Le préjugé de protection

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alienMême nous, les humains, avons certains instincts de survie ; par ex, le “préjugé de protection” qui, comme son nom l’indique, a pour but de nous protéger.

 

Hélas, les instincts qui nous protègent de la maladie peuvent aussi véhiculer nos pires préjugés sociaux – sans compter la violence dans le monde entier. Pouvoir parvenir à une véritable compréhension des forces qui animent le « préjugé de protection » est la seule façon de maîtriser nos pulsions négatives.

Dan Gottlieb, un psychologue hémiplégique, connaît bien le problème, car il est exposé chaque jour à la méchanceté des gens qui, en le voyant, se détournent ou lui parlent sans le regarder dans les yeux, ou encore, tirent leurs enfants à l’écart.

Voilà l’effet du préjugé de protection ; il fait que les gens se sentent mal à l’aise & gens réagissent négativement à sa présence. Au début, ce manque de respect le mettait en colère, mais au fil du temps, il a conclu que le dégoût des gens est enraciné dans leur propre anxiété et inconfort.

Il n’empêche que ce « bannissement » fait mal ; Frieda Fromm -Reichman (psychanalyse) a dit que la plus grande souffrance dans notre monde est le rejet.

La plupart d’entre nous ne veulent pas juger les autres par leur apparence. Pourtant, si nous sommes honnêtes, n’avons-nous pastous, au moins une fois, détourné les yeux d’un(e) obèse ou d’une personne ayant une « tache de vin » sur le visage?

Plusieurs études montrent que ces réactions instinctives sont un préjugé de protection, un ensemble de réactions cognitives et comportementales innées censées nous aider à détecter et éviter les maladies potentielles.

En quelque sorte, c’est la façon qu’a notre cerveau de faire de la médecine préventive, explique Mark Schaller, professeur de psychologie à l’Université de Colombie-Britannique.

Nous sommes à l’affût de signaux indiquant que certaines personnes dévient de ce qui est« normal », alors, dès que l’on détecte un signe de maladie, on s’en écarte automatiquement.

C’est une stratégie inconsciente pour éviter les infections potentielles, puisque nous n’avons aucun moyen de détecter les germes eux-mêmes.

 

Et comme les conséquences d’une maladie sont graves, voire mortelles, notre « système immunitaire comportemental » (comme Schaller l’a surnommé) est fort sensible et nous pousse à fuir tous ceux qui nous paraissent anormaux – même un homme en fauteuil roulant qui ne pose aucune menace de maladie !

 

Les études récentes le confirment ; par exemple, une étude publiée dans Evolution and Human Behavior a révélé que les processus psychologiques d’évitement des maladies jouent un rôle majeur dans les préjugés contre les personnes obèses ou handicapées.

Le préjugé de protection peut également alimenter une méfiance instinctive des étrangers. En termes de préservation de soi, il est logique de se méfier de ceux dont le comportement ou l’habillement indiquent qu’ils sont étrangers. Aux yeux de notre instinct de conservation, ces personnes (ou leurs coutumes) pourraient être porteurs de pathogènes contre lesquels nous et ceux de notre communauté, n’aurions pas d’immunité.

 

Même si nous essayons de cacher nos réactions, nos craintes instinctives envers ceux qui semblent étrange(r)s sont des préjugés … Si nous ne les combattons pas consciemment, l’inconfort grandit, et devient assez fort que pour prédisposer des sociétés entières à la xénophobie, et à la violence contre les personnes considérées comme étrangères.

Pourtant, par la compréhension de la base de ces préjugés de protection, nous pouvons apprendre à les combattre plutôt que de les exacerber, à la fois sur le plan personnel et à l’échelle mondiale.

 

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