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Si c’est intense, ça doit être de l’amour…

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chagrin d'amour   J’ai déjà souvent observé des exemples de cette stupide croyance (j’y croyais d’ailleurs moi-même, avant). Mais elle est fausse.

En relations, l’intensité est le degré d’excitation émotionnelle, et celle-ci est élevée quand la relation contient un haut niveau de « drame », d’incertitude, de risque et qu’on sent qu’elle nous qu’elle procurera soit une grande récompense, soit une grande perte.

Or, entrer en relation avec un PN, un psychopathes ou quelqu’un d’émotionnellement indisponible ( = des êtres charismatiques & mystérieux), comporte toujours un élément de danger et d’imprévisibilité.

Pour savoir si vous êtes dans ce genre de relation, observez vos émotions ; si à un moment, vous êtes sur un petit nuage et l’instant d’après, écrasée de douleur & de désespoir, alors oui ; vous fréquentez un(e) partenaire dont l’aptitude à l’intimité est altérée.
Quand quelqu’un à qui l’on tient commence à prendre ses distances, on souffre et on se raccroche à lui (c’est normal) ; on se met à paniquer et toutes nos insécurités refont surface.

On n’est si angoissé par le retrait de son amour, qu’on n’arrive plus à vivre, on y pense tout le temps et on n’a plus qu’une seule idée en tête ; comment le (la) récupérer !

Notre système nerveux se met en mode « alerte » et on ferait tout pour faire cesser la douleur & l’angoisse.

Etre brutalement jeté(e) du piédestal où l’autre nous avait placé(e), fait qu’on tombe de haut (dans tous les sens du terme) !

Et quand, ensuite, l’autre refait surface ou reprend ses tendresses, on fond ; on est comme le drogué qui vient de se re-piquer après une période de manque. On est si content(e) qu’il soit revenu, qu’on oublie ce qu’il(elle) nous a fait subir juste avant et qu’on accepte toutes ses excuses, même les plus idiotes.

Quand le PN revient, le sexe est indescriptible ; la douceur de sa peau, son odeur, ses caresses ; tout est parfait…

Puis le cycle recommence….Et on se retrouve encore dans les larmes, l’angoisse et l’incompréhension ; c’était si bon, pourquoi s’éloigne-t-il ? Pourquoi ne veut-il (elle) pas connaître ce bonheur tout le temps ?

La réponse est évidente, mais on ne veut pas la voir ; l’autre ne ressent PAS ce bonheur que vous sentez !

Mais même votre désespoir vous rend accro – Dans cet article (PN : pourquoi on reste si longtemps : http://www.bonheuretamour.com/2015/05/23/pn-pourquoi-on-reste-si-longtemps/ ), j’avais déjà écrit que

« Comme le PN nous fait vivre en état de vigilance constante, dans l’angoisse & la terreur, notre système nerveux s’habitue à cet état (de niveau de stress élevé) ; des voies se créent & se renforcent entre nos neurones – en sorte qu’ensuite, tout autre relation (une relation calme, où l’on est aimé) nous semble ennuyeuse. C’est dû à ce qu’on a appris à relier « montagnes russes émotionnelles » et amour. » Bref, vous êtes devenu(e) accro au « drame » ; ce que vous ressentez, à la fois dans le « haut » (quand votre partenaire revient vers vous) et dans le « bas » (l’abîme de souffrance où vous tombez quand il s’éloigne), est très intense – or, les individus (surtout les femmes) ne veulent pas d’une vie toute unie ; pour se sentir vivre, ils (elles) ont BESOIN d’intensité – c-à-d d’éprouver des sentiments vifs.

Or, le PN vous les procure ! Vous en déduisez que c’est ça la passion, que personne d’autre ne vous a jamais fait un tel effet, et que donc, vous êtes amoureux(se) du pervers en question !

Vous croyez que, puisque les sentiments sont si forts, c’est le signe clair que votre partenaire est l’homme (la femme) de votre vie.

En fait, si l’autre s’écarte de vous de temps à autre, c’est que, pendant que vous nagez dans le bonheur, lui se sent de plus en plus piégé, étouffé et angoissé – & pour soulager la tension qu’il ressent, il n’y a qu’une solution : s’éloigner de vous.

Ensuite, une fois parti, comme il a besoin de l’amour, l’attention, le sexe et l’approvisionnement narcissique que vous lui donniez, vous commencez à lui manquer … et il revient…jusqu’à ce que son inquiétude ressurgisse.
Les PN craignent intimité ; ça leur fait peur et du reste, ils ne peuvent jamais révéler leur vrai moi à quiconque.

Toute leur personnalité est un mirage, une construction qu’ils ont créée. Leur estime de soi n’est basée que sur la façon dont ils sont perçus par les autres – pas sur qui ils sont vraiment. Ainsi, chaque fois que vous vous approchez trop près, ils fuient. Ils doivent vous tenir à une distance, car ils ont un trouble de l’intimité.
L’intimité est la progression normale de la plupart des relations amoureuses ; c’est comment l’amour évolue et s’approfondit.

Elle n’est possible que si les 2 membres du couple s’impliquent dans la relation au même moment & consiste à se fier assez à un(e) autre que pour s’ouvrir totalement à lui(elle) et lui permettre de voir notre vraie nature.

La passion du début se transforme en une profonde confiance mutuelle ; confiance que votre partenaire sera là, qu’il veut être dans la relation et que nos sentiments sont réciproques. L’intimité est confortable et remplie de bonne volonté mutuelle, d’amour, de bonté et de respect….et de sérénité !
Car une telle relation (qui est du vrai amour) ne connaît pas les immenses hauts et bas d’une relation narcissique. Donc, si vous vous êtes accro au « drame », une véritable relation intime semble ennuyeuse, sans l’intensité émotionnelle qu’on a connue … C’est cela, confondre intensité & amour !

Il est temps de se dire que cette croyance est stupide & nocive, et de se rappeler que le bonheur dans la vie, c’est CELA ; la sérénité !

Nous croyons que le véritable amour doit avoir une telle intensité du sentiment, mais il ne l’a pas, au moins, pas à ce niveau, ni pendant si longtemps. Cette haute intensité – ces immenses « hauts » suivis d’immenses « bas » – ne se produit que dans une relation narcissique, ne faisant que (re)commencer & finir & dénuée de « milieu » ( = le temps où l’intimité se développe).
Une relation saine ne comprend pas de montagnes russes d’émotions, aucune crainte, douleur, anxiété ; juste l’amour mutuel, la gentillesse et le respect.
Voilà à quoi ressemble l’intimité !  Donc, si vous remarquez que votre relation est faite de montagnes russes émotionnelles, vous devez comprendre que l’intimité ne peut jamais se développer dans ces conditions.

Tout ce que vous aurez, c’est un dysfonctionnement, des liens traumatiques et une dépendance émotionnelle dure à briser. Les relations sont déjà assez complexes avec des individus sains, alors, tenter de rendre intime, quelqu’un qui en est incapable, est totalement fou !

Ca m’évoque ce dicton : « Le bonheur est le plaisir du sage, le plaisir est le bonheur du fou »… A méditer…

Si vous voulez une relation heureuse et réellement intime, reconnaissez ces mauvaises tendances en vous et cessez de confondre intensité et intimité. S’il n’y a pas de milieu dans votre relation, alors, vous n’avez pas de relation ; juste un fantasme ! – et il serait temps que vous descendiez de vos montagnes russes pour vivre sur une bonne autoroute bien droite ! (à moins que vous ne teniez pas au bonheur, mais bien à la peur et à la douleur).

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