Conte : Tchouang Tseu & le jeune adepte

Par défaut

Tchouang Tseu

Un étudiant gravit un jour une haute montagne pour trouver 2 vénérables maîtres et écouter les sages leçons qu’il pourront lui donner.

Arrivé en haut, il les trouve assis là ; Tchouang Tseu et un autre maître de ses amis.

Les 2 hommes l’invitent à s’asseoir à leur côté.

« Je suis venu pour apprendre de votre sagesse, grand maître », dit l’étudiant, tout intimidé.

Tchouang Tseu commence : « d’accord, je vais vous dire quelque chose. Je ne sais pas de quelle catégorie cela relève, ni si c’est pertinent, mais ça le sera sûrement à un moment donné. Ce n’est rien de neuf, mais j’ai envie de le dire. « 

L’étudiant, très intéressé, se penche en avant pour ne pas perdre une miette des paroles du maître, & donne à Tchouang Tseu toute son attention.

Mais l’autre maître, qui connaît son ami, a perçu le pétillement dans les yeux de Tchouang Tseu et, sachant ce qui va suivre, secoue la tête … L’étudiant, tout tendu pour écouter, n’a rien vu.

« Il y a un début – poursuit Tchouang Tseu – Il n’y a pas de commencement à ce début. Il n’y a pas de début à ce non-début de commencement. Il y a quelque chose. Il n’y a rien. Il y a quelque chose avant le début de quelque chose et de rien, et quelque chose avant cela. Tout à coup, il y a quelque chose et rien ! (Mais entre quelque chose et rien, je ne sais vraiment toujours pas ce qui est quelque chose et ce qui est rien.) Là, j’ai dit quelque chose, mais je ne sais pas vraiment si j’ai dit quelque chose ou pas. « 

Le jeune étudiant, décontenancé, regarde Tchouang Tseu bouche bée. Il fait mine d’ouvrir la bouche pour poser une question, puis la referme. Après un certain temps, il se lève, bredouille un remerciement, salue, puis il s’en va lentement, redescendant la montagne par le sentier d’où il était venu…

A peine est-il parti que l’autre maître se tourne vers Tchouang Tseu et le gronde : « Pourquoi as-tu fait ça ? Il voulait seulement apprendre. « 

« Il est venu en s’attendant à entendre des vérités profondes pour orner son esprit – répond Tchouang Tseu – et pourtant, ce qu’il venait chercher est déjà en lui. L’encombrement de son esprit l’empêche de le voir. Tant qu’il croira que son esprit est l’outil qui le conduira à l’illumination, il ne l’atteindra jamais. Maintenant, il va retourner encore et encore mes paroles dans sa tête, jusqu’à ce que son esprit rationnel soit si las qu’il aspire au sommeil. Puis, comme son esprit ne sera plus en travers de son chemin, peut-être qu’il attrapera une lueur de la vérité qu’il cherche « .

« En outre – continue Tchouang Tseu avec un clin d’oeil – j’aime taquiner les gens. »

Publicités

L'article vous a plu... ou pas ? Laissez-moi un commentaire ;)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s