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Faut-il avouer une infidélité ?

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réflexion singe

J’avais déjà parlé du cas où l’on a trompé son(sa) partenaire et qu’il (elle) l’a découvert (Infidélité : la nécessité de tout dire ; http://www.bonheuretamour.com/2015/04/29/infidelite-la-necessite-de-tout-dire/ ).

Mais quand on a trompé son conjoint et qu’il (elle) ne s’en doute pas, la tentation est grande de ne rien lui avouer – et ce, d’autant plus que tout le monde (amis, famille, psys, …) nous conseillent de n’en rien dire, de taire le tout, de nier si l’autre pose des questions, et si on se fait prendre, d’en dire le moins possible.

En effet, même si l’autre ne nous plaque pas, il est certain qu’on passera un sale quart d’heure, qu’il y aura des cris, des larmes et pas mal de drame. Et l’on peut s’épargner tout cela en ne disant rien…

Cependant, il y a quelques facteurs qui font qu’il vaut pourtant mieux tout dire.

D’abord, l’angoisse & la blessure infligée à notre partenaire sera bien moins grande si on avoue sa faute, que si l’autre le découvre lui-même – d’où un risque fortement diminué de rupture.

Le fait de taire une infidélité fait que plus jamais, on ne peut se laisser aller totalement avec notre partenaire, plus jamais être ouvert et 100% à l’aise. Et garder un secret d’une telle ampleur pour le reste de sa vie, fait peser sur le trompeur une grande tension mentale.

Dans les couples où les liaisons sont gardés secrètes, on évite certains sujets de discussion parce que le partenaire trompeur craint d’être découvert et l’autre est réticent à paraître suspicieux – on a donc alors une relation où la malhonnêteté et la tromperie ont le dessus.

D’ailleurs, une grande partie du taux élevé de divorce est due à l’aliénation (les partenaires ne peuvent plus être vraiment intimes & proches l’un de l’autre) causée par la malhonnêteté inhérente aux liaisons, même si on n’en parle jamais.

Il semble donc que dans les 2 cas – qu’on avoue notre liaison ou qu’on la taise – il y aura de la souffrance.

Le trompeur qui avoue son « écart », doit évidemment aussi prendre des mesures pour que cet aveu mène ultérieurement à un couple plus solide et plus heureux, et non à une rupture.

Il doit être motivé par le désir d’améliorer la relation, et non de se débarrasser de ses sentiments de culpabilité, ainsi qu’à accepter totalement la réaction du partenaire trompé, quelle qu’elle puisse être.

Donc, il FAUT le dire (car ne pas le dire brise le couple de toute façon – puisque ça le rend vide & sans âme), mais le tout est de bien savoir pourquoi, quand et comment le dire ! Cela peut se faire graduellement, dans un processus visant à améliorer constamment l’honnêteté et l’engagement à la relation – ce qui, en plus, renforcera la relation.

Pour déterminer l’impact de cette communication, il faut comprendre si notre partenaire se sentira personnellement mis en cause ( = pensera n’être pas assez beau, ou riche, ou doué, …) ou non ( = il (elle) juge que le partenaire a fait seul le choix d’être infidèle) ; dans le 2ème cas, le partenaire trompé acceptera plus facilement (ou plutôt, moins difficilement) l’aveu et risquera moins de rompre.

Bien sûr, le partenaire trompeur voudrait « dépasser tout ça » et aller de l’avant – mais le partenaire trompé, lui, veut tout savoir, pour tenter de trouver un sens à ce chaos – sinon, il NE POURRA PAS aller de l’avant !

Le trompé doit donc savoir, pour les raisons suivantes :

D’abord, pour savoir ce qui a mené notre conjoint(e) à nous tromper, puis, rétablir un équilibre – car si quelqu’un sait quelque chose d’essentiel, mais le garde pour lui, il a un pouvoir sur nous, ce qui fait que la relation n’est plus juste, ou égalitaire.

En outre, pour pouvoir continuer à rester avec celui (celle) qui nous a trahi et infligé une telle douleur, on doit être sûr(e) qu’il ne le refera pas à l’avenir. N’oublions pas que, même dans le meilleur des cas, la souffrance mettra au moins 2 ans à s’effacer…

Comme dit dans l’article susmentionné, ne pas savoir est pis que tout, car notre imagination enfle encore les choses.

Le fait que le trompeur accepte de répondre à nos questions, prouve qu’il tient à nous et au couple et est nécessaire pour rebâtir un sentiment de confiance envers lui – et cela aide aussi le trompé à souffrir moins et à guérir.

Le trompeur ne peut raisonnablement pas espérer que tout s’arrange tout seul et que son (sa) partenaire souffre en silence.

Au contraire, il doit s’attendre à ce que l’autre lui pose et repose, encore et encore, des questions sur sa liaison. Qu’il sache que ce n’est pas pour l’embêter ou lui faire honte, mais parce que le trompé cherche à tout savoir pour bien comprendre ce qui est arrivé, la leçon à en tirer et comment agir à l’avenir – il s’agit d’en discuter jusqu’à pouvoir mettre la chose en perspective, pour qu’elle n’ait plus le pouvoir de nous blesser, de nous empêcher d’aller de l’avant – bref pour, justement, ne plus jamais devoir en parler !

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Marie Crispeels & la blouse fleurie

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triste enfant

 

Je vais vous conter certaines anecdotes de ma vie. Pour survivre, j’ai dû me dissocier de ce qui m’arrivait quand j’étais enfant (je traiterai ce sujet bientôt), mais à présent, certaines choses me reviennent à l’esprit.

Avant, je n’aurais pu les évoquer, mais maintenant, je le peux…

Ma mère (elle est morte entretemps) ; une PN nommée Guislaine Henskens, avait elle-même une mère ; Marie Crispeels.

Tout comme ma mère était, non une maman, mais une foldingue enragée à me battre, m’injurier et m’humilier en public (sans compter me faire faire tout le boulot de la maison depuis toute petite), ma grand-mère était bien loin de la charmante grand-mère qu’un enfant est en droit d’attendre.

Par ex, ma foldingue de mère me reprochait très souvent que, quand j’étais bébé, elle avait dû, à cause de moi, se lever la nuit (elle devait peu se lever, puisqu’elle nous droguait ! – j’en parle ici http://www.bonheuretamour.com/2012/06/22/une-forme-dabus-meconnue-droguer-les-enfants/  ), m’appelant alors « un clou de son cercueil », et du prix que je coûtais à nourrir (« sans toi, je pourrais me payer une villa », disait-elle), et surtout de ses nombreuses disputes avec mon père ou ses soeurs – c’était toujours ma faute – alors que la réalité, c’était que mon père était un coureur de jupons immature, et ses soeurs & elle, des garces agressives toutes plus dingues les unes que les autres !

Du restes, ces « chères taties » ne se privaient pas de me regarder de haut et de m’accuser de ce que faisaient LEURS enfants (mes cousines) – celles-ci avaient par exemple le droit de me prendre ou casser mes jouets, et …qui se faisait enguirlander ensuite de ceci par ma mère ? MOI !

Un jour, mes cousines & ma soeur avaient trouvé un jeu amusant : m’enfermer (on était chez l’une de mes tantes) dans la petite armoire sous l’évier. J’étais terrifiée et les suppliais de m’ouvrir – mais non ; elles m’ont laissé là durant des heures ! (encore aujourd’hui, je suis claustrophobe). Quand les adultes m’ont finalement trouvée & tirée de là, il n’y a eu AUCUNE CONSEQUENCE pour les cruelles filles qui m’avaient terrorisée ainsi !

Quant à ma grand-mère (pour en revenir à elle) ; quand j’étais toute petite, elle m’interdisait d’entrer (me laissant en dehors de sa maison), sous prétexte que j’étais trop laide (je signale que, plus tard, le manequinat m’a rapporté de quoi meubler mon 1er flat à 23 ans).

Voici l’anecdote : on avait 14 ans, ma soeur (jumelle) & moi – elle, l’enfant parfait, moi, le bouc émissaire – et ma mère nous avait acheté une petite blouse blanche avec des fleurettes et du nid d’abeille, très joli & décent.

Ainsi habillée, je l’accompagne un jour chez cette grand-mère… J’étais à l’époque très douce (mon autre grand-mère m’appelait « ma douce »), toujours souriante, gentille, très obéissante, serviable, avide de me rendre utile.

Mais ma « chère mère-grand » voulait se calmer les nerfs – et bien sûr, c’est à ça que je servais dans cette famille de cinglés (mon père me battait à coups de poings, de pied, de cravache, …) , ma mère découpait des morceaux de tissu de ses robes, puis se précipitait comme une furie à 3 heures du matin dans notre chambre, en ouvrant la lumière, en hurlant, en me sautant dessus à coup de gifles, décidée à me faire avouer que c’est moi qui avait fait ça ( !) Et le lendemain, il fallait être en forme pour l’école…  Mais, croyez-le ou pas, j’étais en forme, et même très joyeuse, et j’obtenais les meilleures notes en classe, car, comme pendant les violences, je « me réfugiais dans ma tête », j’étais « ailleurs », tout se brouillait & j’oubliais tout le lendemain (On voit ici la fausseté d’encore une théorie « psy » typique, postulant qu’un gosse battu aura nécessairement de mauvaises notes à l’école !!!).

Bref… Revenons à nos moutons ; ma grand-mère (ou le loup, plutôt !).

Ce jour-là, à peine avais-je posé le pied chez ma grand-mère, qu’elle se mit à m’insulter, et à me traiter d’indécente, de fille perdue, de putain (pauvre de moi ! Je n’avais même encore jamais embrassé un garçon, ni n’avais même d’idée comment ils étaient faits !).

Elle aussi se jette donc sur moi comme une furie – je faisais 30 kgs pour 1,40 m à l’époque, et elle, un bon 80 kgs  pour 1,70m – et, en pleine crise de rage, m’arrache les cheveux, me jette à terre, s’acharne sur moi (ma mère, bien sûr, ne bronchait pas, mais jouissait du spectacle – n’ayant garde de me défendre ni de dire que c’était elle qui m’avait offert la blouse), et finit par m’arracher ma blouse (souvenez-vous combien on est pudique à 14 ans), et m’obliger à mettre une vieille blouse lui appartenant (jugez comme ça m’allait, vu la différence de taille & de poids) & à la porter tout l’après-midi.

Voilà… cela, c’était mon quotidien dans ma famille… (si on peut appeler ça une famille).

Bien plus tard, quand j’ai vu le film « Mathilda » (d’après le roman de Roald Dahl), j’ai eu une sorte d’ »illumination » en me reconnaissant dans cette fillette, qui était comme une rose poussée sur du fumier ( = une gentille petite fille grandissant dans une famille de sales cons tarés et mauvais qui l’ont prise comme bouc émissaire).

Une des choses qui me faisaient le plus de mal, c’est que les gens savaient & laissaient faire : les voisins, par ex, entendaient les coups & mes cris, mais … rien.  Ils souriaient à mes parents & les traitaient avec respect – forcément, mon père gagnait gros & était, en société, bon vivant et généreux…

Le 20 mars 1972, est un jour d’anniversaire que je n’oublierai jamais. Ce matin-là, ma « mère » – qui carburait à un cocktail d’alcool & de tranquilisants ! – est soudain prise d’une crise de démence. Elle se jette sur moi et me bats (la routine habituelle) mais ça ne lui suffit pas ; elle tire mon père du lit et lui hurle de me battre.

Le sinistre individu – sans savoir la raison, mais ayant aussi envie de se défouler sur une enfant sans défense – prend sa cravache en nerf de boeuf (ô, que c’est dur, le nerf de boeuf !) & m’en cingle le corps de haut en bas.

Et après cette « fête d’anniversaire », on part pour l’école. Mais là, je pleure convulsivement & des « bleus » commencent à se marquer sur ma peau, en sorte que mes profs les voient… Il n’y a eu AUCUNE CONSEQUENCE pour mes parents !

Un autre jour, à l’adolescence, ma soeur ayant fait les 400 coups, mon père commence à lui crier dessus, et moi, bonne petite soldate, je la défends… Conclusion : mon père tourne sa rage vers moi (ça se passait toujours ainsi) et à un moment, ne pouvant m’attraper, me jette une perforatrice à la tête.

Elle m’atteint à l’oreille droite, qui se déchire & se met à saigner. Vite, on m’embarque pour aller chez le toubib (Dr Dethier, rue des Hippocampes à Molenbeek). Là  aussi, je pleurais convulsivement – le gars me soigne comme si c’était d’une grippe, en causant calmement avec mon père. O, comme ça fait mal ! Je ne me le disais pas consciemment, mais toujours, j’espérais qu’un humain quelconque leur ferait honte de leur conduite, et me protégerait… mais cela n’est JAMAIS arrivé ! (tout comme plus tard, chacun ; médecins, flics, voisins, .. ignorerait consciemment mes cris, mes appels au secours & même les traces des coups que mon « cher & tendre », Eric Willems, me porta).

Une autre chose pénible, était que ma mère se plaignait de moi chez les commerçants, et ceux-ci, au lieu de trouver bizarre qu’une mère salisse ainsi son enfant, se penchaient sur moi d’un air outré, & me faisaient la leçon – du style « Oh, c’est pas bien de désobéir » ou « de faire des misères à ta maman », « à l’avenir, obéis-lui ! », et autres genres de conneries…

Autre scène typique ; un jour, à l’âge de 3 ans, j’étais chez mes grands-parents paternels, avec mes parents, et le cousin de mon père, André (un vieux célibataire – homme très grand et très fort) était là aussi.

Soudain, je vois que le manteau d’André est tombé du porte-manteau et traîne par terre. Aussitôt, je me précipite pour le ramasser.  Une seconde après, vlan ! Je reçois une énorme gifle, qui me fait tomber par terre et j’entends « touche pas à mon manteau, sale gamine ! » …C’était André… Bien entendu, mes parents n’ont pas réagi…

Ainsi, je vivais dans un monde où non seulement mes parents me battaient & me torturaient, mais en plus, n’importe quel autre humain (adulte ou enfant) pouvait se servir de moi comme punching ball si l’envie lui en prenait…

J’espère que mon récit poussera les gens témoins de violences à enfant à réagir – car l’indifférence tue !