PN ; les victimes doutent

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Doute Il semble qu’il y ait un phénomène qui touche toutes les victimes de PN… J’avais déjà évoqué ici (http://www.bonheuretamour.com/2015/05/23/pn-pourquoi-on-reste-si-longtemps/ ) 2 facteurs (la dissociation & le syndrome de Stockholm) expliquant pourquoi on reste si longtemps coincée dans ce genre de relations toxiques.

Mais il y a autre chose ; le déni. Toutes les victimes de PN passent par cette phase parce qu’il est quasiment impossible d’accepter une vérité aussi terrible que celle-ci ; que la personne qui prétend être vous aimer ou être votre meilleur(e) ami(e) n’est qu’un reptile envieux dont le seul but est de vous humilier, vous manipuler, vous contrôler et enfin, créer votre souffrance pour s’en repaître.

Les victimes, qui sont « du bon côté de la Force » ne peuvent pas imaginer un tel monde mental de noirceur.

Mais, comme les humains sont équipés de systèmes de protection (servant à notre survie), notre corps nous envoie des signaux, sous forme d’angoisses et de cauchemars.

Et puis arrive le moment où on ne peut plus se masquer ce qui se passe, où le voile tombe, où les coquilles nous tombent des yeux. Là, on remarque consciemment – au lieu d’avoir juste une boule dans l’estomac – les mensonges, contradictions, & critiques ; enfin la vérité perce la surface de notre conscience et se met en mots.

Mais même alors, absorber toutes ces informations douloureuses en une fois, est pénible … On a une nostalgie des bons moments du début, & on ne peut s’empêcher – devant ce vide, ce manque déchirant qu’on ressent – à aspirer à l’état d’amour fou – entièrement faux, pourtant – où était l’autre quand il nous a conquise (et qu’il a justement employé pour nous conquérir !).

Après le moment « illuminateur », quelque chose a changé, on n’est plus pareil qu’avant, on a perdu notre innocence et l’on réalise pleinement qu’il nous « salit » auprès des autres, nous ment, nous trompe, … Une lutte a pourtant lieu en nous ; on a beau savoir la vérité, elle est trop choquante ; car enfin, si l’on est avec un monstre inhumain, sans pitié, & qui ne nous aime pas, la seule chose à faire est qu’on DEVRA PARTIR… Or, après tout ce qu’on a donné de nous dans cette relation, c’est tout simplement IMPOSSIBLE à faire !

Selon mon principe du « trou dans le pull » (voir http://www.bonheuretamour.com/2013/11/27/mes-4-1-decouvertes-en-psychologie/), on se raccroche au déni, par une sorte de « double pensée » ; d’un côté, on sait ce qu’il en est, de l’autre, on s’accroche à l’espoir que ce n’est pas ainsi, qu’on se trompe, ou que ça peut redevenir comme au début.

Cette contradiction interne a beau être un mécanisme de défense contre une vérité écrasante, elle est évidemment aussi très douloureuse & épuisante !

La victime peut adopter diverses formes de déni : continuer à idéaliser le PN, ou le croire quand il nous rend coupable des abus qu’il nous inflige & accepter d’en porter la culpabilité, ou, le plus facile, blâmer d’autres victimes. Il est très courant pour les femmes trompées, par ex, de haïr « l’autre femme », en « oubliant » que le seul responsable de tromper son conjoint, est le trompeur – car, si cette « autre femme » n’était pas disponible, il serait en train de nous tromper quand même, avec une autre… Et d’autre part, s’il respectait son voeu de fidélité, même si Scarlett Johansson tentait de le séduire, il la refuserait.

Il est plus simple de blâmer quelqu’un avec qui on n’est pas émotionnellement impliqué, que de blâmer notre partenaire amoureux (surtout si on a l’impression d’être folle de lui) !

Moi, comme je ne faisais de reproche à mon PN que dans le but d’éclaircir & résoudre un réel problème (& donc, de renforcer les liens du couple), je n’imaginais pas qu’il puisse me critiquer sans une raison valable – donc, comme il me faisait passer pour moche, mal fringuée, pelante, ne l’aimant pas assez, etc, je tâchais de m’améliorer sur tous ces points (NB : j’ai acheté mon 1er appartement à 23 ans avec l’argent du mannequinat !) ; je me faisais le plus belle possible, j’acceptais qu’il choisisse mes vêtements (!), je tâchais de ne l’embêter sur rien, et surtout, de lui prouver mon amour (quelle sottise !!!).

Eh oui : même que l’on sait la vérité, on n’arrive pas à l' »intégrer »… tout simplement parce que cette monstruosité n’est pas « intégrable » ! On oscille constamment entre la minable réalité et l’espoir irréaliste qu’il soit investi dans la relation, qu’il nous aime malgré tout, qu’il va redevenir comme avant… ou au moins, qu’il puisse aimer… même quelqu’un d’autre…

Le PN lui-même nous fait croire cette fable ; qu’il a un coeur et pourrait aimer une femme bien, mais pas nous, parce que nous, on n’est qu’une nulle sans aucune qualité … Il est d’autant plus convaincant que, comme tout psychotique, il croit lui-même à ses inventions de taré ! On sait que, si le PN ne projettait pas sa folie sur un autre, choisi comme Bouc Emissaire, il deviendrait tout à fait fou ; c’est dire à quel point cette projection est vitale pour eux !

N’oublions pas que le mal consiste à refuser la part d’ombre que chacun a en soi ; à refuser de la voir & de l’affronter. Donc, la plupart des PN se voient vraiment comme ayant un coeur capable d’amour, et comme de vrais petits anges affublés d’une compagne particulièrement tarée et emmerdante ! Jamais ils n’estiment avoir quoi que ce soit à se reprocher ; s’ils nous punissent, c’est bien évidemment parce qu’on l’a bien mérité, qu’on les a provoqués ou insultés, ou qu’on leur a manqué de respect, …

Ce n’est qu’après bien des déboires et des départs ratés, que l’illusion se dissipera peu à peu et que la victime acceptera une part de plus en plus grande de vérité.

Surtout, ne nous rajoutons pas le poids supplémentaire de la culpabilité ; on a déjà TANT à porter dans une telle « relation » ! (sans compter qu’il nous jette déjà toutes ses fautes sur le dos !). Il faut se rappeler de ne pas s’en vouloir de s’être ainsi aveuglé (& de ne pas croire ceux qui nous disent cela, par ignorance ou méchanceté) ; ce genre de déni fait partie intégrante du fait d’être victime d’un PN.

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  1. Pingback: La « codépendance  des victimes de PN | «bonheuretamour

  2. J’ajouterai à ça que c’est d’autant plus difficile d’accepter cette vérité alors qu’elle n’est pas acceptée par le commun des mortels, les psys, les avocats, les policiers, les amis. La famille etc. Personne n’est éclairé, formé, sensibilisé à cette structure de personnalité enfin du moins très peu de personnes souvent celles qui ont eu affaire étroitement avec elles. Donc pourquoi et comment une victime pourrait déceler ces travers quand la société dans son ensemble renie la perversion narcissique ? Quand les acteurs sociaux, paramédicaux, médicaux, de la justice, et des sciences humaines sont eux mêmes non informés ?? C’est le système dans son ensemble qui devrait être analysé. La relation bourreau / victime n’est pour moi qu’une seule parmi les multiples explications du phénomène de déni.

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    • Votre commentaire est l’un des plus pertinents & intelligents que j’ai reçus… & ça fait plaisir.
      D’abord, oui, les citoyens lambda s’en tiennent à ce qu’ils entendent dans les médias … et qui est toujours faux.
      Quant aux autres, c’est bien pis ! Si encore les gens étaient simplement ignorants de la problématique PN, mais ils croient à des théories totalement délirantes !
      Or, c’est bien connu, il est impossible d’informer quelqu’un qui a déjà une idée préconçue sur le sujet.
      Il faut pourtant savoir que toutes les instances (psys, assistantes sociales, juges, flics, …) en Belgique et même parfois en France sont « coachées » par le criminel Hubert Van Gijseghem, qui, payé par les lobbys masculinistes & pédophiles, sème ces insanités ( comme « l’Aliénation Parentale », prouvée fausse & rejetée partout sauf ici, le « droit des enfants à la sexualité » – en fait, une apologie de la pédophilie, …).
      Voilà pourquoi la « Justice » ferait mieux de se nommer « L’Injustice » !

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  3. Merci pour vos articles très éclairants. Je voudrais rajouter à celui-ci encore une autre hypothèse, qui fait référence à un exemple de la vie courante :
    Une personne doit rentrer chez elle tard le soir, soit à pieds en 20 minutes, soit en bus en 3 minutes. Mais elle ne sait pas exactement à quelle heure passe le bus. Alors elle se poste à l’arrêt du bus et décide d’attendre un moment.
    Au bout de 10 minutes le bus n’est toujours pas là mais elle se dit que ça vaut le coup d’attendre.
    Au bout de 20 minutes le bus n’est toujours pas là et elle se dit qu’elle aurait dû partir à pied mais que ce serait trop bête de rater le bus maintenant alors elle attend encore.
    Au bout de 30 minutes le bus n’est toujours pas là et elle se rappelle que si elle était partie à pied elle serait déjà chez elle devant une bonne soupe chaude mais elle se dit que ce serait trop bête de rater le bus maintenant alors elle attend encore.
    Au bout de 40 minutes le bus n’est toujours pas là et elle se rappelle qu’elle est vraiment stupide de n’être pas partie à pied mais elle se dit aussi que ce serait trop bête de rater le bus maintenant alors elle attend encore…
    Au bout d’une heure elle part à pied furieuse !
    Conclusion : plus on a investi longtemps du temps ou de l’énergie sur quelque chose, et plus on hésite à s’en séparer… Il faut croire que c’est humain…

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    • Je trouve étonnant que vous ayez trouvé ceci – comme dit dans l’article, j’en ai parlé dans un article en 2013 ; c’est l’un de mes 5 découvertes en psychologie ; je l’ai appelé « le principe du trou dans le pull (voir http://www.bonheuretamour.com/2013/11/27/mes-4-1-decouvertes-en-psychologie/) ; je vous le copie ;
       Le trou dans le pull : Leon Festinger (qui a créé le terme “dissonance cognitive ”), a étudié les adeptes d’une secte qui leur a volé tous leurs biens en échange de la survie lors d’une apocalypse ; Or, devant l’évidence que l’apocalypse prévue n’arrivait pas, au lieu d’en déduire qu’ils avaient été floués, ils ont déduit que leur ferveur avait évité ladite apocalypse  !
      Cet exemple illustre cette théorie du trou dans le pull ; quand quelqu’un a (ou S’EST) investi à fond dans quelque chose (temps, argent et énergie), il ne peut s’avouer avoir perdu tout cela en vain – ce serait trop douloureux à admettre !  Tout comme un joueur de poker qui a « la tête dans le sac » ;  il ne peut pas se dire « bon, maintenant, je me retire ; j’ai perdu assez » – au contraire, il se dit « allez, je vais me refaire au coup prochain » ! Cet élément joue, à mon avis, un grand rôle dans le fait que les femmes (ou même certains hommes) restent dans des relations épouvantables…  L’espoir est hélas une chose qui ne meurt quasiment jamais !

      Oui, ça demande un fier courage pour accepter d’arracher cela de soi, de renoncer à toute cette Vie (temps & énergie) sacrifiée en vain…

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