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Trouver notre passion… ou pas ?

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On lit partout qu’il suffit de la suivre pour avoir une vie heureuse & épanouissante, qu’il faut la trouver car c’est le vent qui souffle sur les voiles de notre navire & nous fait avancer vers une destination voulue.

Eugene Hennie, un self-made man, aime à raconter comment il a laissé tomber son ennuyeux travail de bureau, pour une vie excitante de voyages & d’enseignement.

Il s’est demandé comment il a pu réaliser ses rêves, & a déduit que la 1ère chose est de bien se connaître ;

Qui êtes-vous ? Quelles sont les choses que vous aimez ? Ou que vous détestez ? Qu’est-ce qui vous fait sourire ? Ou vous énerve ?

La 2ème étape est d’assumer ce que vous êtes, d’en tirer les conséquences. Au départ, cela peut sembler effrayant, mais au final, ça vous facilitera beaucoup la vie.

Ensuite, il faut vous entourer de gens qui vous encouragent, car on est la moyenne des 5 personnes que l’on fréquente le plus. Alors, si vous fréquentez des gens inspirants, soutenants & positifs, ils vous motiveront & vous serez bientôt comme cela aussi. Et à l’inverse, si vous fréquentez des gens agressifs, négatifs ou tarés, vous ne pourrez allumez votre passion & atteindre la vie de vos rêves.

Sachez ce que vous voulez. A ceci, beaucoup croiront vouloir, par ex, un million d’euros, alors qu’en réalité, ce n’est pas l’argent qu’ils veulent, mais pouvoir offrir un toit à leur famille, ou pouvoir voyager autour du monde, ou pouvoir payer une opération à leur père malade, … En général, ce que l’on veut, c’est la liberté, la sécurité &/ou le pouvoir sur notre vie.

Arrivé là, il faudra retrousser vos manches & trimer, car réussir implique toujours un dur travail. Heureusement, comme vous ferez ce que vous aimez, cela ne sera pas trop dur. Même en ayant un énorme talent, il faut le développer, le perfectionner sans cesse.

Nos aptitudes innées sont comme un minerai, qu’il faut passer au creuset pour raffiner, pour éliminer les scories, et finalement marteler pour en tirer un objet utile & beau ; notre outil pour conquérir le monde !

« Si doué qu’il soit, un pur-sang ne galope jamais aussi vite que sous la cravache de son cavalier. Alors, cravache-toi ! » (« Lettre à Prunelle », Alain Ayache)

Faites de l’impossible le nouveau possible ; lorsque vous rencontrez un défi, au lieu de penser que vous ne pourrez jamais le relever, penser que vous ne pouvez pas ne pas le relever !

Ensuite, il faudra échouer – sisi ! Et non seulement échouer, mais échouer souvent et durement !

On croit toujours que l’échec est une fin, mais en réalité, c’est la réussite qui est « conservatrice » – qui tend à nous faire nous arrêter. L’échec, lui, est « révolutionnaire » ; il tend à nous faire bouger.

Les grands programmeurs, par ex, ont dû échouer souvent & surmonter bien des ratages avant de trouver le programme qui a fait leur succès. A chaque difficulté, panne ou échec, ils devaient trouver une solution pour faire marcher le programme, et ainsi, d’échecs en échecs (surmontés), ils ont réussi.

Il faudra aussi apprendre à être à l’aise dans les demandes & confrontations. Ceci aussi fait partie de la notion de sortir de notre zone de confort.

Les confrontations sont pénibles, alors, on tend à les éviter. Mais il n’y a pourtant pas d’autre moyen d’obtenir ce que l’on veut, que d’aller trouver les gens qui pourraient nous y aider & de leur demander.

Enfin, il faut agir bien – c-à-d non seulement faire les choses correctes, adéquates, prendre les bonnes décisions, mais aussi les choses justes, bonnes & équitables.

Trouver notre passion est à la fois facile & difficile ; en effet, on a tout ce qu’il faut en nous, mais la société ou notre famille nous ont modelé, faisant de nous quelqu’un qu’on n’est pas, en sorte que notre talent inné a été enterré sous cette programmation. Il faut donc retrouver, affirmer & exprimer notre unicité, notre individualité, pour accéder à notre vie idéale.

Quand même, croire qu’on n’a qu’un seul talent & qu’on doive absolument le poursuivre à l’exclusion de tout autre, que, si on ne le trouve pas ou que l’on y échoue, notre vie est fichue, est faux.

Alors, quand on envisage cette idée de trouver notre passion & de découvrir notre talent, on a peur ; c’est toute notre vie qui est en jeu !

Pour se trouver une carrière épanouissante, on n’est pas aidés ; personne ne nous apprend comment faire, ou on ne reçoit que des infos invalides. Tout est fait pour nous diriger vers de mauvaises voies !

Pour en choisir une, au lieu de se focaliser sur ce que l’on sait faire, sur notre passion ou sur le statut ou le salaire qu’on espère obtenir, il vaut mieux se focaliser sur ce qu’on peut faire pour les autres & pour rendre le monde meilleur.

« Suivre sa passion », c’est suivre 3 étapes ; 1) identifier notre plus grand intérêt dans la vie, 2) trouver les carrières correspondant à cet intérêt, 3) persévérer dans cette voie, quoi qu’il arrive.

Faire la chose qui nous passionne semble un bon conseil, car alors, on apprend tout ce qu’il faut, on ne compte pas nos heures de boulot & on surmonte tous les obstacles. Donc, on a toutes les chances de réussir dans cette carrière.

Hélas, la réalité dément ceci ; les chiffres montrent sans aucun doute qu’il y a bien trop peu de jobs disponibles dans les branches intéressant les chercheurs d’épanouissement.

Les éboueurs ou les laveurs de vitres n’ont sûrement pas la passion de faire ça, mais ils ont un job qui les nourrit, du moins.

D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’un domaine nous intéresse, qu’on y réussira (cf un ami à moi, qui voudrait réussir en vendant des sabots) ou qu’il nous épanouira (cf les grands agents de change qui dépriment). Les vendeurs passionnés, ayant du bagout, sont exposés au burn out & vivent du reste moins longtemps que les vendeurs moyens.

Il est aussi prouvé que nos domaines d’intérêt ne peuvent être le facteur décidant de notre carrière & que pour réussir, ce sont les compétences & la mentalité qui font la différence !

Au fond, la passion est un sentiment, & un sentiment peut changer ; il est arrivé à chacun d’entre nous d’être passionné par quelqu’un ou par un job à un moment, puis de cesser de l’être.

Bien sûr, il est bon de savoir qui on est, de connaître nos talents, et les choses qui ne nous conviendront pas, mais il est mauvais de vouloir d’abord créer sa vie en théorie dans sa tête.

Se coller une étiquette réduit nos opportunités, et chercher notre voie peut durer des années & nous bloquer, paralysant toute progression & nous obnubilant sur cette quête au point de nous faire rater des occasions intéressantes !

C’est pareil avec l’amour ; c’est en cherchant le (la) partenaire idéal(e), qu’on risque le plus de laisser passer celui (celle) qui nous conviendrait.

« Penser sert à agir (juste), & agir sert à penser (juste) » => On découvre le sens de sa vie en la vivant !

Les battants le disent : plus que la passion, il faut avoir une bonne & solide idée de business & être prêt à trimer dur pour en vivre. Ils savent, eux qui ont réussi, que le succès nourrit la passion, bien plus que l’inverse !

D’ailleurs, les banquiers ont une directive disant de ne pas prêter aux passionnés, mais aux ambitieux réalistes voulant créer une affaire.

J’ai parlé ailleurs du secret pour se motiver, qui est celui-ci : il ne faut pas d’abord se motiver pour commencer à travailler dans une branche, mais faire l’inverse ; s’y mettre, & alors, la motivation, la passion, grandira.

On veut se trouver une passion pour pouvoir la citer si quelqu’un (connaissance, recruteur, ..) nous interroge, car on craint que si on n’en a pas, on ne soit jugé comme peu ambitieux ou inintéressant.

Mais si on cherche en soi & qu’on ne trouve pas trace de passion, sachons ceci ; au fond, la passion n’est que la pleine force de notre attention & de notre énergie, que l’on donne à ce qui se trouve devant nous !

Il faut savoir vers où on veut aller, ce que l’on veut être, avoir & faire, mais en même temps, ne pas trop rétrécir notre vision, rester ouvert pour pouvoir saisir ce qui se présente – passion ou non ; car si on attend que la passion apparaisse, on risque d’attendre longtemps. Alors, au lieu d’attendre cela, passez votre temps & votre attention à chercher des problèmes et une solution que vous pourriez offrir.

En fait, on ne doit pas « suivre notre passion » ; c’est notre passion qui doit nous suivre !

Par conséquent, au lieu de gaspiller votre temps à la chercher, cherchez à apporter votre contribution au monde ; à être utile & généreux – c’est là que vous aurez une vie épanouissante, faite de sens & de valeur.

“La vie, ce n’est pas se trouver ; c’est se créer » (George Bernard Shaw). Au lieu de suivre sa passion, il vaut donc mieux se focaliser sur un domaine ayant de la valeur ; quelque chose qui améliore le monde, qui aide les autres, qui répond à un besoin ou résoud un problème.

Martin Seligman a mené des études sur ce qui amenait vraiment l’épanouissement aux gens, & il a trouvé que c’était l’expertise (maîtriser à fond un sujet ou une discipline) & un sens (ou mission).

Conclusion :

Au lieu de chercher à faire ce qui nous passionne & attendre que le succès vienne, il faut inverser le raisonnement ; faire quelque chose de valeur, ce qui allumera la passion & une carrière épanouissante.

Cessez de vous morfondre en vous demandant lequel de vos intérêts est votre vraie vocation … Voici comment savoir où diriger vos pas :

  1. Exploration ; apprenez-en le plus possible sur le monde qui vous entoure, sur les autres & vous-même, et découvrez ce qui a de la valeur,
  2. Acquisition de compétences ; acquérez des compétences utiles (où il y a une demande) & devenez-y bon. Les choses que vous aimez faire, sont celles à viser, car ce sont celles-là auxquelles vous pouvez devenir expert,
  3. Résolution de problèmes urgents ; trouvez les problèmes sociaux les plus pressants (& négligés par les autres) & appliquez vos dons à les résoudre,
  4. Aide indirecte : tout le monde ne peut pas être un chercheur & découvrir le remède à une maladie, mais vous pouvez aider en trouvant de nouvelles techniques ou en répandant ces nouvelles, … Il suffit de trouver où vous pouvez utiliser vos compétences pour avoir le plus grand impact

Bref, l’altruisme « paie », à la fois pour réussir socialement, mais surtout parce que c’est bon pour la santé (voir http://www.bonheuretamour.com/2016/11/16/la-bonte-est-bonne-pour-la-sante/ ) & que c’est la seule façon d’être satisfait et content de soi à la fin de notre vie.

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La bonté est bonne pour la santé !

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Le Duc de Levis-Mirepois affirmait déjà au XVIIIème siècle ; « Soyez meilleur, vous serez plus heureux. Voilà la plus puissante leçon de morale car elle est fondée sur l’intérêt. »

Eh bien, maintenant, c’est prouvé ! Des études – par Barbara L. Fredrickson, Pr de Psychologie à l’Université de Caroline du Nord – ont démontré qu’au niveau moléculaire, le corps distingue entre divers genres de bonheur et y réagit d’une manière favorisant ou nuisant à la santé !

La sensation de bien-être résultant d’un but noble améliore la santé cellulaire, alors que celui résultant d’une gratification égoïste aurait des effets négatifs, même si, sur le moment, on se sent bien.

Ses travaux furent publiés le 29 juillet 2013 dans les « Proceedings of the National Academy of Sciences ».

Les philosophes ont longtemps distingué 2 grandes formes de bien-être : une forme « hédonique »représentant les expériences agréables d’un individu, et une forme plus profonde « eudaimonique » résultant de la quête d’un sens et d’un but noble, allant au-delà de la simple gratification personnelle.

C’est la différence, par exemple, entre profiter d’un bon repas et se sentir connecté à une plus grande communauté à travers un projet de service. Ces 2 choses nous donnent un sentiment de bonheur, mais chacun est vécu très différemment dans les cellules du corps.

Nous savons par beaucoup d’études que les 2 formes de bien-être, en plus de réduire le stress & la dépression, causent une amélioration de la santé physique et mentale, mais nous avions moins d’informations sur les bases biologiques de ces associations.

Collaborant avec une équipe de l’Université de Californie dirigée par Steven W. Cole, professeur de médecine, de psychiatrie et de sciences comportementales, le Pr Fredrickson et ses collègues ont étudié l’influence biologique du bien-être hédonique et eudaimonique dans le génome humain. Ils s’intéressaient au schéma d’expression des gènes dans les cellules immunitaires des personnes.

Le Pr Cole avait déjà trouvé auparavant un changement systématique de l’expression génique associée au stress chronique, caractérisé par l’expression accrue de gènes impliqués dans l’inflammation (laquelle cause une variété de maladies comme l’arthrite, le cancer & les maladies cardiaques) & une expression diminuée de gènes impliqués dans les réactions antivirales.

Bref, l’empreinte génomique d’un stress chronique nous expose à la maladie.

Mais si tous les genres de bonheur favorisaient la santé de la même façon, les schémas d’expression des gènes seraient pareils, qu’il s’agisse d’un bonheur égoïste ou altruiste… ce qui n’est pas le cas !

Le bien-être provenant d’actes altruistes était en effet associé à une diminution significative du profil d’expression du gène CTRA lié au stress. En revanche, le bien-être hédonique était associé à une forte augmentation du profil CTRA.

Les analyses – basées sur le génome – de ces chercheurs, a donc révélé le prix caché de l’égoïsme.

Le Pr Fredrickson a été étonnée de ces résultats, puisque les sujets de l’étude eux-mêmes, rapportaient des sentiments globaux de bien-être.

Elle en déduit que les gens qui éprouvent un bien-être hédoniste éprouvent un bonheur à court terme mais que cela entraîne des conséquences physiques négatives à long terme.

Nous pouvons nous rendre heureux grâce à des plaisirs simples, mais ces plaisirs ne nous aident pas à élever notre conscience ou à nous renforcer de manière qui nous bénéficie physiquement. Au niveau cellulaire, notre corps semble mieux réagir à l’autre type de bien-être, basé sur un sentiment de connexion et de but profond.

Les résultats renforcent les travaux antérieurs du Pr Fredrickson sur les effets des émotions positives, ainsi que la recherche liant le sentiment de connexion à l’univers, avec la longévité.

Elle conclut que comprendre les relations de cause à effet de l’expression génétique aidera à informer les travaux ultérieurs dans ces domaines.

A la base, les humains sont-ils bons, ou pas ?

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Arber Tasimi, jeune chercheur à la Yale University, victime d’une grave agression, se demanda si nous naissons bons et se mit à étudier les inclinations morales des bébés ; comment ils comprennent les notions de bien et de mal avant que la culture et l’éducation ne les influencent. Ca revient à se demander ce que nous sommes, à la base…
Il n’est hélas pas facile d’étudier des bébés, car ils ne parlent pas et, inaptes à contrôler leur corps, ne communiquent pas clairement – un chercheur pourrait aisément “voir” des choses qui n’existent pas…
Les chercheurs font donc porter leur test sur les ondes de leur cerveau, ou les observent via des miroirs sans tain, …
Les bébés n’ont pas encore été exposés aux normes sociales de la culture où ils sont nés, mais ce ne sont pas pour autant des « pages blanches » ; ils en savent plus qu’on ne l’imagine. Leur perception du monde est bien plus subtile que la nôtre et ce, dès avant leur naissance.
Ils perçoivent ce que leur entourage attend d’eux et ressent. Or, pour notre espèce, l’évolution a opéré plus fortement sur notre comportement social que sur d’autres facteurs, parce que tant notre survie que notre reproduction (l’impératif majeur dans toute espèce) en dépendaient.
Le Centre d’étude des nourrissons de Yale s’intéresse surtout aux jugements éthiques et à la question de savoir si les bébés sont capables d’en faire.
Une 1ère étude (de 2007) montra que des bouts de chou âgés de 6 à 10 mois, préféraient les “bons gars” aux “méchants” – ce qui forme la base de la pensée morale.
D’autres études furent faites, montrant toutes que le bébé arrivé déjà bien équipé dde tendances « pro-sociales » ans la vie, et non tel un “parfait idiot” comme l’a prétendu Jean-Jacques Rousseau !
Oui, les bébés distinguent le bien du mal et agissent souvent de manière altruiste.
Dès 18 à 20 mois, Ils savent ce qui est juste et agissent de façon équitable, ils aident tout naturellement, viennent au secours de leurs congénères en détresse, s’attristent si l’on brise le travail d’un autre, partagent les profits d’une tâche faite en commun,…
Et ces tendances ne sont pas du tout influencées par ce que les parents leur enjoignent de faire ou non : ils aident les autres de leur propre initiative (= même en l’absence de leurs parents ou si leurs parents ne le leur demandent pas).
Ceux qui ont déjà vu des enfants se tirer les cheveux ou se disputer un objet, auront dur à croire cela, et que les soins qu’on leur donne ne font aucune différence. …Et ça en fait une, effectivement, mais il s’agit de savoir où est l’équilibre.
On ne sait pas d’où vient cette moralité… Il semble que les humains n’aient pas, de façon innée, de « module moral » mais qu’ils possèdent les éléments qui le composent avant leurs 2 ans ; l’altruisme, la sympathie et la compréhension des buts des autres.
Les bébés qui furent testés à Yale avaient entre 3 mois et 2 ans
J. Kiley Hamlin, une spécialiste de l’étude de la moralité infantile, les teste ainsi : elle leur présente de petites scènes animées, comprenant un « grimpeur » (cercle rouge) essaie de gravir une montagne, avec un « aidant » (triangle) qui l’assiste et un « empêcheur « (carré) qui le pousse pour le faire tomber. Les bébés observant ceci, regardent bien plus le grimpeur ou l’aidant – ce qui prouve qu’ils ont le sens du jugement et préfèrent les interactions sociales positives (utiles).
Les chercheurs ont alors mené d’autres expériences avec des marionnettes d’animaux qui s’aidaient ou se bloquaient aussi – et tous les bébés ont choisi les personnages sympas. Ils obtinrent les mêmes résultats avec des nourrissons de 3 mois (bien que là, on n’ait fait que suivre le mouvement de leurs yeux parce qu’ils étaient trop jeunes que pour bien agripper les objets).
Arber Tasimi a fait une étude sur 16 bébés d’un an (et les a ensuite retestés à 2 ans) ; on présente à l’enfant 2 lapins, l’un serviable (en vert), l’autre « embêtant » (en orange), puis, on les fait interagir avec d’autres animaux, chacun selon son rôle. Après plusieurs courtes saynètes, les 2 lapins sont présentés aux bébés, lesquels choisissent toujours le « gentil ».
Les psychologues ont toujours taxé les jeunes enfants d’égoïsme jusqu’à ce qu’ils soient socialisés, et affirmé qu’ils ne devenaient altruistes qu’avec l’âge et le système de récompenses ou punitions appliqué par leurs éducateurs.
Warneken, un autre chercheur, a voulu découvrir si les enfants étaient ou non, capables de deviner les intentions d’autrui et de l’aider.
Il a lancé une balle, puis prétendu ne pas pouvoir l’attraper – et un bambin la lui a ramenée, infirmant les théories ayant cours !
Il a renouvelé souvent l’expérience avec des enfants de 18 mois et sous diverses formes, et trouvé que les bambins venaient toujours spontanément à son secours – ramassant des objets, ouvrant des boîtes ou empilant des livres pour lui – qui faisait semblant de ne pas y arriver – et ce, en se dérangeant dans leurs propres activités et sans même un espoir de récompense.
C’est donc d’altruisme véritable qu’il s’agit – et il n’est ni imité, ni appris, mais bien inné !
Les chimpanzées ont une mémoire et des aptitudes similaires à celles d’un enfant Lorsqu’on leur fait passer ces mêmes tests (même à des chimpanzées sauvages), ils réagissent de la même façon que les bébés – et toujours sans espoir de récompense.
Ils aidaient les humains, leurs propres congénères et même des animaux appartenant à d’autres races.
Les résultats de tests similaires sur des singes, montrent que l’altruisme est un trait dont l’évolution nous a gratifiés de façon innée, mais qu’un singe n’aide que s’ils perçoit la détresse chez l’être à aider, alors que les petits humains, il n’est même pas nécessaire de les regarder ; ils perçoivent que l’autre a besoin d’aide – et ce, dès 18 mois.
Les petits humains le font volontairement, sans qu’on leur demande rien ; cette « assistance proactive » semble une compétence spécifiquement humaine.
Bien sûr, tous ces résultats furent amplement critiqués par ceux pour qui les bébés n’ont que des sens et des réflexes et ne se socialisent que sous l’impulsion de leur mère. Ils disent que l’influence de la culture a beau ne pas se voir, elle modifie le cerveau.
En 2009, Warneken admit que les enfants aident d’abord sans discrimination mais deviennent plus sélectifs au fur et à mesure qu’ils grandissent ; il semble que leurs impulsions altruistes se heurtent à des tendances plus égoïstes.
Et ça se complique : par ex, les enfants sont “tribaux” – c-à-d qu’ils préfèrent les gens de leur race, puis, parlant la même langue qu’eux. En outre, les bébés préfèrent les punitions corporelles, quand même !
Les critiques de la théorie du “bébé altruiste” disent qu’un acte peut sembler altruiste, sans l’être : peut-être ces bébés essaient-ils seulement de s’occuper, ou de montrer leur obligeance aux adultes, pour leur plaire.
Mais toutes ces contradictions font voir aux chercheurs l’utilité d’étudier ce domaine. Chacun classe en catégories ce qui est bien ou mal, mais ça varie selon les personnes, et il y a une gradation (par ex, voler 20€ est moins grave que violer, qui à son tour est moins grave que tuer)…. Ceci n’existe pas pour un bébé ou un bambin, donc, les tests doivent être moins subtils, et progresser selon l’âge. Et puis, choisissent-ils aussi le « bon » si le « méchant » leur offre un bonbon ? Oui ? Non ? A quel moment vont-ils céder ?
Conclusion : oui, les bébés sont naturellement bons car c’est utile à la survie de notre espèce, mais ils sont sans nuances, et en plus, leur avidité (plus ou moins grande selon les individus) peut les faire basculer de l’autre côté…