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De l’(in)existence du libre-arbitre

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Bien qu’on en parle depuis des millénaires et que les philosophes continuent à y croire (bien sûr ; c’est leur gagne-pain !), les scientifiques sont de plus en plus convaincus (vu les données livrées par les études neuro-scientifiques) que le libre-arbitre n’est qu’une illusion.

Les résultats des études sur le cerveau montrent en effet que l’on a d’abord l’impulsion d’agir ou de décider, et puis ensuite on le pense (= notre neo-cortex le justifie « logiquement ») & on commence à agir selon cette « décision ».

Oui, nous décidons sans en être conscients ! Non, nos mouvements de base et tâches, ne dépendent pas de choix conscients..

Dès les années ’60, des chercheurs allemands découvrirent (à l’aide d’encéphalogrammes) que le cerveau entre dans un état précis avant d’être conscient ; qu’il y a mouvement dans le cortex avant l’acte conscient.

Ceci fut confirmé dans les années ’80 par d’autres études ; elles montrèrent une différence de 0,35 secondes entre l’acte et la « décision » (les zones cervicales du cingulae antérieur sont concernées).

Ceci démontre qu’on n’a pas de libre-arbitre quant à l’initiation d’un mouvement, mais qu’on peut stopper ce dernier en y mettant notre veto – à l’aide de notre savoir.

L’apparition d’une technologie plus avancée (l’IRM) a permis aux chercheurs de démontrer que cet effet est encore plus marqué qu’on ne le pensait : l’action commence en fait une seconde avant la soi-disant décision.  Ce délai cognitif semble dû au fait que le cerveau se prépare à un certain acte avant de le faire.

Même, lorsque l’on implante des électrodes directement dans le cerveau des « cobayes », on voit que tout débute 1,5 secondes avant la « décision ».

Et toutes les expériences faites sur ce sujet, montrent les mêmes résultats ; les décisions sont prises dans le cortex frontal médian avant que la personne n’en ait conscience.

C’est le cortex frontopolaire antérieur qui s’active en 1er, donc, cette zone semble être celle où se font les décisions inconscientes. Eh oui ; l’humain ne croit que ce qui l’arrange… Et « ce qui l’arrange » correspond à la nature profonde d’une personne (= sa sensibilité couplée à ses expériences de vie = conclusions qu’il a tirées sur ce monde).

Les scientifiques continuent à sonder ce sujet, pour clore définitivement le bec aux détracteurs, qui veulent continuer à croire à la fable du libre-arbitre. Pour convaincre tout le monde, les savants devraient arriver à prévoir un acte avant que le sujet n’en prenne conscience – ainsi que pouvoir distinguer entre divers types de prise de décision.

Mais surtout, il faudrait qu’ils puissent décrire ce que cette découverte nous apprend sur l’être humain, et comment ce processus affecte notre vie quotidienne. Par ex, vu que tout se décide en nous avant que l’on « décide » dans un sens précis, peut-on encore être tenus pour responsables de nos actes ?

Mais le libre-arbitre n’est pourtant pas totalement impossible ; il peut exister (partiellement) sous certaines circonstances – ou façons d’envisager les choses.

On peut dire, pour conclure, que la croyance au libre-arbitre doit disparaître ; en effet, il est à présent certain (car scientifiquement prouvé, et à de multiples reprises) que les pensées conscientes d’un être, ses intentions, ses efforts, sont précédées par des causes dont il est entièrement inconscient – dont, par conséquent, il n’est pas responsable (même si ces actes sont horribles).

Bien sûr, ceci heurte la plupart des gens pour qui les crimes doivent être punis, et qui donc, se raccrochent à des illusions morales… sans compter l’éducation des enfants, à qui il faut inculquer des notions de moralité, pour en faire des individus bienveillants et utiles à la société.

Il est vrai que les pensées, intentions et actions diverses sont nécessaires à l’humain, dans sa vie de tous les jours, et le fait de reconnaître que nos actes dépendent de décisions prises dans notre inconscient, ne nous permet pas de faire l’impasse là-dessus..  Il faut trouver quand même un « modus vivendi » entre les 2

Car enfin, on n’a pas été créés pour être des « zombis » pilotés par un inconscient tout-puissant… On peut utiliser notre cerveau pour s’informer, pour arriver à reconnaître nos « réglages » inconscients et, s’ils sont nuisibles à nous-même ou à autrui, on peut choisir de lutter contre eux et de se « reprogrammer » autrement…

Bon, on me dira que ce qui est à la base d’un changement, c-à-d l’envie de s’informer (et la décision de le faire) dépend de facteurs inconscients… mais la souffrance est là pour ça !

En effet, quand, de par notre sensibilité, intelligence et expérience de vie, on a tiré des conclusions fausses sur la vie et notre place en ce monde, on commet des actes erronés, qui nous reviennent sous forme de souffrance, et cette dernière nous pousse à réfléchir, à nous informer.. et ceci est un fort moteur de changement…

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