La sotte mode du « pardon obligatoire »

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Parmi les théories New Age farfelues (& nocives), à part le rejet de toute négativité (« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » !), il y a l’obligation (fasciste) de pardonner !

Le pardon est présenté comme la panacée universelle pour les victimes d’abus ; c’est ce qui est censé guérir nos blessures & apaiser notre âme. Selon les tenants de ces belles théories (hélas fausses !), notre guérison dépend de notre faculté de pardonner.

Pourtant, si vous vous forcez à le faire, vous constaterez que vous n’êtes pas guéri, que vous ne vous sentez pas mieux … Pis ; que ça vous expose à de nouvelles violences !

Car quand quelqu’un vous maltraite, il vous vole en quelque sorte, quelque chose (argent, santé, estime de vous).

Si un voleur « normal » vous prenait quelque chose, il devrait vous rembourser & être puni, non ?

Un PN vous vole votre joie de vivre, votre passion, votre vie même…et il ne devrait rien rembourser pour ces ressources, les plus précieuses de toutes ? Ce n’est pas logique !

Le vrai pardon ne peut être donné que si les 2 parties souhaitent restaurer la relation & faire ce qu’il faut pour ça.

L’agresseur doit avouer son acte, en montrer du regret (contrition sincère de vous avoir blessé), vous rembourser ce qu’ils ont pris + une pénalité, et montrer une solide détermination à ne pas vous re-blesser à l’avenir.

C’est seulement s’il fait ces 4 choses ET que vous ressentez & êtes convaincu(e) qu’il est sincère & regrette vraiment ses actes, que vous pouvez alors pardonner.

Le vrai pardon est un genre de transaction ; l’autre a contracté une dette envers vous ; il est juste qu’il la compense.

C’est CELA qui répare la relation.

Il est typique que le PN joue les victimes et vous accuse du mal qu’il vous a fait (vous l’avez, soi-disant, « poussé à faire ce qu’il a fait » !) mais n’avalez pas ces salades ; ne vous laissez pas berner en remplaçant la réalité par sa réalité menteuse. Soyez plutôt consciente que ce n’est qu’une ruse habituelle des PN pour éviter toute responsabilité et qu’en employant ces tactiques, le PN prouve qu’il refuse de se repentir.

Si vous accordez votre pardon sans que votre agresseur n’ait effectué les 4 étapes, c’est un faux pardon ; si vous pardonnez alors que votre agresseur refuse d’avouer ses torts, ou être en dette envers vous, ou dit ne pas ressentir de regret, il saura que tout lui est permis.

Attention : rendre plus que ce qu’il vous a pris est essentiel : ça montre qu’il y a repentir réel, que l’agresseur estime juste d’être puni (en + de rembourser ce qu’il a volé). Là, par pure gentillesse, vous pouvez renoncer à une partie de cette pénalité. Mais ne renoncez pas à la totalité.

Bien sûr, un PN ne se reconnaît jamais en faute & refuse de se plier aux conditions pour être pardonné. De toute façon, vous n’êtes qu’un objet et lui, un dieu, dont les caprices font loi – alors, comment osez-vous leur demander des comptes ? Comprenez que dans ces conditions, il est impossible de pardonner à un PN.

Même s’il admet qu’il a eu tort & vous demande pardon, ce n’est que par calcul – jamais sincère …

Le pardon n’est pas un dû, il ne doit jamais être automatique ; c’est un don précieux que vous ne devriez pas brader. Il concerne le fait de restaurer la paix de l’esprit et la relation – ce qui ne se fait pas tout seul, & demande des efforts des 2 côtés. Donc, si vous ne voulez pas le donner, tel est votre choix, & c’est parfaitement légitime !

Il est évident qu’on ne peut pardonner de tout son coeur si l’on n’est pas convaincu(e) que celui (celle) qui nous a fait du mal, veut réellement se corriger. Si vous n’êtes pas satisfait, vous ne lui devez pas votre pardon.

Et s’il vous dit que vous devez lui pardonner, c’est la preuve absolue qu’il ne se repent pas du tout !

Mais il y a un dilemme : si vous ne pardonnez pas, impossible de revenir à la sérénité ; vous restez avec votre blessure & votre colère… Ces émotions sont bonnes ; car elles sont nos amies, même les négatives (du moment qu’elles ne durent pas) ; elles servent à notre survie, à nous faire comprendre où l’on se trouve & à nous pousser à réagir pour nous sortir du danger.

Si vous les ressentez, demandez-vous quel bienfait vous tirez de fréquenter quelqu’un qui vous fait ressentir cela .. Mettez un nom sur la force mauvaise qui a semé le chaos & la destruction dans votre vie, sur ce qui a sucé votre énergie, vous a fait vivre dans une frustration constante, vous a affaibli(e) & rendu votre vie amère ; c’est de la perversion narcissique.

Donc, là, si vous ne pouvez pardonner parce que l’autre refuse de faire ce qu’il faut pour ça, il ne reste que 2 solutions :

-soit vous décidez que votre bien-être & votre vie (& celle de vos enfants) ne valent rien, et vous restez dans cette relation destructrice, permettant ainsi à votre bourreau à continuer à vous démolir pour son plaisir – sans compter que votre mal-être & votre colère restent et vous détruiront de l’intérieur si vous choisissez de rester à la merci du PN,

– soit vous pensez que vous (& vos enfants) êtes important(s) & décidez de vous sauver. Et, en coupant les ponts avec votre abuseur, vous retrouverez la paix de l’esprit.

Comment voulez-vous guérir si vous restez exposé(e) à la violence ? C’est impossible ! Et bêtement « pardonner » un crime, sans raison, ne fera qu’augmenter votre rage. Et prétendre que vous n’êtes pas en colère ne fait qu’envenimer les choses & vous causera sûrement de graves déboires…

Reconnaissez votre droit (& devoir) de rompre avec quelqu’un qui persiste à vous faire du mal, même si cette personne est de la famille. Vous devez vous aider, vous soutenir, car personne ne le fera à votre place !

Ne vous en veuillez pas de ressentir de la colère ; ce n’est pas vous qui avez généré cette émotion ; c’est le PN !

La façon dont vous choisissez d’agir, par contre, est de votre responsabilité. Utilisez votre rage de façon constructive ; il n’est pas en votre pouvoir de changer le PN (ceci est ESSENTIEL à comprendre !), mais vous pouvez changer votre situation.

Utilisez votre colère pour vous motiver à faire les changements nécessaires pour vous protéger & si possible, pour en aider d’autres – il n’y a rien de mieux pour relativiser & retrouver la sérénité ! Vous pouvez, par ex, faire du bénévolat pour aider les orphelins, les malades, les blessés ou encore les animaux.

Si vous pensez que vous ne pourrez retrouver le calme intérieur qu’à condition que le PN se mette à « filer droit », ça ne va pas ; votre guérison ne doit pas dépendre du fait que le PN fasse ceci ou cela, ou dise ceci ou cela, ou s’abstienne de faire ou de dire ceci ou cela ; ça ne doit dépendre que de vous.

Acceptez de voir et de vous exprimer à vous-même ce qui vous est arrivé, puis, prenez des mesures pour vous assurer de ne pas continuer à être une victime. C’est ça qui vous renforcera & élevera votre estime de vous.

Il est bon de garder quand même un petit fond de colère ; pour pouvoir reconnaître immédiatement si l’on vous attaque, et vous en indigner ; c’est ce que vous permettra de rester à l’écart du mal !

Il ne s’agit pas de vivre dans un état permanent de colère, mais de l’écouter quand elle tente de vous alerter.

Cette colère résiduelle est constructive et non destructive.

Le PN ayant refusé de stopper ses actes, ce qui indique qu’il a bien l’intention de continuer à vous blesser – alors, comment pourriez-vous guérir s’il éveille sans cesse la colère & la douleur dans votre coeur ?

Nourrir une fausse idée du concept de pardon, fait qu’on prétend qu’une chose est ok, alors qu’elle ne l’est pas.

Pardonner de façon « gratuite » ne fait pas de vous une «bonne personne», car alors, vous faites partie du problème ; cela ne fait que perpétuer le mal.

Il faut comprendre que le pardon comprend 2 personnes, une relation et qu’il fonctionne comme une transaction.

Pourquoi vous mentir sur votre ressenti ? Un mensonge ne pourra jamais vous soulager.

Essayer de « pardonner » n’est pas une façon honnête de trouver la paix que vous recherchez. Visez plutôt une chose que vous pouvez obtenir : l’acceptation de ce qu’on vous a fait, l’acdeptation que poursuivre la relation est impossible, l’acceptation de ce que l’autre a choisi…

Car oui, le PN a choisi de continuer dans cette voie & à refuser d’être digne de pardon. Seule l’acceptation de cette vérité vous mènera à la paix, et non une définition fausse ou lâche du pardon.

On dit que « errer est humain, persévérer est diabolique » ; tous, nous faisons des péchés, mais y persévérer exprès est impardonnable. Donc, ne donnez par le pardon juste pour prouver que vous êtes une bonne personne.

Renoncez plutôt à toute idée de vengeance ; ceci fera cesser vos ruminations sur les abus que vous avez subis (alimentant votre colère & vous faisant devenir mauvais). Focalisez-vous plutôt sur des choses positives

Le pardon n’est pas à considérer quand on a affaire à des agresseurs impénitents. Au lieu de vous réconcilier avec votre bourreau, faites-le avec vous-même, avec ce que vous avez vécu, avec le fait qu’il ne changera pas et que ça ira de mal en pis… et sauvez-vous !

Donnez-vous le temps de guérir – et ça prendra longtemps – remplacez les êtres mauvais dans votre vie par des êtres bons, trouvez des activités saines, des passe-temps, … Voilà ce qui apaisera votre colère et permettra à votre esprit de retrouver le repos.

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