Archives de Tag: contradiction

Croissance, conscience & contresens

Par défaut

panneaux-ridicules

Notre psyché étant complexe, votre chemin vers l’épanouissement se heurtera à tout un tas d’affirmations contraires & « irréconciliables », de paradoxes.

Ceux qui résistent à la croissance résistent aux contradictions, et c’est dommage, car quand on approfondit les choses, quand on s’élève, on attrape une vue plus globale des choses et ce qui semblait en opposition, se révèle ne pas l’être.

Nous essayons de savoir comment nous fonctionnons, comment la vie fonctionne, d’en connaître toutes les facettes pour pouvoir en former une grande image cohérente. Et que chaque petite parcelle de vérité s’insère dans cette grande image & la clarifie un peu.

Lorsque quelqu’un possède une telle grande image, il possède la sagesse pour créer sa vie idéale & une vie pleine de sens.

Ceux qui ne possèdent pas cette grande image, n’ont pas de compréhension de comment ils fonctionnent ni comment le monde fonctionne, & passent leur vie à errer…

Voilà ce que nous ferons ensemble ; récolter de petites facettes de vérité & les assembler …

La croissance étant un processus « à vie », quand on commence à le suivre, on trouve souvent des pièces qui semblent ne pas s’intégrer au tableau… On ne comprendra comment elles s’y insèrent que bien plus tard, & de nouvelles pièces viendront toujours se rajouter.

Sur cette voie, il arrive souvent qu’on croie avoir compris un domaine, puis qu’on trouve une pièce qui remet tout en question, ou que l’on soit étonné de ce qu’on trouve, car cela s’oppose à nos croyances, mais il faut toujours que celles-ci cèdent devant la vérité car elles se sont implantées en nous irrationnellement, et, étant fausses, nous nuisent.

L’ennemi est ici l’ego, qui déteste l’incertitude.  Si on l’écoute, il nous persuadera qu’effectivement, cette pièce trouvée est à rejeter ou nous fermera les yeux & les oreilles devant des vérités qui le dérangent.

Il faut donc – depuis le début de notre quête – garder l’esprit ouvert, accepter de faire sans cesse évoluer l’image & de la modifier au fur & à mesure que notre conscience s’élève, sinon, on reste bloqué.

Pour avancer en développement personnel, il faut en accepter les paradoxes :

  1. D’un côté, on vous dit que vous êtes déjà parfait, complet tel quel, & de l’autre, que vous devez travailler dur pour vous épanouir.
  2. D’un côté, on vous dit que vous avez des problèmes & devez travailler à les résoudre – & on vous aide à les diagnostiquer, les comprendre & les traiter, & de l’autre, que vos problèmes sont illusoires, qu’en fait, ils ne sont pas le problème.
  3. D’un côté, on vous dit que les relations peuvent vous donner beaucoup de bonheur & d’épanouissement, & de l’autre, que les relations ne peuvent vous rendre vraiment heureux car le bonheur ne vient que de soi, de l’intérieur, et qu’il ne faut pas compter sur quelqu’un d’autre pour nous rendre heureux.
  4. D’un côté, on vous dit d’être sage, de faire des choix éclairés pour éviter les erreurs, & de l’autre, que les plus grands hommes connus ont réussi leur vie autour de leurs plus grandes erreurs et que plus on échoue, meilleur on devient à ce que l’on fait – certains gourous du développement nous conseillent même d’échouer plus, pour mieux réussir.
  5. D’un côté, on vous dit que vous devez réfléchir sur votre vie & vos plans, & de l’autre, que penser est l’ennemi & que vous devez cesser de penser.
  6. D’un côté, on vous dit que se rendre séduisant(e) est un dur travail, & de l’autre, que vous n’êtes jamais aussi séduisant que lorsque vous êtes cool & ne songez pas aux résultats, qu’il ne faut même pas songer à être attirant.
  7. D’un côté, on vous dit d’être « dans le moment présent » & de l’autre, qu’il faut songer au futur, avoir des perspectives à long termes, priorétiser, planifier, et savoir retarder la gratification, pour obtenir le bon de la vie.
  8. D’un côté, on vous dit que vous devez vous méfier de vous-même car votre esprit & votre ego sont trompeurs, & de l’autre, de vous fier totalement à vous-même pour réussir votre vie.
  9. D’un côté, on vous dit de toujours persévérer, ne jamais abandonner, & de l’autre, de priorétiser & de faire au plus vite des coupes claires dans le superflu pour ne pas gaspiller notre temps.
  10. On nous dit que pour être heureux, il ne faut pas vouloir l’être, ne pas penser au bonheur, vu que l’on ne peut être heureux que « dans le moment » et que si on y pense, on ne peut être heureux en même temps. Alors, faut-il penser au bonheur & y travailler – & n’être pas heureux – ou faut-il se ficher du bonheur… & être comme la masse des gens, qui ne sont pas heureux ? Comment, dans ces conditions, être heureux ?
  11. D’un côté, on vous dit qu’être altruiste est une vertu, & de l’autre, que pour le devenir, il faut beaucoup penser à soi, donc être égoïste. On vous dit que pour être authentique, il faut éliminer l’ego, mais il faut vouloir s’améliorer, et donc, employer notre ego pour vouloir éliminer l’ego.
  12. D’un côté, on nous dit qu’on existe & de l’autre, qu’il n’y a pas d’existence réelle.
  13. D’un côté, on vous demande d’accepter les paradoxes – donc d’avoir l’esprit ouvert, & de l’autre, de créer une image cohérente de la réalité.

Les sciences, les maths & la linguistique comprennent aussi des paradoxes, qui choquent certains. Quand on refuse un paradoxe, ce n’est pas lui qui pose problème, en soi (après tout, ce n’est qu’un jeu de mots ou jeu d’esprit), mais c’est qu’il heurte un espace d’insécurité en nous – & c’est là qu’on ressent le besoin d’avoir des certitudes (rassurantes).

Alors, il y a dissonance cognitive ; l’esprit, devant cette apparente contradiction, est tiraillé et devient agité.

Ces paradoxes ne sont jamais un problème de logique ou de réalité, mais un problème d’ego.

En général, il est bon de résoudre les contradictions, de tenter de leur donner du sens, mais les paradoxes ne doivent pas vraiment être résolus.

Il s’agit de reconnaître les limites de notre esprit & que ce processus d’appréhension du réel durera toute notre vie, ce processus de connaissance est infini, l’image n’est jamais terminée & ne le sera pas, même à notre mort …

Si vous prenez le temps de regarder maintenant autour de vous, vous verrez qu’il n’y a pas de bizarreries ou contradictions dans la réalité.

Mais alors, d’où viennent les paradoxes ? Eh bien, d’un désir de votre esprit de conceptualiser le réel pour lui-même.

La vie est si riche & complexe qu’on ne peut la simuler dans un ordinateur ou un système quelconque (comme notre cerveau), puisqu’il en fait partie !

Par conséquent, quand l’humain tente de créer une simulation du réel en lui, il y aura toujours un manque…

Dans notre arrogance, on s’imagine que l’on a maîtrisé tout le réel alors qu’en fait, notre savoir sur le réel est mince, car basé sur des concepts qu’on a créés – des modèles finalement très simplistes !

On a voulu ramener toute cette richesse de la vie dans un petit schéma – qui sont nos formules mathématiques ou nos représentations « logiques ».

Pour certaines choses, il est certes utile de conceptualiser le réel, mais il faut rester conscient que nos concepts ne peuvent capturer qu’une petite part du réel. Si l’on reconnaît ceci, on comprend qu’il ne faut pas prendre nos opinions trop au sérieux, que ce puzzle qu’on assemble n’est pas la vérité du réel, mais juste une pauvre approximation & que ce qui nous semble des invraisemblances sont des problèmes non de la nature, mais de notre ego ou esprit.

On peut alors accepter les paradoxes, en sachant qu’on comprendra plus tard, que notre intuition nous fera appréhender des contradictions apparentes & que même si l’on ne parvient pas à les concilier, ce n’est pas grave ; ça n’affecte nullement la réalité. On peut même jouer des paradoxes, aller explorer chaque option & voir les résultats qu’on obtient, …

Il faut être assez fort que pour pouvoir tolérer ces paradoxes durant des années, sans sentir le besoin de « vérité bien stable & logique ».

Les gens lambda s’accrochent à leurs croyances & enveloppent leur ego dans leur vision du monde & cela ne fait que générer des problèmes. La sagesse est de cesser de se sentir menacé par les paradoxes, de tolérer ces contradictions, de rester ouvert à de nouvelles idées, d’être toujours prêt à explorer des paysages mentaux inconnus, …

En conclusion, si vous voulez faire évoluer votre vie, vous DEVEZ accepter les paradoxes, car vous en rencontrerez partout sur cette voie !

Publicités