprême la vérité ; eh bien, chaque jour, depuis toute petite, je m’y suis consacrée chaque jour, j’ai lu & étudié, j’ai testé les choses pour vérifier ce qui fonctionnait ou pas, …

Il m’a souvent été très pénible de devoir abandonner mes chères illusions, rosées & douces, pour le dur béton de la réalité – mais je l’ai fait … D’ailleurs, c’était souvent une question de vie ou de mort, de voir où je me trouvais exactement ; la vérité m’a coûté cher, mais elle m’a sauvé la vie !

Et là, je continue à lutter & me sacrifier pour elle. Comme j’ai constaté combien elle était donneuse de vie, & combien le mensonge (partout présent) faisait du mal aux gens, je tente de la répandre, et il me faut du courage, car je me fais insulter pour ça. Le proverbe turc est vrai ; « Celui qui dit la vérité doit avoir le pied à l’étrier » !

Mais je sais aussi ceci ; si on n’aligne pas notre vie sur une cause qui ait du sens, & qu’on soit prêt à donner notre sang pour elle, on ne fait que gaspiller son temps de vie, on n’arrive en fait pas loin dans la vie & au fond, on n’est pas épanoui.

On aura bien de petits plaisirs, mais rien de plus – bref, la garniture, mais pas le plat principal – c’est comme d’avoir la vinaigrette, mais pas la salade, ou la béarnaise, mais pas le steak !

Je suis persuadée qu’il faut que chacun de nous porte du fruit, aux niveaux physique (enfants), mental (écrits) & spirituels (compassion), & qu’il faut, à notre mort, avoir amélioré, ne fût-ce qu’un peu, le monde – sinon, notre vie aura été inutile.

Bref, une « Quête du Graal » s’impose, & non pas un job « alimentaire », mécanique, qu’on ne fait que pour payer ses factures, sans se soucier s’il amène une vraie valeur, s’il apporte du bon ou est nuisible.

Le travail qu’on sera amené à faire pour notre Mission sera sûrement plus dur que n’importe quel autre boulot de 9 à 5, mais on sera heureux de le faire, car il aura un sens (dans les 2 sens du terme) !

Pour illustrer ceci, voici la fable des casseurs de pierres :

En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre.

Intrigué, Péguy s’arrête et demande :

– « Que faites-vous, Monsieur ? »

– « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Et il ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

Un peu plus loin, le voyageur aperçoit un autre homme qui casse aussi des cailloux. Mais son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

– « Que faites-vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Péguy.

– « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. »

Il sourit et ajoute : « Et puis, je suis au grand air, il y a sûrement des situations pires que la mienne ».

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierres. Son attitude est totalement différente ; il a un grand sourire et il abat sa masse avec enthousiasme.

« Que faites-vous ? » demande Péguy

« Moi, répond l’homme d’un ton fier, je bâtis une cathédrale ! »

3 tâches pareilles, 3 attitudes différentes… et qui font toute la différence !

Hélas, l’ennui, c’est qu’on se fixe un but, & puis, on n’en est pas vraiment persuadé… pas dans chaque cellule de notre corps… Or, c’est ce genre de persuasion à 100% qui est nécessaire pour persévérer !

Notre paresse naturelle nous soufflera toutes sortes de sottises pour nous pousser à laisser tomber.

Il est vrai qu’il faut parfois laisser des options ouvertes, ne pas conclure définitivement mais il y a un moment où il faut prendre la décision ferme, s’engager & s’y mettre – car à force de « garder toutes ses options », le temps passe & on ne fait rien.

Il faut non seulement s’engager, mais se ré-engager chaque jour, car au départ, on est enthousiaste, mais la semaine d’après, on a coup de mou et notre motivation faiblit ; on doute, on a des idées négatives, peur d’échouer, … et on songe à abandonner.

Il faut s’attendre à ce que notre moi résiste au changement & nous sabote pour tenter de maintenir le status quo et, pour persévérer, trouver des moyens de continuer à agir, à appliquer ce qu’on a décidé, à avancer vers notre but. Il faut faire des choses qui marquent notre engagement – & ce sera différent pour chacun.

C’est à chacun de réfléchir à comment on va appliquer ce principe abstrait qu’est notre engagement, les façons concrètes de manifester la sagesse. C’est là que votre vie commence à changer, parce que les choses que vous savez être bonnes & vraies, vous commencez à les faire.

D’où l’intérêt d’étudier sans cesse la sagesse.

J’ai dit ailleurs qu’on a intérêt à élever notre niveau de conscience, parce que, entre autres, cela sert à résoudre nos problèmes – cf Einstein, qui a dit : « Il est impossible de résoudre un problème au niveau de conscience où il a été créé. »

Quand, suite à notre engagement, notre vie s’améliore, on comprend que la sagesse n’est pas que dans les nuées, que pour des moines zen ; qu’elle est utile, & peut – et va ! – servir à transformer notre vie.

Epicurisme …

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epicure Ou : la recette du bonheur selon Epicure

Sa théorie est que tout provient des sensations ; tout plaisir est bon, toute douleur, mal, et rien n’a de valeur que ce qui nous apporte du plaisir. Donc, pour être heureux, il faut maximiser la somme de plaisir dans notre vie, et diminuer celle des douleurs.

Mais, comme on vit dans la réalité, la vie ne peut être 100 % plaisir et 0% douleur. Donc, une activité comme se droguer, par ex, ne convient pas ; car, même si ça nous procure du plaisir tout de suite, ça nous causera de la douleur plus tard – plus de douleurs diverses, en fait, que ce que ça nous donne de bonheur. C’est donc une opération déficitaire – qui coûte plus qu’elle ne rapporte. Ce n’est donc pas intelligent, et ça illustre le dicton « Le plaisir est le bonheur du fou, le bonheur est le plaisir du sage » !

Epicure nous prévient qu’il ne faut pas tout se permettre, sous peine de conséquences négatives.

A contrario, une chose pénible à la base (travailler dur durant ses études), peut nous procurer bien plus (et plus longtemps) de plaisir & de bonheur par la suite.

Pour lui, il y a 2 types de plaisirs : les statiques et les mobiles. Ces derniers s’éprouvent lorsqu’on est en train de satisfaire un désir – ex, quand on a faim, manger – puis deviennent des plaisirs statiques, qui eux, s’éprouvent donc quand le désir est satisfait et qu’on n’est plus en état de besoin – ils sont en fait, les plus satisfaisants.

Avoir des besoins insatisfaits est douloureux, et, pour Epicure, le grand destructeur de bonheur, c’est la peur de l’avenir, vu que la peur est une douleur.

On a donc plus de chance d’être heureux si on considère le futur avec un sentiment de confiance.
Comme le plaisir implique la satisfaction de nos désirs, et la douleur, des désirs insatisfaits, Epicure s’est dit que l’on doit soit viser soit à combler, soit à éliminer nos désirs.

Si l’on élimine le plus de désirs qu’on peut, il n’en reste que quelques-uns, faciles à satisfaire, et on atteint la sérénité.

Pour savoir quels désirs éliminer, Epicure les divise en 3 catégories : – les naturels et nécessaires, – les naturels et dispensables, – les non-naturels et non-nécessaires.
Les naturels et nécessaires sont les besoins de base (nourriture, sommeil, abri, sécurité, …), et il n’y a que ceux-ci à garder et à tenter de satisfaire (vu qu’ils sont indispensables) ; les autres peuvent être éliminés.

Les naturels et dispensables sont : des biens de luxe comme le restaurant, … Manger est nécessaire, mais ça ne doit pas être du caviar et du champagne ; un œuf –coque sur du pain beurré suffit.

Epicure n’était nullement contre le luxe, mais à condition qu’il soit à disposition de la personne – devoir le gagner, par contre, est pour lui un effort inutile – quand on n’est pas né dedans, il vaut mieux faire une croix dessus, car le plaisir qu’il nous apporterait alors, ne vaudrait pas la douleur qu’on a eu à le gagner.

A cause de ça, devenir dépendant de ce genre de besoin est une voie vers la misère.

Les besoins non naturels et non nécessaires sont le pouvoir, la richesse et la gloire. Ces besoins-ci sont assez aisés à éliminer et très difficiles à obtenir – du reste, même obtenus, on n’a jamais le sentiment d’en avoir assez.

Epicure dit que ce besoin est appris, il nous est soufflé par la société et les fausses croyances – que plus on possède, plus ça nous angoisse & nous crée des problèmes – voilà pourquoi il faut aspirer à la sérénité en éliminant les désirs, c-à-d en simplifiant sa vie au maximum.

Epicure dit que les grands plaisirs de la vie, se trouvent dans l’amitié ; pour lui, avoir de bons amis est facile et procure un plaisir durable. Il en déduit que notre but 1er doit être de socialiser et de nous faire des amis.

Et ceci est corroboré par les études scientifiques récentes, qui ont comme conclusion que le bonheur des humains réside dans le fait de sentir qu’on appartient à une communauté…
Enfin, en ce qui concerne la peur de mourir, je prendrai la philosophie chinoise à témoin ; elle dit qu’il y a 2 choses dont il ne faut pas s’inquiéter : de ce qui est passé, et ce qui n’est pas encore arrivé !

Mieux vaut rester dans le Moment Présent… mais, pour en vanter tous les bienfaits, Eckart Tölle est tellement plus doué que moi 😉 !

Citations de Mo Tseu

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Mo TseuCe philosophe chinois (mon préféré) vécut de – 470 à – 391 et, dans ses enseignements, préconisa l’authenticité & la réflexion personnelle, plutôt que la foi aveugle & l’obéissance aux rites.

Pour accomplir quoi que ce soit, il faut avoir des normes. Personne n’a encore accompli quoi que ce soit sans elles. Tous les États du monde, grands ou petits, sont des cités du Paradis, et tous les gens, jeunes ou vieux, honorables ou humbles, sont ses sujets ; car tous paissent les bœufs et les moutons, nourrissent les chiens et les porcs, et préparent de bon vin et gâteaux à sacrifier au Ciel. Est-ce que cela ne signifie pas que le Ciel nous revendique tous et accepte les offres de tous ? Puisque le Ciel nous réclame tous et accepte les sacrifices de tous, alors, qu’est-ce qui peut nous faire dire qu’il ne désire pas que les hommes s’aiment et se fassent du bien les uns des autres ? Ainsi ceux qui aiment et font du bien aux autres, le Ciel les bénira. Ceux qui haïssent et nuisent à autrui, le Ciel les maudira, car il est dit que celui qui tue l’innocent sera visité par le malheur. Comment pouvons-nous expliquer autrement le fait que les hommes, se tuant les uns les autres, seront maudits par le Ciel ? Ainsi, nous sommes certains que le Ciel désire que les hommes s’aiment et se fassent du bien et exècre qu’ils se haïssent et se nuisent.

Si nous devons classer un par un tous ceux qui détestent les autres et blessent les autres, devrions-nous les trouver être universels dans l’amour ou partiels ? Bien sûr, nous devrions dire qu’ils sont partiels. Or, étant donné que la partialité envers autrui est la cause des grandes calamités de l’empire, alors partialité est mal.

Les hommes inférieurs interprètent souvent « hommes convenables » par « notre parti ».

La richesse d’une personne est la pauvreté de l’autre.

Honorer le digne est est le fondement de la bonne gouvernance … ceci est un principe que les sages ont bien pris soin de mettre en pratique.

L’homme sage qui a la charge de gouverner l’empire devrait connaître la cause du désordre avant qu’il ne puisse y remettre l’ordre. A moins de connaître sa cause, il ne peut pas régulariser.

Le but de l’humaniste est de procurer des bienfaits au monde et d’éliminer ses calamités.

Si les dirigeants désirent sincèrement que l’empire soit riche et détestent qu’il soit pauvre, désirent qu’il soit ordonné et détestent qu’il soit chaotique, ils devraient favoriser l’amour universel et l’aide mutuelle. Ceci est le chemin des rois de sagesse et la façon de commander le monde, et cela ne doit pas être négligé.

S’il n’y a pas d’amour mutuel entre les peuples, une haine mutuelle se posera.

La pauvreté est la source des troubles dans le pays.

L’esprit est de comprendre l’essence des choses.

Mais quels sont les avantages du monde et ses calamités ? Mo Tseu dit : les attaques mutuelles entre les Etats, l’usurpation mutuelle entre les maisons, les blessures mutuelles entre les individus ; le manque de grâce et de loyauté entre gouvernants et gouvernés, le manque d’affection et de la piété filiale entre père et fils, le manque d’harmonie entre les aînés et les plus jeunes frères, voilà les principales calamités du monde.

(…) Quand personne dans le monde n’en aime un autre, naturellement les forts domineront les faibles, les nombreux opprimeront les rares, les riches se moqueront des pauvres, les honorés dédaigneront les humbles, les rusés tromperont les naïfs. Par conséquent, toutes les calamités, les conflits, les plaintes et la haine dans le monde sont nées du manque d’amour universel. C’est pour cela que les humanistes désapprouvent ce manque.

Quel est le moyen de l’amour universel et du soutien mutuel ? Mo Tseu dit: c’est d’estimer les autres pays autant que le sien propre, les maisons des autres autant que la sienne, les autres autant que soi-même.

Mais les gens attachés au monde diraient : « jusqu’ici, tout va bien. C’est bien sûr excellent que l’amour devienne universel. Mais ce n’est qu’un idéal difficile et lointain… »

Mo Tseu dit : Ceci est simplement dû au fait que les gens du monde ne reconnaissent pas ce qui est à l’avantage du monde, ou ne comprennent pas ce qui est calamiteux pour lui. Or, assiéger une ville, combattre dans les champs, ou se faire un nom au prix de la mort, voilà ce que les hommes trouvent difficile. Pourtant, lorsque le souverain les encourage, la multitude peut les faire.

En comparaison, l’amour universel et l’aide mutuelle est tout à fait différente de celles-ci. (…) Alors, quelle difficulté y a-t-il avec l’amour universel ? Seulement que le gouvernant échoue à l’incarner dans son gouvernement et l’homme ordinaire dans sa conduite.

(Quelle est la raison du chaos et de la pauvreté ?) C’est dû au fait que les dirigeants ont échoué à promouvoir les talentueux et à employer les gens capables dans leur gouvernement. Lorsque les talentueux sont nombreux dans l’état, l’ordre sera stable ; quand les talentueux sont rares, l’ordre sera instable. Par conséquent, la tâche du leader ne consiste qu’à augmenter le nombre des talentueux.

Comment savons-nous que la promotion des vertueux est le fondement du gouvernement ? Lorsque le (gens) honorables et sages régissent le gouvernement, les ignorants et humble demeurent à leur place ; mais quand les ignorants et les humbles dirigent le gouvernement, les (gens) honorables et sages deviennent rebelles. Par conséquent, nous savons que l’exaltation des talentueux est le fondement du gouvernement.

Les dirigeants sages dans le passé beaucoup insisté sur la promotion des talentueux et l’emploi des capables. Sans considération particulière pour leurs parents, pour les gens riches et honorés, ou pour les personnes belles, ils ont exalté et promu les talentueux, les ont enrichis et les honorés, et les ont fait gouverneurs et dirigeants.

Les vicieux, ils les ont gardés à distance et bannis, dépossédés et dégradés, et en ont fait des ouvriers et serviteurs. Là dessus, les gens ont tous été encouragés par des récompenses et menacés par des punitions et ont rivalisé l’un avec l’autre après la vertu. Ainsi, les gens talentueux se sont multiplié et les vicieux ont diminué en nombre. Telle est la promotion de la vertu. Ensuite, les dirigeants sages du passé ont écouté leurs paroles et ont observé leur conduite, ont découvert leurs capacités, et leur ont soigneusement attribué leurs emplois. Telle est l’emploi des capables.

Lorsque les dirigeants ne peuvent pas faire un manteau, ils emploieront des tailleurs capables. Quand ils ne peuvent pas tuer un bœuf ou un mouton, ils emploieront des bouchers capables. Dans ces 2 cas, ils savent qu’ils devraient promouvoir les talentueux et employer les capables pour les affaires. Mais quand on en vient au désordre du pays et au danger de l’Etat, ils ne savent pas qu’ils devraient promouvoir les talentueux et employer les capables pour le gouvernement. Ils emploieraient plutôt leurs parents, ils emploieraient les riches sans mérite, et les beaux. Mais quant à l’emploi des riches sans mérite et des beaux, vont-ils nécessairement se montrer sages et intelligents ? Laisser ceux-ci dominer le pays revient à laisser les non-sages et les non-intelligents régir le pays. Et le trouble peut être prédit.

Encore une fois, gouverner exige un savoir.

Quiconque critique les autres doit avoir quelque chose pour le remplacer. La critique sans suggestion est comme essayer d’arrêter les inondations avec des inondations et d’éteindre le feu avec du feu. Cela sera sûrement sans valeur.

P’eng Ch’ing Shengtse dit : « Le passé peut être connu, mais l’avenir ne le peut pas. » Mo Tseu dit : « Supposons que vos parents rencontrent un malheur à 30 miles d’ici, et qu’ils ne disposent que d’une marge d’un jour. S’ils pouvaient être atteints (en un jour), ils vivraient (et) sinon ils mourraient. Voici un chariot solide et un excellent cheval, et voici un mauvais cheval et une charrette à roues carrées. Vous pouvez choisir. Lequel voulez-vous prendre ? » Il fut répondu que l’excellent cheval et le chariot solide feraient bien sûr faire un voyage plus rapide. Mo Tseu dit : « Alors, comment l’avenir n’est-il pas connaissable ? »

Mo Tseu a de nombreux livres dans les tiroirs de son chariot. Hsien T’angtse les vit et fut surpris. Il demanda le pourquoi de tant de livres. Mo Tseu dit: (…) » J’ai entendu dire que différents moyens peuvent conduire à la même fin, mais ils ne sont pas présentés sans écarts par rapport l’un à l’autre. Et les gens ordinaires ne savent pas comment placer une importance appropriée dans ce qu’ils entendent. D’où le grand nombre de livres. Quand quelqu’un a passé en revue les idées et profondément réfléchi sur elles, alors il comprend les éléments essentiels qui conduisent à la même fin. Ensuite, il n’a plus besoin d’être instruit par les livres.

Comment une doctrine doit-elle être examinée ? Certains critère de jugement doivent être établis. Exposer une doctrine sans tenir compte de la norme est comme déterminer les directions du lever et du coucher du soleil sur un roue de potier en train de tourner. Par un tel moyen, la distinction du bien et du mal, des avantages et inconvénients, ne peut pas être connue. Par conséquent, il doit y avoir 3 tests : sa base, sa vérifiabilité et son applicabilité. Sur quoi doit-elle se baser ? Elle doit être fondée sur les actes des dirigeants sages du passé. Comment peut-elle se vérifier ? Elle doit être vérifiée par les sens de l’ouïe et de la vue des gens ordinaires. Comment doit-elle s’appliquer? Elle doit être appliquée en l’adoptant dans le gouvernement et en observant ses avantages pour le pays et le peuple.

Dans le passé, des personnes nulles se livraient à la nourriture & la boisson, et étaient paresseux dans leur travail. Là-dessus, leur nourriture et leur vêture devinrent insuffisantes, et le danger de la faim et du froid approchait. Ils n’avouent pas : « Je suis stupide et insolent et n’ai pas été diligent au travail. » Mais ils diront : « Ce n’est que mon destin, d’être pauvre. » Dans le passé, des dirigeants méchants ne contrôlaient pas la sensualité de leurs oreilles & de leurs yeux et les passions de leur esprit. Ils ne suivirent pas leurs prédécesseurs et ainsi, perdirent leur pays et ruinèrent leur état. Ils ne savent pas qu’ils devraient confesser : « Je suis stupide et insolent et n’ai pas été diligent à participer au gouvernement. » Mais ils diront : « Ce n’est que mon destin de le perdre ». Si la doctrine du fataliste était mise en pratique, les hauts dirigeants ne participeraient pas au gouvernement et leurs subordonnés ne participeraient pas au travail. Si les supérieurs ne participent pas au gouvernement, la juridiction et l’administration seront dans le chaos. Si les subordonnés ne vont pas au travail, la richesse ne sera pas suffisante… La croyance excentrique dans cette doctrine est responsable d’idées pernicieuses et est la voie des méchants. Si les gens du monde désirent vraiment avoir le monde riche et ne veulent pas l’avoir pauvre, désirent l’avoir ordonné et n’aiment pas l’avoir dans la confusion, la doctrine du fatalisme doit être rejetée. Elle est une grande calamité pour le monde.

Si l’on ne préserve pas le savant dans un Etat, il nuira à l’Etat ; si l’on est pas zélé (à recommander) le vertueux en en voyant un, il négligera le gouvernant. L’enthousiasme ne doit être montré qu’envers les vertueux, et les plans pour le pays ne sont à partager qu’avec les savants. Rares sont ceux qui, négligeant les vertueux et méprisant les savants, purent quand même maintenir l’existence de leur pays.

(…) quant à l’amour universel et l’aide mutuelle, ils sont bénéfiques et faciles sans aucun doute. Il me semble que le seul problème est qu’il n’y a pas de supérieur qui l’encourage. S’il y a un supérieur qui l’encourage, le promeut avec des récompenses et des éloges, (et) menaçant l’inverse avec des punitions, je crois que les gens tendront vers l’amour universel et l’aide mutuelle comme le feu tend vers le haut et l’eau vers le bas – ce sera inévitable dans le monde.

La huppe qui s’égara chez les hiboux

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conte pour HP de Sohravardi (1155 – 1191)

hibou

A la tombée du jour, une huppe entra par hasard dans la demeure des hiboux. Ils s’étonnèrent fort de leurs différences et toute la nuit, ils échangèrent sur toutes sortes de sujets. Ce fut si passionnant que les hiboux en oublièrent de sortir cette nuit-là.
Au lever du jour, la huppe voulut prendre congé de ses hôtes en les remerciant. Mais ceux-ci furent fort effrayés :
–  Comment ? Tu veux sortir alors que le soleil brille ! Ignores-tu que es oiseaux ne peuvent sortir durant le jour ? C’est trop dangereux… Le soleil est l’ennemi des oiseaux ; il les aveugle.

– Je vous assure qu’il n’en est pas ainsi pour moi, tempéra la huppe. Je ne suis pas semblable à vous. Je peux fort bien sortir sans danger durant le jour…
– Non, dirent en chœur les hiboux ; c’est impossible. Tous les oiseaux sont pareils et pour ton bien, nous ne pouvons te laisser sortir. Le soleil te rendrait aveugle et nous serions responsables de ce malheur !
Les hiboux barrèrent violemment la sortie du nid à la huppe… Ils lui auraient même crevé les yeux à coups de bec … pour empêcher justement (voyez leur folie) que le soleil ne l’aveugle !

En un éclair, la huppe jugea la situation – elle savait qu’il est dangereux de contrarier les fous.
– Ces insensés croient vraiment que tous les oiseaux sont comme eux et refusent d’écouter un avis différent du leur. Il est inutile de les contrarier, cela ne fait que les rendre plus agressifs.
Se pliant aux circonstances, la sage huppe contrefit la raisonnable :
– Vous avez raison ; je me range à votre avis… Les oiseaux ne peuvent sortir que la nuit ! Merci à vous d’avoir ainsi pris soin de moi !
– Enfin tu es raisonnable ! Nous savions bien que tu étais comme nous que le soleil aveugle, et qui ne pouvons sortir qu’à la nuit tombée.
La huppe passa la journée dans la demeure des hiboux, à méditer sur la folie de ceux qui se croient sages. A la nuit tombée, échappant à ses geôliers, elle regagna d’un coup d’aile un buisson proche pour y passer la nuit à dormir et attendre le lever du soleil…

Cela n’est pas d’aujourd’hui que les hiboux qui ne peuvent supporter l’éclat du soleil de la vérité s’en prennent, « pour leur bien », à ceux dont les yeux sont ouverts sur un réel qui leur échappe… Combien de fois avons-nous dû faire comme la huppe, à l’école, dans la famille, à l’armée, dans l’entreprise ou ailleurs ? La folie des gens ordinaires exerce une telle pression qu’il n’est pas toujours facile d’attendre la nuit pour s’envoler vers le véritable Soleil…

Proverbes persans

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Iran

Quelle est la valeur des hommes ? – Ce qu’ils cherchent.

Le vrai musc est celui qui répand son parfum et non celui que vante le droguiste.

C’est par la douceur que l’on triomphe. L’homme violent ne recueille qu’amertume.

Des paroles douces font sortir le serpent de son trou.

Sois comme le moulin : rends mou ce que tu as reçu sous une forme dure.

Avouer son ignorance est une preuve de savoir ; déclarer sa faiblesse, un signe de pouvoir.

Il suffit d’une étincelle pour incendier cent univers.

La force de l’eau vient de la source.

Si à midi le roi te dit qu’il fait nuit, contemple les étoiles.

La paresse est le commencement de la misère.

Cueillons les douceurs, nous n’avons à nous que le temps de notre vie.

Si tu veux être apprécié, meurs ou voyage.

Votre sauveur, ce sont vos actes et votre dieu.

La patience est un arbre dont les racines sont amères mais dont les fruits sont doux.

Si l’associé était bon, Dieu en aurait pris un.

Quand l’occasion se présente, la patience n’est plus de mise.

La modération est un arbre qui a le contentement pour racine, et le repos pour fruit.

Avec deux cuisiniers, la soupe sera trop salée ou trop froide.

Le jour a des yeux, la nuit a des oreilles.

Si vous sautez dans un puits, la providence n’est pas obligée d’aller vous y chercher.

Le meilleur repentir est de ne plus pécher.

Qui parle sème, qui écoute récolte.

La précipitation vient du diable. Dieu, lui, travaille lentement.

La cage sans oiseau n’a pas de valeur.

Au jour de la résurrection, on te demandera quels sont tes actes, et non quel est ton père.

L’ami de tout le monde est l’ami de personne.

Un sac d’or se vide ; la bourse de l’artisan est toujours pleine.

Le vrai sage est celui qui apprend de tout le monde.

Qui n’a rien appris des vicissitudes du monde, n’apprendra rien d’aucun maître.

Le savant qui ne met pas en pratique son savoir est une abeille qui ne donne pas de miel.

Plus vous laissez à vos héritiers, moins ils vous regrettent.

La flèche sort de la blessure, mais le coup de langue reste dans le cœur.

Selon les nations, les dieux.

Donner est le travail du riche.

Plus on est près du pouvoir, plus on risque de se brûler.

La cruauté est la force des lâches. La douceur est la force de l’homme avisé. La colère est la force de l’insensé.

Ne t’appuie pas trop sur le bateau de la vie, car le fleuve cache un monstre marin.

La seule beauté durable est la beauté du cœur.

Chaque homme est l’artisan de sa propre fortune.

La plus étroite des prisons est la société de celui qui vous est contraire.

Dieu n’a pas créé égaux les dix doigts.

Il faut savoir inscrire les bienfaits sur le marbre et les injures sur le sable.

Le fruit de chaque parole revient à celui qui l’a prononcée.

Avec deux cuisiniers, la soupe sera trop salée ou trop froide.

Le savoir est une couronne sur la tête, tandis que la richesse n’est qu’un joug sur le cou.

Tant que tu n’as pas parlé, la parole est en ton pouvoir.

Le temps est le meilleur instituteur qui puisse être.

Si d’une seule de tes actions tu dois en rougir, garde les fautes d’autrui au fond de ton cœur.

Un secret est bien caché que s’il a un seul gardien.

La préservation de la santé vaut mieux qu’une cuirasse.

Il est plus facile d’aimer un inconnu que d’aimer son voisin.

Le brin de paille se figure que c’est contre lui que la mer s’agite.

Richesse et savoir sont rose et narcisse qui ne sauraient fleurir ensemble.

Il faut museler la médisance, sans quoi le monde n’est plus qu’un nid de vipères.

La raison agrée tout hormis la déraison.

Rends grâce pour un bienfait, un autre suivra.

Le plus précieux des biens est un ami avisé et dévoué.

Il y a dans le pardon un plaisir que l’on ne retrouve pas dans la vengeance.

Chaque promesse non tenue est une nuée sans pluie, un arbre sans fruit.

Les biens sont pour l’âme, et non l’âme pour les biens.

Tu as une langue et deux oreilles: dis un seul mot pour en écouter deux.

Qui a fait le travail ? Celui qui l’a achevé.

L’homme ne connaît pas le prix des plaisirs de la vie avant d’en avoir éprouvé les malheurs.

Ceux qui ont reçu de moi la science de l’arc m’ont à la fin pris pour cible.

L’avare, sans enfant, qui laisse quelque chose après lui n’est qu’un fou.

Un cheveu sépare le faux du vrai.

La parole est plus tranchante qu’un sabre affûté.

Mentir est le fait des faibles.

La tache d’un seul mensonge ne peut s’effacer par cent paroles véridiques.

Celui dont le coeur est ressuscité par l’amour ne mourra jamais.

La vie est une ivresse continuelle : le plaisir passe, le mal de tête reste !

Notre vrai tombeau n’est pas dans la terre, mais dans le coeur des hommes.

Le mérite est un lion aux dents impuissantes.

Mieux vaut vivre enchaîné près de celui que l’on aime, que libre au milieu des jardins près de celui que l’on hait.

La fortune vient à pas de tortue, et fuit comme une gazelle.

On ne cueille pas le fruit du bonheur sur l’arbre de l’injustice.

La femme est le rayon de la lumière divine.

Une once de vanité gâte un quintal de mérite.

L’excuse d’un sot est pire que sa faute.

Ne dis pas ce que tu donneras, donne.

L’homme pressé refait deux fois la même chose.

C’est au plus étroit du défilé que la vallée commence.

L’ivresse de la jeunesse est plus forte que l’ivresse du vin.

On peut nouer un fil rompu, mais il y aura un noeud au milieu.

Le doute est la clé de toute connaissance.

Qui n’aime nul être ignore la joie de vivre.

L’homme offensé doit imiter l’arbre de Santal, qui couvre de fleurs celui qui l’assaille de pierres.

Se courtiser, s’aimer, se disputer, se séparer puis se maudire, ainsi vont l’homme et la femme.

Qui n’a jamais éprouvé les tourments de l’amour ne connaît rien à l’amour.

Une vie sans enfant ressemble à une lampe sans huile.

Le monde est un pont : hâte-toi de le traverser ; mesure et pèse tout ce qui se trouve sur ton passage, tu verras que le mal environne le bien et le surpasse.

Avoir des griffes n’est pas être lion.

L’abeille brusque-t-elle le jasmin ?

Qui brûle sa maison se chauffe au moins une fois.

Le serpent change de peau, non de nature.

Crois, si tu veux, que des montagnes ont changés de place ; mais ne crois pas que des hommes puissent changer de caractère.

L’honnêteté vient de l’esprit, elle ne vient pas de beaux vêtements.

Un âne qui porte sa charge vaut mieux qu’un lion qui dévore les hommes.

L’ignorance est une rosse qui fait broncher celui qui la monte, et qui fait rire de celui qui la mène.

Qui brûle à midi des essences précieuses manquera bientôt d’huile pour la faire brûler la nuit.

Celui qui creuse dans le chemin d’un autre un puits pour l’y faire tomber s’ouvre souvent, par son impudence, un chemin sans terre pour s’ensevelir.

Le monde est semblable à un vieux château à demi ruiné et bâti sur le courant rapide d’un torrent qui en emporte sans cesse quelque pièce : c’est en vain qu’on pense le réparer avec une poignée de terre.

Trois motifs portent à rechercher le monde : les honneurs, les richesses et les plaisirs. Vivez retiré, vous acquerrez l’honneur ; contentez-vous de ce que vous possédez, vous voilà devenu riche ; méprisez le monde, vous aurez atteint le vrai plaisir, qui est le calme.

La nécessité est une seconde captivité.

Chaque feuille d’un arbre vert est, aux yeux du sage, un feuillet du livre qui enseigne la connaissance du Créateur.

La politesse est une monnaie qui enrichit non point celui qui la reçoit, mais celui qui la dépense.

Ne pas se repentir d’une faute en est une autre.

A l’hôtel de la décision les gens dorment bien.

Le caractère de l’homme apparaît en voyage.

Tout défaut qui plaît au sultan est une qualité.

N’ouvrez pas la porte que vous serez incapable de refermer.

L’ignorance, c’est la mort ; le savoir, c’est la vie.

Il ne faut pas tant se méfier des autres que se défier de soi-même.

La courtisane ne délie pas le noeud de sa ceinture pour l’amour du prophète.

Quand le ventre est vide, le corps devient esprit ; quand il est rempli, l’esprit devient corps.

Le compliment exagéré est pire qu’une injure.

Notre bonheur ne dépend que de nous-mêmes : si nous ne cherchons pas le mal, nous serons heureux.

La parole n’a d’autre parure que la vérité.

Qui ne connaît la honte de l’ignorance, a honte d’apprendre.

Le corps de l’homme doit être considéré comme un fourreau dont l’âme est le sabre : c’est le sabre qui tranche, et non le fourreau.

Ce qui distingue un homme d’esprit d’un sot, c’est qu’un sot se flatte lui-même, et qu’un homme d’esprit flatte les autres ; mais c’est sottise encore de flatter les autres : ce qu’on y gagne quelquefois ne vaut jamais ce qu’on y perd.

L’ignorant, dans le sein des richesses, ressemble à un vase de terre dont l’extérieur est doré ; le savant, dans l’indigence, est comme une pierre précieuse enchâssée dans un vil métal.

Quatre choses ne doivent pas nous flatter : la familiarité des princes, les caresses des femmes, le rire de nos ennemis, et la chaleur de l’hiver, car ces quatre choses ne sont pas de durée.

La paresse est le commencement de la misère.

Qu’un aveugle amour ne vous fasse point mépriser le plus grand des périls.

La clémence est une vertu, mais elle a des bornes à ne pas franchir.

Ce que tu manges devient pourriture, ce que tu donnes devient une rose.

L’homme est la plus parfaite de toutes les créatures, et le chien une des plus viles : cependant le chien reconnaissant l’emporte sur l’homme ingrat.

Avouer son ignorance est une preuve de savoir ; déclarer sa faiblesse, un signe de pouvoir.

C’est par la douceur que l’on triomphe. L’homme violent ne recueille qu’amertume.

Âne paré de satin est toujours âne.

S’il existe un homme sans passion, cet homme n’est pas fils d’Adam.

Le diamant tombé dans le fumier n’en est pas moins précieux, et la poussière que le vent élève jusqu’au ciel n’en est pas moins vile.

Qui a plus de toits a plus de neige.

Le pire des lâches est celui qui frappe un homme à terre.

Dans la mer, il est des biens sans nombre, mais si l’on recherche la sûreté, elle est sur le rivage.

L’homme si fragile, si souvent sujet à l’erreur, a besoin d’indulgence.

Nul royaume n’est stable si le bout d’une épée ne le soutient.

Les femmes sont des chattes qui retombent toujours sur leurs pattes.

Au champs de l’univers, tu cueilleras ce que tu sèmes.

Le plaisir de trouver vaut mieux que ce que l’on trouve.

Vouloir donner de l’éducation à un homme indigne, c’est prétendre placer des noix sur une coupole.

L’ivresse de la jeunesse est plus forte que l’ivresse du vin.

Qui n’a pas d’enfants n’a pas de lumière dans les yeux.

La passoire reproche à l’écumoire d’avoir des trous.