Archives de Tag: hospitalité

La soupe au caillou

Par défaut

Ce conte est ancien, et est raconté dans le monde entier ; il en existe des milliers de variantes. J’ai donc choisi celle qui me plaisait le plus, et je peux même dire que je l’ai améliorée. J’espère que cette histoire, qui nous parle de don, d’ouverture et de convivialité, vous plaira…

Il était une fois, un soldat. La guerre était finie, et il rentrait chez lui. Fatigué et affamé, il marchait à travers la campagne, avec un sac sur le dos. Et voilà qu’il arrive dans un petit village …

Exténué, il frappa à la porte d’une ferme. Une vieille femme vint lui ouvrir. Celle-ci hésite à lui ouvrir la porte, car elle se méfie des étrangers. Mais l’homme semble inoffensif et donc, elle finit par céder et lui ouvre la porte.

Le soldat lui demande une assiettée de soupe, ou un quignon de pain, car il mourait de faim. Mais la vieille femme était avare, et lui répondit de manger des cailloux.

Le soldat ramassa un caillou et dit : « Je ne demande que cela, tu me laisseras bien préparer celui-ci dans une de tes marmites. Je m’en vais faire une soupe au caillou dont tu me diras des nouvelles… »

Juste de l’eau et un chaudron pour préparer la fameuse soupe, ça ne coûte pas trop, et elle les fournit.

Le soldat met donc une marmite pleine d’eau à chauffer sur le feu, ouvre son sac, et y place le caillou.

L’eau se mit à bouillir… et l’homme de touiller et de goûter, comme si c’était un festin de roi.

« Un régal grand-mère – dit-il – il n’y manque qu’une pincée de sel… »

« Si ce n’est que ça, j’ai bien un peu de sel » dit-elle et elle en donna au soldat, qui jeta une poignée dans l’eau.

L’homme goûta en prenant l’air ravi ; « ma foi, c’est la meilleure soupe au caillou que j’ai jamais cuisinée. J’y aurais bien rajouté un peu d’orge, mais puisqu’il n’y en a pas.. »

Bien sûr, les autres gens du village étaient tous au courant de la venue de l’étranger, et étaient venus écouter ce qui se passait.

En entendant ce dernier dire qu’il fallait de l’orge, un habitant en ramena une tasse, et un autre, quelques poireaux. Un autre amena quelques pommes de terre, et un autre encore, des carottes et des navets.

Bref, finalement, tous les gens du village apportèrent quelque chose pour améliorer la soupe.

L’étranger ajoutait tous ces ingrédients dans le chaudron.

« C’est une merveille ! » s’exclama-t-il après avoir goûté… Puis il ajouta comme pour lui-même : « Dans des jours meilleurs, nous aurions pu y ajouter un peu de viande ou un poulet… »

Il n’avait pas terminé sa phrase, qu’une femme du village ramenait un beau morceau de bœuf dont elle disposait, et que le soldat rajouta dans la marmite.

Bien sûr, une soupe au caillou, ça prend du temps à cuire ! Alors on fait connaissance, on discute, on écoute les histoires de l’homme, qui s’avère être très sympathique.

Enfin, la soupe est prête, on la partage. Tout le monde a sa part de soupe au caillou qui est d’autant plus délicieuse que l’atmosphère est amicale et détendue. On plaisante, on discute, on écoute..

La nuit est maintenant bien avancée. Tout le village a passé une fabuleuse soirée. Décidément, la vieille femme a eu une bonne idée en accueillant le soldat !

Car le résultat de cette mise en commun fut – comme toujours, que le tout est supérieur à la somme des parties => chacun a apporté un peu et en a retiré beaucoup …

Publicités