Infidélité : faut-il haïr l’amant(e) ?

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F. enrage  Découvrir que notre partenaire nous trompe cause un énorme choc, une douleur terrible et, bien sûr, une rage monstrueuse … qui se porte généralement vers l’amant(e).

D’un côté, c’est compréhensible (& excusable), puisqu’on le (la) considère comme le(la) responsable de toute cette douleur et de ce « vol » (car il ou elle prend quelque chose qui n’est pas à lui (elle).

Il est très tentant de croire que s’il (elle) n’avait pas été là, notre partenaire nous serait resté fidèle… Hélas, ce n’est généralement pas vrai ; il l’aurait fait quand même, avec quelqu’un d’autre !

Après avoir appris la trahison, le partenaire trompé tend à s’obséder sur l’amant(e) ; on l’imagine comme un Don Juan ou une femme fatale, plus beau, brillant, organisé que nous … Là aussi, c’est généralement faux ; c’est le plus souvent quelqu’un de tout à fait ordinaire, et même plus laid(e) que nous.

Bref, ce « tiers » aurait pu être n’importe qui. Son seul avantage sur vous, c’est qu’il (elle) n’est pas vous, justement, et surtout qu’il (elle) ne porte pas l’étiquette « engagement » ; qu’il représente la liberté, la légèreté, l’amour et non le devoir…

Dans 99 cas sur 100, ce sont plus les circonstances de la situation, plutôt que la personne de l’amant(e), qui ont fait pencher la balance vers l’infidélité.

D’ailleurs, c’est une relation de fantaisie, toute en surface & d’apparences, où chacun des 2 se présente sous son meilleur jour, et qui n’atteindra sans doute jamais ce stade d’intimité où on se laisse aller complètement…

C’est une sorte d' »évasion », de « plage de repos », de « lieu hors du temps & du train-train quotidien », où il n’y a que le côté agréable d’une relation, loin des activités banales de la vie, et surtout, libre des restrictions, obligations & responsabilités qu’exige une vie de famille.

Et à ceci s’ajoute la nouveauté, puis, le mystère & l’intensité de devoir dissimuler… Pas étonnant que ça semble plus excitant qu’avec vous !

En fait, le plus souvent, la liaison ne constitue pas un rejet du conjoint, mais un rejet d’un rôle jugé terne ou trop lourd à porter ; un rejet de tous ces devoirs et limitations.

Comprendre ceci met un peu de baume sur nos blessures… et aide à tempérer nos opinions & sentiments envers l’amant(e).

Bien sûr, on est tenté de se rebeller contre l’idée même de relativiser, de tempérer notre colère, car la colère est une émotion qui nous fait sentir puissant … et on a bien besoin de se sentir puissant, dans le maelstrom d’émotions (surtout une grande détresse & impuissance) causées par l’infidélité !

L’ennui, c’est que ça nous ronge, nous empêche de penser clairement et nous fait agir à notre détriment.

Dites-vous plutôt ceci : si votre bien-aimé(e) a pris cet amant (cette maîtresse), soyez sûr(e) que c’est pour son rôle ; ce rôle d’apporteur(euse) de fantaisie ; bref, c’est pour ce qu’il(elle) n’est pas, et non pour ce qu’il (elle) est !

D’ailleurs, si (cela arrive dans 1,5% des cas) votre partenaire vous plaque pour s’installer avec son amant(e), il (elle) réalise vite – quand l’autre s’est installé dans le rôle de « conjoint officiel » – qu’il a conclu un marché de dupes & se retrouve à son point de départ…

Il se rend alors compte que sa croyance que l’amant(e) était différent(e), n’était qu’une illusion, et ses vieux sentiments d’être prisonnier d’une vie terne seulement faite de devoirs & dénuée d’excitation, ressurgissent… & le désir de s’en évader (par l’infidélité) ressurgit aussi…

Prenons l’exemple de mon 1er beau-frère, Philippe D. Il a épousé ma soeur en ’84 et, peu après l’achat d’une maison, est devenu infernal avec elle. Un soir, elle est rentrée du boulot & a eu la surprise de trouver l’oiseau envolé, avec toutes ses affaires (& le compte en banque vidé).

L' »oiseau » en question s’était trouvé un nouveau nid, chez une certaine Ariane, qu’il a mise enceinte… Comme cela lui pesait, il a renoué avec ma soeur (qui est aussi tombée enceinte).

Ce beau coco a donc « dû » quitter Ariane, pour s’installer chez une 3ème oiselle, Patricia.

Comme elle lui correspondait plus, il l’a épousée & lui a fait un gamin… Ils ont vécu ainsi 18 ans, & là, Patricia a acheté un appartement (avant, ils louaient) ; là, c’était trop pour notre pigeon voyageur ; il a pris son envol pour s’installer chez une Catherine… C’est beau, non ?

Bref, si votre compagnon(gne) vous trompe, sachez que 1) il y a peu de chances qu’il vous quitte pour s’installer avec l' »autre » (évidemment, c’est à voir si VOUS voudrez rester avec un(e) partenaire infidèle), 2) même s’il le fait, l’amant(e) risque fort de se retrouver très vite à votre place, confrontée à la douleur de l’infidélité (vengeance, vengeance !).

Donc, faut-il haïr l’amant ? En fait, non ; il(elle) n’en vaut pas la peine…

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