Archives de Tag: mâle

La déprime des mâles

Par défaut

Durant l’année qui vient de s’écouler, et au fil de mes rencontres, j’en suis venue peu à peu à penser (à tort ou à raison) que la plupart des hommes souffrent d’une forme de dépression.
La fameuse coach de l’amour, Patti Stanger, semble le penser aussi, puisque je l’ai entendue dire que la plupart des hommes ont un endroit blessé, et que, si l’on y touchait, ils se mettraient à pleurer.
Et le pis, c’est que cette terrible épidémie est secrète. En effet, un vrai « mec » doit être fort et compétent – alors comment un homme oserait-il avouer qu’il va mal ? Comment pourrait-il s’exposer ainsi, exprimer ce qui le rend faible, vulnérable et ridicule ? C’est inconcevable …Pas question ! se dit-il.
Un vrai homme doit agir efficacement et celui qui ne le peut pas se fait traiter de femmelette, de raté… Alors il peut pas avouer – même à lui-même – qu’il va mal ! Un gars, un vrai, ne demande pas d’aide ; étant compétent, il DOIT pouvoir s’en sortir tout seul !
Quelle peut donc être la cause de cette dépression ? Comme pour la dépression chez la femme : la perte du job ou d’une relation amoureuse et les problèmes d’argent..
Les chercheurs ont découvert que, contrairement à ce que l’on croit souvent, ce sont les hommes qui souffrent le plus d’une rupture amoureuse. Et le pis, c’est qu’ils ne peuvent, comme les femmes, exprimer toute leur douleur – ils la renferment donc en eux-mêmes, ce qui ne fait qu’aggraver les choses, car un homme ayant le cœur brisé adopte alors une des 2 tactiques suivantes : soit, il devient un Casanova et « saute sur tout ce qui bouge », soit il se mue en ermite – le sexe ne l’intéresse plus…
Mais je pense que la cause majeure de dépression chez l’homme, est son inaptitude à atteindre les standards de la masculinité. Les pauvres répriment depuis l’enfance leurs sentiments naturels et leur vraie nature pour atteindre cet idéal du « vrai mâle » – fort, cool et sûr de lui – et se faire reconnaître comme tel par les autres !
Normalement, être déprimé cause tristesse, impuissance et désarroi, mais ces sentiments étant « féminins », sont interdits aux mâles… et se transforment donc en colère – une émotion qui est, elle, acceptable pour un homme.
Les femmes peuvent pleurer au moins et ainsi, se purger de leurs sentiments négatifs (stress, douleur, colère, peur) ; les hommes ne le peuvent pas ! Quand nous pleurons, des substances chimiques de stress sont chassées hors de notre corps, ce qui fait baisser fortement le niveau de notre tristesse…
Cette ressource est hélas refusée aux mâles… Depuis tout petits, ils ont dû apprendre à réprimer leurs sentiments et à montrer une belle façade…
Hélas, ce n’est pas parce qu’on a « balayé ses sentiments sous le tapis », qu’ils ont disparu … bien au contraire ! Ils ressortent sous forme de rage – Elle se traduit par de soudaines crises de colères (déclenchées par des « riens ») dirigées soit contre d’autres hommes, soit (comme ils en ont peur, en général), le plus souvent contre des êtres plus faibles : femmes ou enfants… D’un homme qui pique de telles crises, on dit qu’il a sale caractère – on ne pense jamais à une dépression…
La 1ère étape serait (dans l’idéal) qu’ils osent regarder les choses en face et s’avouer qu’ils vont mal et qu’ils doivent se bouger s’ils veulent guérir – car ils nuisent à eux-mêmes, aux autres et au monde s’ils restent dans cet état.
Hélas, au lieu de faire ça, ils cherchent dans la colère un soulagement temporaire, inefficace et le plus souvent destructeur !
Comme ils n’ont pas l’air de souffrir, ceci leur permet de « fonctionner » plus ou moins, sans même sentir qu’ils ont mal – et de garder une façade plus ou moins normale…
Par conséquent, pourquoi quitter une méthode qui marche (même si ça fait souffrir d’autres êtres) pour se lancer dans un processus douloureux (il faut crever l’abcès !), effrayant et humiliant ? Il n’y a, pensent-ils, aucune raison de le faire !
De plus, quand une fille (puis une femme) a un problème, elle cherche la compagnie d’autres filles (ou femmes) pour « sortir » et purger ses sentiments et obtenir du soutien émotionnel – mais un garçon (puis un homme) ne peut faire ceci : les autres hommes le mépriseraient et tenteraient de tirer avantage de sa faiblesse … tant leur monde est dur et sans pitié !
Or, les humains sont l’espèce la plus « sociale » sur terre : un humain ferait n’importe quoi (ou éviterait de faire) pour plaire – ou ne pas déplaire – à ses pairs, pour être accepté. Pour les garçons, le prix à payer pour être accepté est… le rejet de la sensibilité – c-à-d de ce qui nous rend justement humains ! N’est-ce pas monstrueux ?!
Il faut que les hommes comprennent qu’il n’y a pas à avoir honte de ses sentiments, qu’il est bon de parler de ses soucis.
Les sentiments sont naturels et bénéfiques si on leur accorde droit de cité… Mais s’ils sont ignorés et niés, ils “pourrissent” et vous poussent à des comportements (auto-)destructeurs !
Ces comportements de « réconfort » et de substitution consistent en : abus d’alcool (1 homme sur 5 en souffrirait), infidélités, et violence… Leur déprime les pousse à faire payer aux plus faibles (femmes et enfants) le prix de leur aveuglement – mais parfois aussi à d’autres hommes (rixes) ou à eux-mêmes (suicide).
L’homme, donc, n’est pas si doué (ou si motivé) que la femme pour reconnaître ce qui se passe en lui, en sorte qu’il ignore ses sentiments, les cache autant à soi qu’aux autres et les masque avec des comportements de substitution.
De par leur éducation, les hommes en sont venus à ne jamais se voir tels qu’ils sont – l’introspection étant aussi une chose ressortissant de la sensibilité, de la parole (ou les hommes sont faibles), du cassage de tête, donc, réputé « féminin » et à rejeter.
Ils se sont « brisés » et construit un faux moi, pour faire partie du « club » (des « mecs ») puis prennent ce faux moi pour leur moi réel – ce qui fait qu’ils ne savent jamais d’où ils parlent ; c’est leur « personnage » qui s’exprime, jamais leur vrai moi, tout « recroquevillé », perverti, faible et battu, relégué dans un petit coin sombre !
Contrairement à ce que dit plus haut, un « vrai mec », ce serait celui qui aurait le courage de se montrer comme il est, c-à-d non comme un Tarzan ou un robot, mais comme un être de chair et de sang, avec ses faiblesses et ses moments de découragement, avec une vraie tendresse, et prêt à chercher de l’aide s’il sent qu’il en a besoin !
C’est à tort que les hommes croients qu’ils doivent être toujours le maître de leurs émotions ; c’est ce stupide préjugé qui fait qu’ils nient ce qu’ils ressentent et « recouvrent » leurs moments de désespoir ou de découragement, avec de l’alcool, ou des conduites à risques, ou en attaquant quelqu’un d’autre.
On constate de grandes différences dans les symptômes de dépression selon qu’elle touche un homme ou une femme ;
Une femme tend à jeter le blâme sur elle-même, à être apathique, craintive, timorée, nerveuse, à fuir tout conflit, à chercher du réconfort en parlant de ses soucis à ses copains-ines. Un homme dépressif, lui, jettera le blâme sur les autres, sera arrogant, irritable, agité, cherchera la bagarre, et se « soignera » avec l’alcool, la télévision, le sport et le sexe.
Belle thérapeutique !
La dépression comportant des symptômes physiques (mal de dos, migraines, insomnies, crampes intestinales, …) , l’homme consulte souvent pour ceux-ci et les médecins tendent alors à ne pas penser à une dépression (alors qu’ils y penseront pour une femme) et à rechercher une maladie physique. Les conséquences de ceci sont graves, quand on sait queles hommes font plus de tentatives de suicide que les femmes, et « réussissent » leur suicide plus souvent que les femmes… Sauvez votre peau, Messieurs : rejetez les préjugés et osez découvrir et exprimer votre vrai moi – qui vaut bien autant, et même plus, que votre « façade » de macho !
Soyez un vrai humain, pas une machine … et un « vrai mec » aussi, car il faut du courage pour cela.
Vous y gagnerez une brillance, une séduction naturelle et au final, une vie – et des relations – plus heureuses et plus authentiques !

Publicités