Conte : Nasreddin Hodja & la bougie

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N. Hodja marmite Par une froide soirée d’hiver, Nasreddin Hodja était au café avec ses amis, buvant des thés bien chauds en échangeant des histoires et en fanfaronnant comme il aimait tant le faire …

« Je parie, s’exclama-t-il soudain, que je pourrais me tenir toute cette nuit, dehors, debout dans la neige, sans aucun feu. »

 » Personne ne peut faire ça, voyons ; il fait bien trop froid ! » dit un homme en regardant la neige tomber, à travers la fenêtre.

 » Je le peux, rétorqua-t-il, et je le ferai ! Et si je perds ce pari, je vous offrirai à tous un banquet demain, chez moi. »

Sur ce, chacun rentra chez soi ; tous regagnèrent leur lit, bien au chaud, tandis que Nasreddin s’installa au milieu de la place du village. Il se tint là, malgré le froid mordant, la neige qui tombait à gros flocons et surtout, l’envie de dormir. L’aube lui semblait très lointaine, il souffrait car il avait les doigts et les orteils gelés, mais il était fermement décidé à gagner son pari, alors, pour rester éveillé et se réchauffer un peu, il battait des mains & des pieds et gardait les yeux fixés sur la flamme d’une bougie qui brûlait dans une maison voisine (celle de son copain Mahmoud).

Ce faisant, comme il avait le temps de penser, il regrettait d’avoir fait ce pari, se reprochait ses folles vantardises et se promettait de modérer ses propos à l’avenir.

Enfin, le jour parut. Nasreddin Hodja, épuisé et frissonnant, se dirigea vers chez lui pour prendre un repos bien mérité. Mais ses amis vinrent le trouver, curieux de savoir s’il avait gagné ou perdu son pari.

 » Comment as-tu pu rester éveillé toute la nuit ? » lui demandèrent-ils.

 » J’ai fixé une bougie qui brûlait dans la maison de Mahmoud », répondit-il.

« Oh oh, dirent-ils. Une bougie produit une flamme, donc, de la chaleur. Et comme tu t’es réchauffé à cette chaleur, tu as perdu ton pari. »

Nasreddin essaya d’argumenter, en disant qu’une bougie placée à plusieurs mètres ne pouvait aucunement le réchauffer – mais les autres, qui espéraient un bon repas, soutinrent mordicus leur point de vue, et étant tout seul de son avis, Nasreddin fut forcé de leur offrir le banquet promis.

Donc, après l’appel à la prière du soir, ils vinrent tous frapper à sa porte de Nasreddin. « Asseyez-vous, lança Nasreddin en leur ouvrant la porte, le dîner n’est pas tout à fait prêt. » Et il disparut dans sa cuisine.

Ils s’assirent donc tous, humant l’air pour renifler les plats que Nasreddin leur servirait… mais aucune odeur ne s’échappait de la cuisine… Ils attendirent longtemps … mais rien ne venait.

Finalement, à bout de patience, ils offrirent à leur ami de l’aider à cuisiner pour presser un peu les choses.

Nasreddin acquiesça tout de suite.

En entrant dans la cuisine, ils virent une grande marmite suspendue à l’âtre, mais le seul feu de la pièce était une simple bougie, qui brûlait à plusieurs mètres de distance du chaudron.

 » Encore quelques minutes de patience, dit malicieusement Nasreddin, faisant semblant de touiller avec application dans la marmite. Ca ne devrait pas tarder à bouillir. Une bougie donne tellement de chaleur, vous le savez bien ! »

Voilà comment il rendit la monnaie de leur pièce à ses « amis » profiteurs & de mauvaise foi !

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