Extrait d’enseignements de Gurdjieff

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gurdjieff

Qu’il soit bien entendu que je ne suis pas une disciple de ce Monsieur (qui était un vrai malfaisant, mais très charismatique, comme tous les démons) ni – encore moins – de ses épigones, mais que je reconnais & admire son intelligence & sa culture étendue – je préfère de loin une méchanceté éclairée à « l’innocence au sourire sanglant » qu’est la bêtise !

Toute cérémonie ou rite a une valeur s’il est exécuté sans altération. Une cérémonie est un livre dans lequel beaucoup est écrit. Quiconque comprend peut le lire. Un rite contient souvent plus que 100 livres.

Je sais que vous comprenez l’unité des lois qui gouvernent l’univers, mais … cette compréhension n’est qu’abstraite & théorique. Il ne suffit pas de concevoir avec l’intellect. Il faut sentir avec tout votre être l’exactitude absolue & l’infaillibilité de cette vérité. Alors seulement vous pourrez dire … « je sais ».

La loi de l’unité est grande, elle embrasse tout. Dans l’univers, tout est un. Seule l’échelle diffère. Dans l’infiniment petit, nous retrouvons les mêmes lois que dans l’infiniment grand. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. De même, la raison qui transcende la condition humaine contemple la lumière divine, tandis que ceux qui habitent en bas sont encore plongés dans l’obscurité.

Le savant le plus instruit peut très bien se montrer un parfait ignorant à côté d’un simple berger illettré mais qui possède la connaissance ; …la compréhension de l’essence, qui demandera au 1er de longues années d’investigations obstinées, l’autre l’obtiendra d’une manière infiniment plus complète au cours d’une seule journée de méditation. Tout dépend de la manière de penser, de la « densité de la pensée ».

Jugez tout du point de vue de votre propre bon sens, acquérez votre propre compréhension & n’acceptez jamais rien d’emblée.

Quand nous apprenons, nous n’écoutons que nos propres pensées. C’est pourquoi nous ne pouvons entendre de nouvelles pensées, à moins d’utiliser de nouvelles méthodes d’écoute & d’étude.

Un homme renoncera à tous les plaisirs que vous voulez, mais il refusera de renoncer à sa souffrance.

Si nous étudions cette conception de l’homme, nous voyons qu’elle est faite d’un ensemble de traits n’appartenant pas à un homme unique, mais à un certain nombre d’individus réels ou imaginaires. Jamais nous ne rencontrons un tel homme dans la vie réelle, … Si vous y regardez de près, le mirage de grandeur et de puissance se désintègre.   …en raison d’un trait particulier de leur psychisme, ils le reportent sur eux-mêmes… si bien que tout en étant des nullités ou presque, ils s’imaginent correspondre à ce type collectif…

… au cours de notre vie, nous apprenons sans cesse des choses nouvelles. Nous appelons (cela) « connaissances ». Mais en dépit de ces connaissances, ne nous montrons-nous pas bien souvent éloignés de la vie réelle, et donc mal adaptés à elle ? … tout cela reste vague & inadéquat. En effet, ce ne sont que des informations : nous ne pouvons pas appeler cela « connaissance ». La connaissance est la propriété inaliénable d’un homme ; elle ne peut être ni plus ni moins grande que lui. Car un homme ne « connaît » que lorsqu’il EST lui-même cette connaissance.

Quant à vos convictions, ne les avez-vous jamais vu changer ? ne sont-elles pas soumises, elles aussi à des fluctuations … ?  Ne serait-il pas juste de les appeler opinions …, alors qu’elles dépendent de notre humeur… ou peut-être même de l’état de notre digestion au moment même ? Vous n’êtes… qu’un banal exemplaire d’automate animé. Vous pensez qu’une âme et même un esprit sont nécessaires pour faire ce que vous faites & vivre comme vous vivez.  Mais peut-être suffit-il d’une clé pour remonter le ressort de votre mécanisme.

En résumé, voici l’état des choses en ce qui concerne la connaissance de soi : pour faire, il faut savoir – mais pour savoir, il faut découvrir comment savoir ; et cela, nous ne pouvons le découvrir par nous-mêmes.

…livré à lui-même, un homme ne peut pas apprendre… comment se développer et encore moins ce qu’il doit au juste développer.

Pourtant, peu à peu, en rencontrant des gens qui cherchent, en leur parlant, en lisant des livres sur le développement de soi, il se trouve attiré dans la sphère de ces questions. Mais que va-t-il donc y trouver ? D’abord, un abîme de charlatanisme éhonté, entièrement basé sur l’avidité, le désir de se faire une vie facile en mystifiant les gens crédules… Avant qu’il ait appris à séparer le bon grain de l’ivraie, il s’écoulera beaucoup de temps, pendant lequel son besoin de découvrir la vérité risque de vaciller ou de s’éteindre, ou de se pervertir. …il peut alors se laisser entraîner dans un labyrinthe débouchant tout droit sur les cornes du diable. Si l’homme parvient à se tirer de ce 1er bourbier, il risque de tomber dans un nouveau marécage, celui de la pseudo-connaissance.

Tous ces systèmes, fondés sur les théories les plus diverses, sont extraordinairement séduisants, sans doute en raison même de leur caractère vague. Ils attirent tout particulièrement les personnes « semi-éduquées » … A quoi bon, dès lors, aller à l’université & pâlir sur les manuels officiels si des théories de ce genre permettent de regarder de haut tous les autres savoirs … ? Mais il est une chose importante que l’étude de ces théories ne donne pas ; elle n’engendre pas l’objectivité … Elle tend à embrumer le cerveau de l’homme & à diminuer sa capacité à raisonner & à penser sainement, le conduisant ainsi à la psychopathie.

Une chose qui peut, au départ, sembler absurde, finira par paraître rationnelle pourvu qu’on la répète avec une insistance & une conviction suffisantes. Un certain type d’hommes redira des phrases toutes faites qui lui sont restées dans l’esprit, un autre ira chercher des preuves & des paradoxes sophistiqués pour justifier ses assertions. Tous 2 sont également à plaindre.

Leurs rangs sont grossis de ceux que la nostalgie du mystère & du miraculeux attire au pseudo-occultisme. Il y a encore les individus à la volonté exceptionnellement faible qui sont des ratés dans la vie et qui, en vue de gains personnels, rêvent de développer en eux-mêmes la puissance & la capacité de subjuguer les autres.

Au fur & à mesure que leurs espoirs d’atteindre aux qualités sur lesquelles ils comptaient s’évanouissent, ils versent dans un charlatanisme plus ou moins délibéré.

En parlant de l’évolution, il est nécessaire de comprendre, dès le départ, qu’aucune évolution mécanique n’est possible. L’évolution de l’homme est l’évolution de sa conscience.

… il arrive souvent qu’un homme, bien qu’ignorant lui-même, soit capable de parler avec une singulière justesse, de diverses choses… A côté de cela, il dit tant de sottises que (les rares vérités qu’il dit sont) ensevelies & qu’il est … impossible d’extraire la perle de vérité de ce monceau de balivernes. Comment comprendre cette énigme ? La raison en est simple. …nous n’avons pas de connaissances (innées). Toutes nos connaissances, qui ne sont que de simples informations, peuvent avoir une valeur ou ne pas en avoir. En les absorbant comme une éponge, nous pouvons facilement les restituer, & en parler d’une façon logique & convaincante, tout en n’y comprenant rien. Il est également facile de les perdre, car elles ne sont pas à nous, mais ont été déversées en nous comme un liquide dans un récipient.

Plus un homme se rend compte des obstacles & des duperies qui le guettent à chaque pas dans ce domaine, plus il se convainc qu’il est impossible de suivre le sentier du développement de soi d’après les instructions données … par des gens de rencontre, ou d’après les informations cueillies ça & là…

L’homme qui cherche de tout son être, (comprend) que pour découvrir « comment savoir afin de faire », il doit d’abord trouver celui auprès de qui il peut apprendre ce que signifier réellement « faire », c-à-d un guide éclairé, expérimenté, … La condition indispensable est qu’il choisisse un homme qui sait ; autrement, tout le sens de son choix est perdu. Qui dira où peut vous conduire un guide qui ne sait pas !

Et des hommes qui parlent de cette manière ( = chacun donnant un sens différent aux mots) croient qu’ils sont capables de se comprendre mutuellement & qu’ils peuvent se communiquer …leurs pensées !

Notre emploi incorrect des mots & (leur) nature propre en ont fait des instruments inaptes pour une expression exacte & une connaissance exacte…

Toute rupture d’habitude produit un changement.

… nous pouvons dire que toutes les différences qui nous frappent chez les hommes peuvent être ramenées aux différences des niveaux de conscience de leurs actes.

L’homme qui dort ne peut pas « faire »… Avant tout, il doit s’éveiller. Une fois éveillé, il verra que, tel qu’il est, il ne peut pas « faire ». Il devra mourir volontairement. S’il meurt, il pourra naître. Mais l’être qui vient de naître doit grandir & apprendre. Quand il aura grandi & qu’il saura, alors, il pourra « faire ».

En tout 1er lieu, chacun devrait comprendre sa propre mécanicité. C’est pourquoi l’enseignement (chez lui) considère comme fondamentale l’étude des principes d’une juste observation de soi. Mais avant (cela), un homme doit prendre la résolution d’être absolument sincère avec lui-même ; il ne fermera les yeux sur rien, ne se détournera d’aucune constatation, où qu’elle puisse le mener, ne reculera devant aucune conclusion, & ne se laissera arrêter par aucun mur de restriction préalable. (Il) aura souvent besoin de beaucoup de courage pour accepter … les résultats & les conclusions auxquels il parviendra.

Cela bouleverse toute la manière de penser d’un homme & le dépouille de ses illusions les plus agréables & les plus chères. Il voit tout d’abord sa totale impuissance en face de littéralement tout, tout ce qui l’entoure. Tout le possède, tout le domine. Il ne possède, il ne domine rien… Toute sa vie n’est rien d’autre qu’une soumission aveugle à ses attractions & à ses répulsions.

Nous ne pouvons pas nous changer nous-mêmes, nous ne pouvons que nous modifier un peu. Mais nous pouvons être changés grâce à une aide venue du dehors.

Nos connaissances actuelles sont basées sur une perception des sens – comme chez les enfants. Si nous désirons acquérir la vraie sorte de connaissance, nous devons nous changer nous-mêmes. Par un développement de notre être, nous pourrons atteindre un état plus élevé de conscience.

Il n’y a qu’une seule règle générale, … : l’observation. Chacun en a besoin. Et cela, non pas pour changer, mais pour se voir soi-même.

L’observation de soi est très difficile. … vous devez vous y exercer… Jusqu’ici, vous avez imaginé vous voir & vous connaître.

Avec quelles petites choses devons-nous commencer ? … En remuant sans cesse comme vous faites, vous ne pouvez être quelqu’un. La 1ère chose à faire … est d’arrêter cette agitation.

Prenez une petite chose que vous n’êtes pas capable de faire et faites-en votre but, votre dieu. Ne laissez rien s’interposer. Ne visez qu’à cela. Alors, si vous réussissez, (je pourrai) vous donner une plus grande tâche. Maintenant, vous … visez de trop grandes choses ; vous ne pourrez jamais les faire … oubliez les grandes choses. Prenez comme but de vaincre une petite habitude.

Pour ceux d’entre vous qui sont déjà capables de se rappeler… leur but, mais qui n’ont pas la force de l’accomplir : asseyez-vous, tout seuls, pendant une heure au moins ; relâchez tous vos muscles ; permettez à vos associations de se dérouler, mais sans vous laisser absorber par elles. Dites-leur : « si vous me laissez faire maintenant ce que je veux, plus tard, je vous accorderai ce que vous désirez ». Regardez vos associations comme si elles appartenaient à quelqu’un d’autre, de façon à ne pas vous identifier à elles.  Au bout d’une heure, prenez une feuille de papier & inscrivez-y votre but. Faites de ce papier votre dieu. Qu’en dehors de lui, rien n’existe. Sortez-le de votre poche & lisez-le constamment, tous les jours. De cette manière, il deviendra une partie de vous-même…

Pour obtenir de l’énergie, pratiquez l’exercice qui consiste à rester assis tranquillement, tous vos muscles relâchés, comme morts. Et seulement quand tout sera calme en vous, au bout d’une heure, vous prendrez votre décision.

L’attention ne s’acquiert que par le travail conscient & la souffrance volontaire, par de petites actions accomplies volontairement.

Si quelqu’un pense que l’étude de soi l’aidera & qu’il deviendra capable de changer, il se trompe complètement. Quand bien même il lirait tous les livres, étudierait pendant des siècles, … sonderait tous les mystères – cela ne servirait à rien. Parce que toutes ces connaissances n’appartiennent qu’au cocher ( = le mental). Et le cocher, malgré tout son savoir, ne peut tirer la voiture ( = le corps) sans le cheval ( = l’énergie, l’élan). Ceci, à mon avis, illustre la sentence biblique : « l’esprit est ardent, mais la chair est faible ».

Celui qui travaille comme un bœuf est une nullité & celui qui ne travaille pas est aussi une nullité. La valeur du travail n’est pas dans la quantité, mais dans la qualité.

Un travail dur est un investissement d’énergie qui rapporte. L’usage conscient de l’énergie est un investissement payant ; son usage automatique est un gaspillage inutile.

Nos prétendues pensées ne sont rien d’autre que ces formules toutes faites tirées du placard. …Nous n’avons pas de pensées ; nous possédons différentes étiquettes…

L’essence est JE – c’est notre hérédité, notre type, notre caractère, notre nature. La personnalité est … tout ce qui est extérieur. Elle est comme les vêtements que vous portez, votre masque, le résultat de votre éducation ou l’influence de votre entourage, …

Aujourd’hui, vous êtes convaincu d’une chose, vous y croyez, vous la voulez. Le lendemain, sous une autre influence, vos croyances, vos désirs, deviennent différents. … L’essence, elle, ne change pas.

Ici, quand nous parlons de développement & de changement, nous parlons de l’essence.

Notre intellect, notre penser, n’a rien de commun avec nous, avec notre essence… Notre pensée vit par elle-même & notre essence vit par elle-même.

par elle-même, la pensée est impuissante à faire quoi que ce soit.

… nous appelons « enfant » celui qui n’a pas de logique indépendante dans sa pensée. Un homme ne peut être considéré comme adulte qu’à partir du moment où sa pensée a acquis cette qualité.

Vous savez où vos attitudes habituelles vous ont conduit. Continuer de cette manière-là n’a aucun sens… ce que vous avez eu jusqu’à aujourd’hui n’est pas la connaissance. Ce n’est qu’un assemblage mécanique d’informations. C’est une connaissance qui n’est pas en vous-même, mais en dehors de vous. Elle n’a aucune valeur.

L’homme doit se rendre compte qu’il ne peut pas faire. Toutes nos activités sont déclenchées par des impulsions extérieures ; c’est entièrement mécanique. Vous ne pouvez pas faire, même si vous désirez faire.

La musique ne peut pas nous libérer entièrement de toute notre mécanicité, …mais elle peut apporter une aide.

Tous les intérêts que nous avons concernant le changement, la transformation, appartiennent … au mental. Quant au sentiment & au corps, ces parties ne sont aucunement intéressées à mettre le rappel de soi en pratique. Et cependant, l’essentiel est d’opérer un changement … dans les parties qui ne sont pas intéressées. La transformation ne s’obtient pas par le mental. … C’est pourquoi on doit enseigner … au moyen du sentiment & du corps. En même temps, le sentiment & le corps n’ont ni notre langage, ni notre compréhension.

… Le cocher (mental) doit donc connaître le côté faible ou le caractère de la voiture (le corps).

… Le mental seul ne peut être appelé un homme, tout comme un cocher installé dans un café ne peut être considéré comme un cocher qui remplit sa fonction.

Notre mental est semblable à un cocher qui serait assis … et rêverait qu’il conduit des clients à différents endroits. De même que sa course n’est pas une vraie course, essayer de travailler avec le mental seul ne conduit nulle part. … Le pouvoir de se changer ne repose pas dans le mental, mais dans le corps & le sentiment.

Malheureusement, notre corps & nos sentiments sont constitués de telle sorte qu’ils ne se soucient de rien tant qu’ils sont heureux. Ils ne vivent que pour l’instant même, & leur mémoire est courte. Seul le mental vit pour demain. Chacun a ses propres qualifications. Celle du mental est de prévoir. Mais seuls les 2 autres peuvent « faire ».

Tâchez de comprendre que ce que vous avez coutume d’appeler « moi » n’est pas moi ; … vous voulez changer, mais quelle partie de vous-même le désire ? … Cela vous sera très utile d’essayer d’être sincère avec vous-même. La sincérité est la clé ouvrant la porte … Chaque jour, vous mettez un masque ; il vous faut l’enlever petit à petit.

Il est très difficile d’être sincère d’un seul coup mais, si vous essayez, peu à peu vous ferez des progrès. (Alors), je pourrai … vous aider à voir les choses qui vous effraient, et finalement, vous trouverez ce qui vous est nécessaire & utile.

Sans une auto-connaissance, sans compréhension de comment marche & des fonctions de sa machine, l’homme ne peut être libre, il ne peut se gouverner et il restera toujours un esclave.

Nous ne connaissons rien. Nous ne faisons aucune différence entre celui qui sait vraiment de quoi il parle & celui qui dit seulement de pures bêtises. … Nous n’avons rien en propre ; nous fourrons tout dans notre poche extérieure – et à l’intérieur, nous n’avons rien. … ce n’est qu’à l’occasion, par accident, que quelque chose pénètre en nous.

… nous avons peut-être 20 ou 30 idées que nous avons attrapées au passage. Nous avons oublié où nous les avons prises, mais quand surgit quoi que ce soit qui leur ressemble, nous croyons que nous comprenons. C’est comme une empreinte sur notre cerveau. Nous sommes réellement des esclaves, & nous dressons nos préjugés les uns contre les autres.

Nous devons donc avoir pour but la possibilité de vraiment désirer, et seul peut y parvenir celui qui réalise sa nullité.

Il vous faut d’abord décider : la voie vous est-elle nécessaire ou non ? Comment allez-vous vous y prendre pour le savoir ? Si vous êtes sérieux, vous devez changer votre … mode de pensée et aussi découvrir votre but… Mais vous ne pouvez pas y arriver tout seul.

Si vous avez vraiment décidé la manière dont vous allez orienter votre vie, … essayez de vous voir, car vous ne vous connaissez pas. Essayez de comprendre le risque : … le changement est très difficile. … une fois que vous avez quitté votre siège, il est très difficile d’en trouver un autre.

Dans les groupes correctement organisés, aucune foi n’est requise ; ce qui est requis est juste un peu de confiance et même ça, seulement durant peu de temps, car au plus vite un homme commence à vérifier tout ce qu’il entend, au mieux ça vaut pour lui.

Aujourd’hui, votre conscience morale est relative, mais si vous changez vos valeurs, vous devrez cesser de vous mentir à vous-même. Quand vous aurez vu une chose, il vous sera plus facile d’en voir une autre & beaucoup plus difficile de fermer les yeux. Il vous faut ou bien renoncer à voir, ou bien en accepter les risques.

Il y a 2 sortes d’amour. L’un est un amour d’esclave ; l’autre doit être acquis par le travail. Le 1er n’a aucune valeur ; seul le second, l’amour qui est le fruit d’un travail, a de la valeur. C’est l’amour dont parlent toutes les religions.

Si vous aimez quand « ça » aime, cela ne dépend pas de vous, et il n’y a aucun mérite à cela. … Vous aimez même quand vous ne devriez pas aimer. Les circonstances vous font aimer, mécaniquement. Le véritable amour est l’amour… religieux. Personne n’est né avec cet amour. Pour (le) connaître, vous devez travailler.

L’homme ordinaire est gouverné tantôt par le sentiment, & tantôt par le corps. … Un réel libre-arbitre ne peut exister que là où la direction vient d’un « moi » unique – c-à-d lorsque l’homme a un maître (âme) pour son équipage. L’homme ordinaire n’a pas de maître : le fiacre change sans cesse de passager, & chaque passager se nomme lui-même « moi ».

Pourtant, le libre-arbitre est une réalité, … mais nous, tels que nous sommes, nous ne pouvons pas l’avoir. Seul un homme réel peut l’avoir.

Seul peut être juste celui qui sait se mettre à la place des autres.

Le choix d’une action n’est possible que si l’homme est libre intérieurement. L’homme ordinaire ne peut pas choisir, il ne peut pas se faire une estimation critique de la situation. Pour lui, l’extérieur est l’intérieur. Il faut apprendre à être impartial, à classifier & analyser chacune de ses actions comme s’il s’agissait de celles d’un étranger. Alors, on peut être juste…. Une attitude impartiale est la base de la liberté intérieure ; c’est le 1er pas vers le libre-arbitre.

Au début, la conscience sert uniquement à faire gagner du temps. Celui qui a une conscience est calme ; celui qui est calme a du temps, & il peut en profiter pour travailler. Si nous prenons l’homme ordinaire, tout son temps est absorbé par de petites choses. … Il est parfois gai, parfois triste, & parfois en colère. La machine marche sans arrêt, le gaspillage se poursuit tout le temps.

Il arrive très souvent qu’un intellectuel, … ne se rende pas compte du rôle important que les peurs jouent dans sa vie. .. La peur inconsciente est un aspect très caractéristique du sommeil. L’homme est au pouvoir de tout ce qui l’entoure parce qu’il ne peut jamais regarder d’une manière assez objective sa relation avec son entourage. Il ne peut jamais se retirer & s’observer au moment même où quelque chose l’attire ou le repousse. Et, du fait de cette incapacité, il s’identifie à tout. Cela aussi est une caractéristique du sommeil.

Une grande idée ne devrait être reçue qu’avec une grande compréhension.

… nous avons toutes sortes d’ennemis. Mais les principaux & les plus actifs sont la vanité & l’amour-propre. Il existe même un enseignement qui les qualifie de représentants & de messagers du Diable. … Ces représentants du Diable se tiennent constamment sur le seuil qui nous sépare de l’extérieur et empêchent aussi bien les bonnes que les mauvaises influences extérieures de pénétrer en nous. De sorte qu’ils ont à la fois un bon & un mauvais côté. … celui qui veut accueillir toutes les influences, quelles qu’elles soient – car il est impossible de ne retenir que les bonnes ) – doit se libérer du plus grand nombre de ces gardiens, & pour finir, les éliminer complètement.

Seul celui qui peut veiller sur le bien des autres méritera son bien propre.

La foi consciente est liberté. La foi émotionnelle est esclavage. La foi mécanique est stupidité.

Celui qui se sera libéré de la « maladie de demain » aura une chance d’obtenir ce qu’il était venu chercher ici.

Souviens-toi que tu es venu ici parce que tu as compris la nécessité de lutter contre toi-même – uniquement contre toi-même. Remercie donc quiconque t’en fournit l’occasion.

Un homme ne peut atteindre la connaissance qu’avec l’aide de ceux qui la possèdent. Ceci doit être compris dès le début. On doit apprendre de celui qui sait.

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