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Vie de rêve & sacrifices

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Dans l’article sur une vie de colibri (voir http://www.bonheuretamour.com/2013/01/24/une-vie-doiseau-mouche/ ), j’explique que cet oiseau doit tout le temps manger, pour avoir les calories nécessaires pour se nourrir – ou : il doit continuellement absorber du nectar pour avoir la force d’obtenir du nectar. C’est un cercle vicieux, et donc, passablement idiot… Cela peut à bon droit s’appeler « perdre sa vie à la gagner » ! et je vous demandais de vous poser cette question : ne menez-vous pas une vie de colibri, à « perdre votre vie à la gagner » ? 

Je concluais ainsi : « La plupart des gens triment – souvent dans des boulots pénibles – pour gagner de quoi acheter une camelote qui enrichira encore plus les êtres qui les oppriment … et menacent leur vie et celle de leurs enfants en épuisant et polluant la planète ! » – Ces biens matériels ne nous offrent qu’un plaisir fugace & ensuite, très vite, il faut racheter autre chose… & voilà le cercle vicieux, voilà pour quoi on s’endette, voilà pourquoi on est forcés d’accepter des boulots pénibles & abrutissants ! Bref, plus besoin que d’autres nous « esclavagisent » ; on le fait soi-même !

Car enfin, pour quoi vivent la plupart des gens ? Pas pour de nobles causes, mais pour se payer la nouvelle bagnole qui épatera des gens dont au fond, on se fiche, ou les vacances pour se remettre de notre job déprimant, ou pour pouvoir faire la fête et tout claquer le vendredi soir, …

Quant à ceux qui veulent sortir du système, ils laissent leurs tendances hédonistes leur souffler que ça leur tombera tout cuit dans le bec, & adhèrent aux Théories New Age (genre Loi d’Attraction), car plus personne n’est prêt à trimer & se sacrifier pour lui-même, pour se donner la vie de ses rêves.

Dans notre culture, il ne faut plus lutter pour sa survie, la vie est devenue facile, et on la gaspille à s’enfoncer dans le lit profond & duveteux du confort moderne…

Avant, la vie était dure, & pour tenir le coup, il fallait lui donner un sens, une mission au-delà de soi-même. Par ex, les chevaliers étaient prêts à donner leur vie pour une cause en laquelle ils croyaient, ou pour faire réussir leur cause.

A présent, on n’a plus besoin de sens & de mission pour vivre, et on n’est plus relié à nos valeurs profondes, la société nous distrait & conditionne à s’occuper d’imbécillités.

Moi, par ex, j’ai pour valeur suprême la vérité ; eh bien, chaque jour, depuis toute petite, je m’y suis consacrée chaque jour, j’ai lu & étudié, j’ai testé les choses pour vérifier ce qui fonctionnait ou pas, …

Il m’a souvent été très pénible de devoir abandonner mes chères illusions, rosées & douces, pour le dur béton de la réalité – mais je l’ai fait … D’ailleurs, c’était souvent une question de vie ou de mort, de voir où je me trouvais exactement ; la vérité m’a coûté cher, mais elle m’a sauvé la vie !

Et là, je continue à lutter & me sacrifier pour elle. Comme j’ai constaté combien elle était donneuse de vie, & combien le mensonge (partout présent) faisait du mal aux gens, je tente de la répandre, et il me faut du courage, car je me fais insulter pour ça. Le proverbe turc est vrai ; « Celui qui dit la vérité doit avoir le pied à l’étrier » !

Mais je sais aussi ceci ; si on n’aligne pas notre vie sur une cause qui ait du sens, & qu’on soit prêt à donner notre sang pour elle, on ne fait que gaspiller son temps de vie, on n’arrive en fait pas loin dans la vie & au fond, on n’est pas épanoui.

On aura bien de petits plaisirs, mais rien de plus – bref, la garniture, mais pas le plat principal – c’est comme d’avoir la vinaigrette, mais pas la salade, ou la béarnaise, mais pas le steak !

Je suis persuadée qu’il faut que chacun de nous porte du fruit, aux niveaux physique (enfants), mental (écrits) & spirituels (compassion), & qu’il faut, à notre mort, avoir amélioré, ne fût-ce qu’un peu, le monde – sinon, notre vie aura été inutile.

Bref, une « Quête du Graal » s’impose, & non pas un job « alimentaire », mécanique, qu’on ne fait que pour payer ses factures, sans se soucier s’il amène une vraie valeur, s’il apporte du bon ou est nuisible.

Le travail qu’on sera amené à faire pour notre Mission sera sûrement plus dur que n’importe quel autre boulot de 9 à 5, mais on sera heureux de le faire, car il aura un sens (dans les 2 sens du terme) !

Pour illustrer ceci, voici la fable des casseurs de pierres :

En se rendant à Chartres, Charles Péguy aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre.

Intrigué, Péguy s’arrête et demande :

– « Que faites-vous, Monsieur ? »

– « Vous voyez bien », lui répond l’homme, « je casse des pierres ». Et il ajoute d’un ton amer : « J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide ».

Un peu plus loin, le voyageur aperçoit un autre homme qui casse aussi des cailloux. Mais son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

– « Que faites-vous, Monsieur ?», questionne une nouvelle fois Péguy.

– « Je suis casseur de pierre. C’est un travail dur, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. »

Il sourit et ajoute : « Et puis, je suis au grand air, il y a sûrement des situations pires que la mienne ».

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierres. Son attitude est totalement différente ; il a un grand sourire et il abat sa masse avec enthousiasme.

« Que faites-vous ? » demande Péguy

« Moi, répond l’homme d’un ton fier, je bâtis une cathédrale ! »

3 tâches pareilles, 3 attitudes différentes… et qui font toute la différence !

Hélas, l’ennui, c’est qu’on se fixe un but, & puis, on n’en est pas vraiment persuadé… pas dans chaque cellule de notre corps… Or, c’est ce genre de persuasion à 100% qui est nécessaire pour persévérer !

Notre paresse naturelle nous soufflera toutes sortes de sottises pour nous pousser à laisser tomber.

Il est vrai qu’il faut parfois laisser des options ouvertes, ne pas conclure définitivement mais il y a un moment où il faut prendre la décision ferme, s’engager & s’y mettre – car à force de « garder toutes ses options », le temps passe & on ne fait rien.

Il faut non seulement s’engager, mais se ré-engager chaque jour, car au départ, on est enthousiaste, mais la semaine d’après, on a coup de mou et notre motivation faiblit ; on doute, on a des idées négatives, peur d’échouer, … et on songe à abandonner.

Il faut s’attendre à ce que notre moi résiste au changement & nous sabote pour tenter de maintenir le status quo et, pour persévérer, trouver des moyens de continuer à agir, à appliquer ce qu’on a décidé, à avancer vers notre but. Il faut faire des choses qui marquent notre engagement – & ce sera différent pour chacun.

C’est à chacun de réfléchir à comment on va appliquer ce principe abstrait qu’est notre engagement, les façons concrètes de manifester la sagesse. C’est là que votre vie commence à changer, parce que les choses que vous savez être bonnes & vraies, vous commencez à les faire.

D’où l’intérêt d’étudier sans cesse la sagesse.

J’ai dit ailleurs qu’on a intérêt à élever notre niveau de conscience, parce que, entre autres, cela sert à résoudre nos problèmes – cf Einstein, qui a dit : « Il est impossible de résoudre un problème au niveau de conscience où il a été créé. »

Quand, suite à notre engagement, notre vie s’améliore, on comprend que la sagesse n’est pas que dans les nuées, que pour des moines zen ; qu’elle est utile, & peut – et va ! – servir à transformer notre vie.

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La bonté est bonne pour la santé !

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Le Duc de Levis-Mirepois affirmait déjà au XVIIIème siècle ; « Soyez meilleur, vous serez plus heureux. Voilà la plus puissante leçon de morale car elle est fondée sur l’intérêt. »

Eh bien, maintenant, c’est prouvé ! Des études – par Barbara L. Fredrickson, Pr de Psychologie à l’Université de Caroline du Nord – ont démontré qu’au niveau moléculaire, le corps distingue entre divers genres de bonheur et y réagit d’une manière favorisant ou nuisant à la santé !

La sensation de bien-être résultant d’un but noble améliore la santé cellulaire, alors que celui résultant d’une gratification égoïste aurait des effets négatifs, même si, sur le moment, on se sent bien.

Ses travaux furent publiés le 29 juillet 2013 dans les « Proceedings of the National Academy of Sciences ».

Les philosophes ont longtemps distingué 2 grandes formes de bien-être : une forme « hédonique »représentant les expériences agréables d’un individu, et une forme plus profonde « eudaimonique » résultant de la quête d’un sens et d’un but noble, allant au-delà de la simple gratification personnelle.

C’est la différence, par exemple, entre profiter d’un bon repas et se sentir connecté à une plus grande communauté à travers un projet de service. Ces 2 choses nous donnent un sentiment de bonheur, mais chacun est vécu très différemment dans les cellules du corps.

Nous savons par beaucoup d’études que les 2 formes de bien-être, en plus de réduire le stress & la dépression, causent une amélioration de la santé physique et mentale, mais nous avions moins d’informations sur les bases biologiques de ces associations.

Collaborant avec une équipe de l’Université de Californie dirigée par Steven W. Cole, professeur de médecine, de psychiatrie et de sciences comportementales, le Pr Fredrickson et ses collègues ont étudié l’influence biologique du bien-être hédonique et eudaimonique dans le génome humain. Ils s’intéressaient au schéma d’expression des gènes dans les cellules immunitaires des personnes.

Le Pr Cole avait déjà trouvé auparavant un changement systématique de l’expression génique associée au stress chronique, caractérisé par l’expression accrue de gènes impliqués dans l’inflammation (laquelle cause une variété de maladies comme l’arthrite, le cancer & les maladies cardiaques) & une expression diminuée de gènes impliqués dans les réactions antivirales.

Bref, l’empreinte génomique d’un stress chronique nous expose à la maladie.

Mais si tous les genres de bonheur favorisaient la santé de la même façon, les schémas d’expression des gènes seraient pareils, qu’il s’agisse d’un bonheur égoïste ou altruiste… ce qui n’est pas le cas !

Le bien-être provenant d’actes altruistes était en effet associé à une diminution significative du profil d’expression du gène CTRA lié au stress. En revanche, le bien-être hédonique était associé à une forte augmentation du profil CTRA.

Les analyses – basées sur le génome – de ces chercheurs, a donc révélé le prix caché de l’égoïsme.

Le Pr Fredrickson a été étonnée de ces résultats, puisque les sujets de l’étude eux-mêmes, rapportaient des sentiments globaux de bien-être.

Elle en déduit que les gens qui éprouvent un bien-être hédoniste éprouvent un bonheur à court terme mais que cela entraîne des conséquences physiques négatives à long terme.

Nous pouvons nous rendre heureux grâce à des plaisirs simples, mais ces plaisirs ne nous aident pas à élever notre conscience ou à nous renforcer de manière qui nous bénéficie physiquement. Au niveau cellulaire, notre corps semble mieux réagir à l’autre type de bien-être, basé sur un sentiment de connexion et de but profond.

Les résultats renforcent les travaux antérieurs du Pr Fredrickson sur les effets des émotions positives, ainsi que la recherche liant le sentiment de connexion à l’univers, avec la longévité.

Elle conclut que comprendre les relations de cause à effet de l’expression génétique aidera à informer les travaux ultérieurs dans ces domaines.