Pour une psychologie profonde

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Le fameux psy Peter Michaelson fait de la psychologie des profondeurs – la seule qui vaille, puisque « le visible simple cache de l’invisible compliqué » ! – et dans un de ses articles, nous met en garde contre la psychologie superficielle (qui a encore, hélas, trop de sectateurs !).

Certains psychologues cognitifs disent que notre difficulté à atteindre le bonheur est due à « des erreurs de traitement logique. » Mais ce remède est trop superficiel. La logique ou le sens commun ne peut pas distinguer tous les ingrédients de la tristesse parce que ces ingrédients se trouvent profondément enfouis dans notre psyché, au-delà de la portée de la logique ou du bon sens.

La meilleure approche psychologique dépend de la connaissance, et non pas de la logique. Cette connaissance de la façon dont notre psychisme fonctionne nous amène profondément dans notre inconscient. Là, nous découvrons la matière réprimée & les émotions négatives non résolues qui nous obligent à « recycler » les sentiments & souvenirs douloureux, produisant ainsi le malheur.

Selon le psychologue cognitif Daniel Gilbert, «Si nous devions découvrir le monde exactement comme il est, nous serions trop déprimés pour sortir du lit le matin »(Stumbling on Happiness, Alfred A. Knopf, 2006).

Mais … ceci est faux ! Pensez à ceux qui méditent. Ils n’ont pas peur de la réalité, ils recherchent la vérité et le sens en eux, pour reconnaître et surmonter les défis de la vie et ils trouvent ainsi le bonheur.

Nous devons être prêts à approcher de la réalité, ou nous serons comme les enfants qui ont peur de l’obscurité. Nous n’aurons pas la force de faire face à des défis tels que le changement climatique, l’épuisement des ressources, le terrorisme et la corruption dans les marchés financiers.

Gilbert écrit aussi que nous avons besoin d’un certain niveau d’illusion ou de fantasme ; un «système immunitaire psychologique », nous permettant de nous sentir assez bien que pour affronter notre situation, mais assez mal que pour vouloir agir pour le changer. » Le remède de Gilbert n’offre pas de solution à tout. Il est une formule pour un éternel conflit intérieur entre se sentir bien et se sentir mal. L’examen de son livre dans le New York Times a été judicieusement intitulé, « The Joy of Delusion. » (la joie du délire).

Voici un exemple de véritable compréhension, appliquée à une catégorie de gens appelés «collectionneurs d’injustice.»

Ces « plaignants » chroniques et autres « souffreurs en silence » utilisent involontairement leurs facultés mentales & leur imagination pour créer des impressions de vie quotidienne qui les font se sentir offensés, trompés, opprimés, ou victimes d’une façon ou d’une autre.

Leur problème n’est pas dû à des « erreurs de traitement logique », comme les psychologues cognitifs le prétendent, mais à ce qu’ils opèrent dans l’obscurité. La logique nécessite l’accès aux faits pertinents, et la plupart des collectionneurs d’injustice n’ont pas ces faits à leur disposition. Ils ne savent pas ce qui se passe dans leur psyché, et seule la psychologie des profondeurs peut le leur révéler ou le leur enseigner.

Les collectionneurs d’injustice sont inconsciemment obligés de souffrir. Ils produisent involontairement des impressions subjectives qu’on leur fait du tort. Ils croient à tort que ces injustices – qui peuvent être réelles, exagérées ou imaginaires – leur imposent de souffrir.

Comment les collectionneurs d’injustice peuvent-ils appliquer la logique alors qu’ils ne peuvent pas voir les processus inconscients à l’œuvre dans leur psychisme ?

Leur contrainte inconsciente à souffrir doit être pleinement explorée. Les collecteurs d’injustice sont poussés à un niveau profond, à poursuivre leur mode de vie de souffrance.

Pour se libérer, ils doivent susciter l’équivalent d’une révolution intérieure, alimentée par de nouvelles connaissances ou conscience. Cela peut impliquer de passer quelque temps chaque jour à appliquer leur connaissance de soi à ces situations dans lesquelles leur souffrance se déclenche. Ils commencent à voir les choix internes qu’ils ont été font pour ressentir des sentiments négatifs à la moindre occasion.

Ils comprennent qu’ils ont souffert non pas parce que les circonstances justifient leur souffrance, mais bien parce qu’ils ont recréé et recyclé des émotions négatives non résolues.

Une personne saine se soucie de générer des pensées et des émotions qui mènent à la créativité, la productivité, le plaisir ou la détente. Un collecteur d’injustice, par contre, se soucie inconsciemment de générer des processus mentaux ou émotionnels qui impliquent (entre autres émotions négatives) la privation, le contrôle, la critique et le rejet. Cela produit de la tension, de la frustration, de la colère, du cynisme et de la dépression.

Bref, la collecte d’injustice joue un rôle dans les problèmes de comportement tels que les addictions.

Il ne faut pas avoir peur d’aller en profondeur ! Comprenez, ainsi, que les psychologues et les psychanalystes qui n’ont pas fait un travail en profondeur dans leur propre psyché sont incapables d’enseigner les connaissances supérieures et les méthodes pour la santé émotionnelle et l’auto-développement.

PS ; bien sûr, il faut s’indigner des injustices ; c’est même un devoir (voir http://www.bonheuretamour.com/2016/06/16/colere-indignation/), mais juste pour se dire qu’on va agir pour le faire changer, et là, agir ! Si l’on ne peut ou ne veut rien faire à la situation, autant éviter l’info, qui ne fera que nous déprimer. C’est ça, avoir une bonne hygiène mentale & émotionnelle !

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  1. La psyché et ses mystères profonds… j’ai trop vu des psys qui jugeait les comportements plutôt qu’ils passaient du temps pour dénouer le fil d’Ariane perdu au fond du labyrinthe..

    Intéressant, je suis en train de lire le que-sais-je sur les addictions, ils ne parlent pas de ce sentiment d’injustice…

    J’aime beaucoup le PS, j’avoue que je ne comprends pas certaines personnes, qui passent leur temps à se lamenter sur des informations, propageant la colère, la tristesse et la peur et ne pouvant ou n’envisageant même pas de faire quoi que ce soit.

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    • Ces gens négatifs sont effectivement déprimants. Et en plus, ça agace de voir que, pour se remonter dans leur propre estime, ils doivent sans cesse « démolir » d’autres gens ou groupes de gens… Mais on leur pardonne quand on comprend qu’en fait, ils recyclent des sentiments négatifs datant de leur enfance & qu’ils se nuisent à eux-mêmes… On espère qu’ils s’informeront, en prendront conscience et cesseront …

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