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Pour des présentations mémorables

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D’abord, quelques conseils sur la façon concrète de parler – ce qu’il faut faire ou éviter, & comment poser sa voix.

Comment barber nos interlocuteurs : se plaindre, racontars (dire du mal des absents), juger, négativité, trouver toujours des excuses & blâmer autrui, exagérer, « broder » ou mentir, dogmatisme (confondre des faits avec une opinion).

Il y a 4 piliers sur lesquels baser nos speeches pour être entendu :

– Amour : vouloir du bien à nos interlocuteurs,

– Honnêteté : être clair & direct (attention : se souvenir que « la franchise ne consiste pas à dire tout ce qu’on pense, mais à penser tout ce qu’on dit »),

– Intégrité : que ce que l’on dit soit ce que l’on est,

– Authenticité : être soi-même.

Quels outils peuvent augmenter le pouvoir de notre discours ?

-le registre ; parler sur le ton le plus bas possible – les voix « haut perchées » n’impressionnent guère.

-le timbre : voix riche, souple, chaude – ceci peut se travailler (avec un coach en voix) ; on peut améliorer notre timbre grâce à des exercices de posture ou de respiration.

-la prosodie : que notre discours soit comme une chanson, & non pas monotone.

-le rythme : ne parler ni trop vite, ni trop lentement.

-le volume : là aussi, ne parler ni trop fort, ni trop faiblement.

-le silence : il faut apprendre à les utiliser – & pour ça, à se sentir à l’aise avec le silence.

-pitch : le « ton » sur lequel on parle – affirmatif ou interrogatif, par ex.

Avant chaque conversation importante ou discours public, les exercices suivants peuvent aider à parler de façon plus aisée & plus fluide, tout en nous relaxant :

1) lever les bras tout en haut en inspirant, puis les baisser en expirant bruyamment, 3 – 4 fois.

2) dire une dizaine de fois & fortement « bo ».

3) faire trembler nos lèvres, comme quand, enfant, on imitait le bruit de voiture.

4) dire une dizaine de fois, de façon exagérée, « la ».

5) faire un gros & long « R » roulé – un peu comme le bruit d’une machine.

6) dire une dizaine de fois, « wiii -oh » ; le « wii » le plus aigu possible, & le « oh », le plus bas possible.

Le contenu du discours :

Beaucoup d’articles de conseil sur les bonnes présentations se concentrent sur la structure & le style, mettant l’accent sur le rôle des histoires pour inciter les gens à s’intéresser au contenu, la valeur des résumés en fin de discours & ses nombreuses facettes ; la façon dont vous devez vous tenir, comment utiliser vos mains et bras pendant que vous parlez.

Mais on omet souvent l’objectif fondamental d’une présentation (pour aider les orateurs à concevoir leur présentation): que le discours change le public d’une certaine manière.

Pour ce faire, & créer des présentations qui auront un impact élevé, il faut influencer leurs souvenirs, et donc il faut savoir comment l’information entre dans la mémoire.

Dans la plupart des présentations, on tente d’affecter la mémoire explicite du public – laquelle comprend les aspects de votre présentation que les gens peuvent se rappeler plus tard (ou du moins reconnaître que vous avez présenté cette information quand ils la rencontrent plus tard).

Parfois, vous voulez également encourager les gens à développer une compétence. Les compétences font partie de la mémoire procédurale, laquelle exige du temps et de la répétition.

Pensez à la pratique qu’il faut pour apprendre à jouer d’un instrument de musique ou maîtriser une discipline sportive. Si vous voulez que votre auditoire développe une nouvelle compétence, vous devez créer des exercices pour l’aider à expérimenter le genre de pratique que vous voulez qu’ils apprennent. Après, vous devez l’aider à élaborer un plan pour quand et où ils auront assez de pratique pour apprendre réellement la compétence.

Mais en général, vous voulez juste changer la mémoire explicite de votre auditoire.

C’est là où de nombreux exposés échouent. La plupart des gens croient que si on trouve une façon convaincante d’énoncer un message et de le dire de façon claire, assurée & structurée, les gens s’en souviendront.

En fait, les études sur la mémoire ont mis en évidence 3 facteurs à utiliser pour améliorer ce dont les gens se souviendront de vos présentations.

  1. Suivez la bonne séquence. Tout d’abord, il y a un grand effet de position sériel. La 1ère chose présentée dans une séquence est celle dont les gens se rappellent le mieux, ainsi que l’information présentée vers la fin d’une conversation (mais pas aussi bien que ce que la 1ère ). Le milieu d’une conversation est moins bien enregistré. Cela signifie que vous devez dire la chose la plus importante que vous voulez dire tout de suite!

Voici la stratégie souvent utilisée : « dites aux gens ce que vous allez leur dire, dites-le, puis dites-leur ce que vous leur avez dit ». Son avantage est que vous donnez un aperçu des points-clés de la présentation dans les 2 positions ( = au début & à la fin) dont le public est le plus susceptible de se souvenir. Malheureusement, de nombreux orateurs ouvrent leur discours avec une anecdote engageante, non-pertinente pour le sujet de la présentation. Le public se souvient de l’anecdote, mais non de ce qu’ils avaient vraiment besoin de savoir !

  1. Faites des liens. Les liens entre les éléments de la mémoire sont importants. Les choses qu’on tire de sa mémoire sont des morceaux d’information. C’est comme avec un bol de cacahuètes ; si vous prenez une cacahuète à la fois, vous en avez 3 après avoir pêché 3 fois dans le bol. Mais, si vous versez du caramel sur les arachides, quand vous allez pêcher dans le bol, vous tirez tout un bloc de cacahuètes & si vous pêchez 3 fois, vous aurez sans doute tiré toutes les cacahuètes du bol.

La mémoire fonctionne de la même manière. Faire des liens entre les points clés de votre discours, c’est comme verser du caramel sur les arachides en mémoire et cela augmente la quantité de choses dont les gens se souviennent de votre exposé.

  1. Faites travailler le public. Pour introduire des informations dans la mémoire explicite, il faut des efforts. Plus le public doit penser profondément à ce que vous dites, plus ils se souviendra ensuite de ce que vous avez dit.

Paradoxalement, si votre présentation est trop « polie », vous réduisez la quantité de travail que votre auditoire doit faire pour comprendre ce que vous lui dites, & donc, moins il retient.

Cela ne signifie pas que vous devez donner un discours confus, mais que vous devez fournir à ce public des opportunités de penser par eux-mêmes. Peut-être que vous pouvez les faire voter sur des alternatives. Posez des questions au public et demandez-leur de faire des paris sur ce qu’ils pensent, avant de leur donner une réponse.

À la fin du discours, répétez les points principaux, mais encouragez le public à le résumer pour eux-mêmes. Quand les gens s’expliquent des points clés à eux-mêmes, ils apprennent bien mieux que quand ils ne font que l’entendre.

En concevant vos présentations en songeant à comment vous voulez affecter votre public, vous faites un meilleur travail & maximisez votre influence. Les présentations sont une brève occasion d’entrer dans la tête de votre auditoire – alors, ne perdez pas votre temps quand vous en faites.

 

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Le jeune chasseur anxieux

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chaman forêt amazonienne equatorienne juin 2006

chaman forêt amazonienne  (Photo credit: Wikipedia)

Il était une fois un Indien qui partit à la chasse. C’était sa première saison en solitaire et il se faisait du souci car, là-bas, dans leur tipi, étaient sa femme et leur premier bébé.

Il est inquiet, car son jeune fils maigrit dangereusement ; ses précédentes chasses furent piteuses ; il n’a rien pu amener, et à présent, la faim se fait sentir… Cette fois, il FAUT qu’il attrape quelque chose à leur apporter, sinon, ils mourront…

Il marche longtemps, accablé par la chaleur et maudit le soleil implacable ; à cause de la sécheresse, beaucoup de proies sont mortes ou ont migré vers des terres plus humides.

Qu’arrivera-t-il s’il rentre à nouveau bredouille ? Il imagine sa femme et son jeune fils mourant de faim par sa faute. Soudain, un lièvre surgit devant lui. Perdu dans ses pensées, notre chasseur met trop de temps à réagir et, quand il bande son arc, le lièvre est déjà trop loin…

Mais soudain, un aigle fond sur le rongeur, le tue et le mange. Peu après, l’aigle est repu et retourne à son nid, et un vautour, qui avait repéré la bonne aubaine, se pose sur la carcasse et avale le reste.

L’Indien, voyant ça, est furieux. Quelle injustice ! Il jette son arc à terre, de colère et de découragement…

Mais le shaman du village, qui était là, en quête de plantes médicinales, a tout vu, et décide de lui faire un peu la leçon.

« Pourquoi crois-tu – lui demande-t-il –  que l’aigle et le vautour ont réussi là où tu as échoué ? »

« Parce qu’ils ont eu la chance que je marche près du lièvre et que je le débusque pour eux ! »

« De la chance, vraiment ? Pourquoi n’as-tu donc pas tué l’animal toi-même, alors ? »

« Le soleil m’a ébloui et avec cette sécheresse, les proies sont rares. Peut-être aussi n’ai-je pas assez d’expérience… L’aigle semblait en pleine force de l’âge et n’en était pas, comme moi, à sa première saison de chasse ! ».

« Tout ça, ce n’est que des excuses !, dit le shaman. La seule différence entre toi et l’aigle, c’est qu’il est resté présent, attentif, sur le qui-vive. Penses-tu que, lorsqu’il part en chasse, il songe à la sécheresse, à la rareté des proies, ou à ses petits affamés, et qu’il se ronge les sangs à l’idée de ne rien ramener ?

Sûrement pas ! Il concentre toute son attention sur une seule chose : son environnement, et s’il s’y trouve une proie.

IL RESTE CONSTAMMENT DANS LE MOMENT PRESENT ! Alors, quand une proie passe à sa portée, il la voit tout de suite et réagit au quart de tour… Résultat ; il attrape à chaque fois de quoi nourrir sa famille ! »

Sur ce, le shaman le laisse…

Le jeune homme est d’abord révolté contre celui qui ose le reprendre ainsi, mais, en se calmant, il se dit que le shaman doit avoir raison… Il repense aux longues heures qu’il a passées, étant enfant, à suivre son père à la chasse. Celui-ci lui faisait passer des journées entières à l’affût, sans parler ni bouger, attentif à la nature, à la moindre trace ou bruissement dans l’herbe …

Le jeune chasseur se dit qu’il n’a rien à perdre et décide d’essayer. Il met de côté l’image angoissante de sa femme et de son bébé mourant de faim, et avance en se concentrant sur sa tâche.

Et, quand ses pensées se remettent à vagabonder, que des angoisses ressurgissent, il les chasse et se re-focalise sur son environnement.

C’est là qu’il aperçoit une biche, pas loin de lui. Sans la perdre de vue, et sans penser, l’Indien lui décoche une flèche qui l’atteint en plein cœur.

Il peut rentrer chez lui la tête haute car il est un vrai homme, capable de faire vivre sa famille. Bien entendu, jamais il n’oublia cette leçon essentielle, et décida de toujours la pratiquer lors de ses chasses. Il acquit ainsi la réputation d’un grand chasseur… et une famille prospère !

Moralité : Le moment présent ! Tout est là ! On ne peut agir que dans ce moment – et c’est pour ça qu’il faut être attentif..