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PN : la société accable les victimes !

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victime & thérapeute

Cherchant toujours à combattre les idées reçues, voici l’avis du Dr Sam Vaknin (un spécialiste en perversion narcissique, et un narcissique lui-même) sur la perception (leur NON-perception, plutôt !) des violences perverses par les acteurs sociaux.

La violence n’est pas du tout bien étudiée, ses causes (psychodynamiques, culturelles et sociales) ne sont pas explorées en profondeur et donc, les acteurs sociaux  (policiers, assistants sociaux, juges, …) restent très ignorants à ce sujet. Aux services d’urgence des hôpitaux, on ne note presque jamais que des blessures sont dues à de la violence domestique, alors que ça représente plus de la moitié des admissions de femmes !

Sans compter le nombre élevé de femmes assassinées par leur conjoint, ancien ou actuel. 25 à 50 % des familles connaissent au moins un épisode de violence par an.

Ces mauvais traitements et la violence font en fait partie d’un modèle durable de comportement inadapté dans la relation et sont parfois couplés à la toxicomanie. Les agresseurs sont jaloux, possessifs, dépendants et souvent, narcissiques.

Heureusement pour l’agresseur, même la victime (honteuse de ce qu’elle subit), dissimule souvent cette violence.  C’est surtout vrai avec la violence psychologique, qui ne laisse pas de marques visibles…

Pourtant, il n’y a pas délinquant «typique» ; on trouve de la maltraitance dans tous les milieux raciaux, socio-culturels ou économiques. Ceci est dû au fait que, jusqu’à très récemment, la violence était la norme (socialement acceptable, tolérée) de comportement. Durant la majeure partie de l’histoire humaine, les femmes et les enfants étaient considérés comme inférieurs, et comme des possessions de l’homme.
Inévitablement, de nombreuses victimes se blâment pour leur pitoyable situation ; elles ont souvent une faible estime de soi, des mécanismes de défense primitifs, des phobies, des problèmes de santé mentale, un handicap, une histoire d’échecs ou une tendance à se blâmer.
Elle peuvent provenir d’une famille ou d’un environnement violent – qui les ont conditionnées à s’attendre à de la violence, à la croire inévitable et « normale ».

Leurs émotions douloureuses et leur impuissance acquise se changent en symptômes psychosomatiques ; anxiété, crises de panique, dépression, même, idées suicidaires.
Les thérapeutes, conseillers conjugaux, assistants sociaux, médiateurs, tuteurs nommés par le tribunal, policiers et  juges sont des êtres réactionnaires ou narcissiques (certains sont eux-mêmes des agresseurs conjugaux).  C’est dire si face au système de justice et de psychologie, beaucoup de choses vont à l’encontre de la victime ! 

D’abord, le déni. La violence est un phénomène horrible que la société et ses délégués choisissent souvent d’ignorer ou de « convertir » en une manifestation plus bénigne, généralement en pathologisant la situation ou la victime, plutôt que l’auteur des violences ( !).
La maison d’un homme est –encore de nos jours ! – son « royaume » et les autorités sont réticentes à empiéter sur ce domaine.
La plupart des agresseurs sont des hommes et la plupart des victimes, des femmes. Même les sociétés les plus avancées dans le monde sont largement patriarcales ; les préjugés & stéréotypes misogynes sont restés puissants.

Les thérapeutes subissent aussi ces influences & préjugés séculaires. En outre, ils succombent au charme & à la force de persuasion du PN – et, quand ce dernier propose une interprétation plausible des événements et les interprète en sa faveur, le thérapeute (qui ne voit pas ce qui se passe en privé) tend à prendre parti pour l’abuseur – surtout que les victimes sont souvent hagardes, déconcentrées, irritables, nerveuses ou hystériques.
Face à ce contraste entre une personne suave, calme et souriante, et une autre, visiblement dérangée, il est facile de conclure que la véritable victime est l’agresseur, ou que les 2 parties sont en conflit de couple et agressent toutes 2.

Les actes d’auto-défense, l’affirmation de soi, ou l’insistance sur ses droits de la proie sont interprétés comme une agression, labilité, ou un problème de santé mentale. Les thérapeutes pouvant faire un diagnostic correct, sont très rares ! (en effet !!!)
Ils croient que les agresseurs sont émotionnellement perturbés par des traumatismes infantiles. Bien sûr, le PN « joue le jeu » en utilisant le bon vocabulaire et se pose en victime…Ils sont donc jugés « normaux » et, lors des conflits de garde d’enfants, s’en voient le plus souvent attribuer la garde, contre la mère, qui est, elle, jugée malade (« labile » !).

Dans « Understanding the Batterer in Visitation and Custody Disputes », Lundy Bancroft résume l’asymétrie en faveur du délinquant :  « Les agresseurs … adoptent le rôle d’un blessé, d’hommes sensibles qui ne comprennent pas comment les choses vont si mal et veulent juste travailler sur tout cela « pour le bien des enfants. » Il peut pleurer … et utiliser un langage qui démontre une grande conscience de ses propres sentiments. Il est doué pour expliquer comment d’autres personnes ont tourné sa femme contre lui, et comment elle lui refuse l’accès aux enfants par vengeance … Il l’accuse souvent d’avoir des problèmes de santé mentale, et peut indiquer que sa famille et les amis sont d’accord avec lui … qu’elle est hystérique et qu’elle couche avec tout le monde. L’agresseur ment très facilement, ayant des années de pratique , et paraît donc crédible lors de ses déclarations sans fondement. C’est l’agresseur qui gagne… lorsque les professionnels croient qu’ils peuvent dire qui ment et qui dit la vérité, et ainsi n’enquêtent pas de manière adéquate.
En raison des effets du traumatisme, la victime des coups semblera souvent hostile, décousue, et agitée, tandis que l’agresseur semble sympathique, raisonnable, et calme. Les évaluateurs sont donc tentés de conclure que la victime est la source des problèmes dans la relation » .
La victime ne peut rien pour faire pour «éduquer» le thérapeute ou lui «prouver» qui est le coupable. Les professionnels de la santé mentale sont égocentriques. Ils sont émotionnellement investis dans des opinions qu’ils se forment ou dans leur interprétation de la relation abusive. Ils perçoivent chaque désaccord comme un défi à leur autorité et sont susceptibles de pathologiser un tel comportement, la qualifiant de « résistance » (ou pire).
Dans le processus de médiation, la thérapie conjugale, ou l’évaluation, les conseillers proposent souvent diverses techniques pour améliorer les abus ou les contrôler. Malheur à celui (ou celle) qui ose remettre ça en question ou critiquer ces «recommandations» ! Ainsi, une victime d’abus qui refuse d’avoir aucun contact avec son agresseur – sera châtiée par son thérapeute pour avoir refusé de communiquer de manière constructive avec son conjoint violent.( INCROYABLE, non ? Et pourtant, c’est ainsi que ça se passe !)
Mieux vaut jouer le jeu, et adopter les manières élégantes de votre agresseur.

Souvent, la seule façon de convaincre le thérapeute que ce n’est pas « dans votre tête » & que vous êtes une victime, c’est en étant insincère et en lui jouant une scène bien calibrée, pleine du vocabulaire correct auquel il s’attend et qu’il comprend ( !). Les thérapeutes font des réactions de Pavlov à certaines phrases ou théories et à certaines personnes « présentant des signes et symptômes » (comportements au cours des premières séances).

Ce que la victime doit faire, par conséquent, c’est s’informer sur ces codes, les apprendre par coeur et les utiliser à son avantage ; c’est complétement dingue, mais c’est notre seule chance !

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