Réfugiée dans ma tête…

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dissociation

Dans cet article du 28/05 (https://bonheuretamour.wordpress.com/2015/05/28/reactions-des-victimes-aux-violences-perverses/ ) et dans celui-ci (voir https://bonheuretamour.wordpress.com/2015/05/13/violence-perverse-effets-societe/ ), j’avais déjà cité quelques-uns des effets de la violence perverse; l’angoisse, la dépression, la nervosité, les phobies, syndrome de Stockholm, …

J’aimerais aujourd’hui informer sur l’effet le plus grave qu’occasionnent les violences perverses : la dissociation (ou plutôt, LES dissociations, car il y en a plusieurs sortes).

Si un humain est soumis à une agression mettant sa survie physique ou mentale en danger, et que sa faiblesse et son manque d’autonomie le rendent incapable de s’en protéger par la fuite ou le combat (cas d’un enfant, par ex), la Nature, pour le protéger, a prévu un mécanisme de survie, consistant à dissocier son esprit de ce qui est en train d’arriver à son corps.

Lorsque la violence dépasse les capacités de traitement du cerveau, les sentiments seront stockés dans une zone du cerveau & les souvenirs de l’événement, dans une autre.  C’est ce qui explique que les victimes d’abus horribles racontent leur traumatisme de façon froide & détachée, comme si c’était arrivé à quelqu’un d’autre.

Ce phénomène de dissociation arrive surtout aux victimes de PN, puisqu’ils vivent de nombreux traumatismes, sur de longues périodes de temps, et c’est encore plus vrai s’il s’agit d’enfants vivant aux mains de monstres déguisés en parents ! Comme l’enfant est soumis à de graves traumas, qu’il vit dans un stress intense & prolongé – auquel il n’a aucun moyen d’échapper, le cerveau n’a qu’un moyen pour nous sauver la vie ; la dissociation, qui nous coupe de ces expériences, nous empêche de ressentir ces événements.

Ici encore (voir http://www.bonheuretamour.com/2015/05/23/pn-pourquoi-on-reste-si-longtemps/ ), il faut donc cesser de se reprocher de rester, ou d’accepter les ignorants qui nous taxent de masochiste – car  les « échanges » avec le PN, nous abîment mais on ne s’en rend quasiment pas compte, puisque durant les abus, on n’était « pas là » ! On sait que ça nous est arrivé, mais c’est comme irréel et on n’en a qu’un souvenir très vague..

La plupart de nos actes sont automatiques ; comme, par ex, conduire sa voiture, faire le trajet pour aller au bureau ; on ne se rappelle plus avoir pris telle route ou tel tournant, mais on sait qu’on a dû passer par là, puisqu’on est arrivé au travail. La dissociation, c’est un peu pareil ; le cerveau est en pilotage automatique & on n’a pas conscience de ce que l’on subit, car on se déconnecte de notre moi et des violences qui nous sont infligées.

Il y a divers genres de dissociation : la dépersonnalisation ; c’est quand on a l’impression qu’on n’est pas là, pas présent(e) dans notre corps – un peu comme si on assistait aux abus de l’extérieur…

Ainsi, c’est comme si on regardait un film, comme si ce n’était pas nous qui les subissions. L’enfant victime peut donc très bien être chaque jour rabaissé, violé, battu, … et le lendemain, à l’école, être un enfant joyeux & paraissant heureux (je le sais ; j’étais cet « enfant joyeux & heureux » !).

Parfois, quelques symptômes légers affleurent, comme par ex, se couper les cheveux bizarrement, ou devenir tout maigre ou gros(se), …

Un autre genre de dissociation est la déréalisation ; c’est l’inverse de la dépersonnalisation ; la victime se sent comme étrangère au monde, comme si tout était étrange, flou, anormal, ou au contraire, trop éclatant.  Bien que la victime sache que ceci n’est qu’une impression, le phénomène est assez effrayant.

La 3ème forme de dissociation est l’amnésie dissociative ;

Comme dans l’exemple où l’on va au bureau, où l’on fait ce qu’il faut pour y arriver, mais qu’on ne se souvient pas comment on est arrivé(e) là, voici ce qui se passe :

On subit un traumatisme, puis notre cerveau trie les éléments séparément, en sorte qu’on ne se souvient pas (totalement ou partiellement) de ce qu’on a subi (même si les effets destructeurs, physiques ou mentaux, sont bien là !). Le souvenir des violences est ainsi morcelé.

Si les violences traumatiques sont fréquentes, le cerveau de l’enfant victime finit par dissocier continuellement, et effacer les tortures les plus graves.

En grandissant, si quelque chose (N’IMPORTE QUEL petit détail, vu, entendu, reniflé, …) lui rappelle son PN ou l’événement subi, le cerveau de la victime retombe automatiquement dans ce schéma (auquel il a été « entraîné » durant toute l’enfance) ; l’amnésie dissociative.

On a tellement « dissocié » étant enfant, qu’on continue de fonctionner ainsi & qu’on oublie tout (n’est-il pas vrai que nous nous demandons souvent – nous, victimes – si on n’a pas l’Alzheimer ?). C’est triste d’oublier tout un tas de choses, d’événements importants ou de matière d’examens, ou des gens qu’on rencontre, ou des choses qu’on a fait avec eux, …

C’est ainsi que moi, par ex, j’ai oublié quasiment toute mon enfance & mon adolescence (ayant grandi dans une famille de tarés pervers) et presque toute ma vie adulte (n’étant sortie de ma famille que pour… épouser un PN – avec qui je suis restée 25 ans).

En outre, la victime a difficile à distinguer les signes de violence (ce qui la met en danger) ou, si elle est quelque part, et qu’un détail lui rappelle les abus, tout d’un coup, elle tombe dans un état « flou »… On se retrouve alors ailleurs (au boulot, ou chez soi) sans savoir ce qui s’est passé entretemps.

Les êtres qui dissocient beaucoup, sortent de leur corps (en quelque sorte) et ne sentent plus rien ; pour revenir à la sensation de vivre, les victimes risquent donc fort de se blesser – ceci met leur vie en danger ; en effet, elles ne savent pas jusqu’où elles vont, combien de temps s’écoule, … elle n’ont pas conscience de ce qu’elles font.

En plus, se blesser peut causer un état de dissociation. Quand une victime est très triste, fâchée ou stressée, elle sait (l’ayant appris enfant) que dissocier peut, en lui faisant quitter son corps, faire disparaître ces sentiments ; elle peut donc se blesser dans ce but (pour se soulager).

Un moyen de sortir de cet état est de, dès qu’on en prend conscience, chercher 6 choses rouges et bleues dans la pièce (pour nous faire revenir à la réalité), ou chercher des 3 choses à entendre, toucher ou renifler. Il s’agit ici de nous reconnecter à notre corps par nos sens.

 

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  1. Merci, c’est vraiment ça. Lorsque je repense aux souffrances qui m’ont été infligées tant par mon père que par ma belle-mère, j’ai la sensation d’avoir cloisonné et au point que j’aurais presque envie d’espérer avoir fait un mauvais rêve et que l’on puisse s’entendre. J’ai coupé les ponts avec mon père il y a environ 10 ans. Je n’ai plus besoin de somatiser lorsque je dois le voir, puisque je ne le vois plus. J’ai en revanche créé un compartiment dans mon esprit pour apprécier à sa juste valeur les conseils et les compétences de mon père dont j’étais fière étant enfant. C’est vrai que j’étais coriace dans le fait que par ma particularité neurologique (je suis autiste Asperger), je n’étais pas réceptive à certains sous-entendus et qu’il aurait pu me faire bien plus de mal si je n’avais pas cette aptitude à cloisonner plus fort encore que les autres mes univers. Sauf que lorsque j’ai rencontré mon ami et que sa famille s’est mise à vouloir me jeter de sa vie (mon ami est aussi autiste Asperger) comme si j’étais une ennemie, j’ai commencé à me poser des questions et par la suite mon intuition m’a fait suivre certaines pistes qui se sont avérées vraies. La mère et les soeurs de mon ami sont PN. Enfin, je pense que l’une des deux soeurs sont objet de prolongement de la mère et que c’est la mère la PN principale, mais le coté compétiteur de l’une des soeurs me laisse à penser qu’elle pourrait l’être aussi. C’est incroyable, alors que la plupart des personnes que je connais dans le milieu de l’autisme donneraient tout pour que leur enfant trouve l’amour de sa vie, et soit heureux, autonome, ces gens sabotent parce que ce ne sont pas eux qui ont choisi sa copine et ce n’est pas pour eux qu’il montre de l’attachement ni de l’affection, il est donc puni de m’aimer et de me le montrer ! J’ai lu vos articles et je les trouve vraiment réconfortants. Je pense qu’on ne parle en revanche pas suffisamment des parents PN qui sont de vraies plaies. Car ce n’est pas commun un parent qui met en danger la vie de son enfant pour son propre plaisir, pourtant ça arrive plus qu’on ne l’imagine et surtout, combien se retrouvent brisés après avoir été le punching-ball de ses parents (d’un point de vue physique et/ou moral). Je suis d’accord, plus on essaie de se défendre et de prouver qui ils sont et plus on passe pour des fous et nous pour des toxiques. C’est ce qui m’est arrivé justement quand j’ai voulu prouver ce que l’on vivait et ce que j’ai vécu moi aussi enfant. Bravo, continuez à informer, moi même j’ai commencé à écrire un livre sur le sujet. Je suis ce qu’on appelle une personne résiliente, j’ai réussi à échapper, je pense que mon instinct de survie m’a bien aidée, mais malheureusement, mon ami, lui n’est pas tiré d’affaires et tant que lui n’est pas tiré d’affaires, moi non plus (car je suis le bouc-émissaire de sa PN de mère). Mais qu’est ce qu’ils font parler d’eux et qu’est-ce qu’ils sont usants !

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    • Merci de m’encourager ; ça me fait vraiment du bien (surtout qu’il y en a beaucoup qui m’insultent). J’espère que votre livre marchera. A part ça, attention : on ne peut sauver que soi-même ; donc vous pouvez informer votre aimé, mais la décision de s’en sortir doit venir de lui…Bonne chance

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