Comment l’excision change l’esprit

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Blooming Red RoseL’excision laisse une trace, une cicatrice profonde (physique et mentale), qui ne s’efface jamais. Mais pas seulement…

La libido est la force de vie en général, non seulement la pulsion sexuelle. Or, l’excision coupe celle-ci en même temps que le clitoris. En outre, comme la fillette qui la subit, doit souffrir cet énorme traumatisme (la terreur, la douleur, le choc) sans pouvoir y échapper, elle développe un syndrome d’impuissance acquise, c-à-d la croyance ferme que, en situation de faiblesse ou de malheur, elle est impuissante à s’en libérer – en sorte qu’elle n’a même plus l’idée de tenter de s’en sortir – elle s’en accommode du mieux qu’elle peut en tentant d’y survivre, et c’est tout.

Cette mutilation lui a fait perdre sa naïve confiance en la vie et en les autres humains En effet, non seulement les femmes de sa communauté, mais – horreur suprême – sa propre mère l’a trahie… Et trahie au point de non seulement lui infliger des souffrances atroces, mais de mettre sa vie en danger  ! Certaines fillettes en meurent, d’ailleurs… et chez celles qui survivent, il n’y a que le corps ; l’élan de survie a disparu…

L’ambition est morte avec la Vie ; il ne reste qu’une chose, un outil dont on peut se servir…

Si par la suite, quelqu’un ouvre à cette femme une porte vers la liberté, elle reste sur place comme une plante, au lieu de saisir sa chance vers une vie meilleure.  En fait, elle ne voit pas la porte, n’entend pas l’appel du sauveteur, ne sent pas le vent de la liberté…

En outre, l' »opération » et tout ce qui l’entoure ont généralement causé un syndrome de stress post-traumatique, qui la poussera à passer du côté de ses agresseurs (ou de ceux qui ont le pouvoir), à les défendre contre ceux qui voudraient la délivrer, elle ou d’autres (même ses propres filles) … Ce qui est justement ce qu’espèrent les agresseurs. La victime consentante, qui « en redemande » et y entraîne d’autres victimes, c’est le paradis pour eux !

Après ce qu’elles ont subi, elles ne veulent plus jamais (réflexe de survie normal) se retrouver en position de victime et donc, se placent du côté de leurs agresseurs et s’opposent violemment à tout changement.

Un autre réflexe de survie est que ce souvenir s’efface, disparaît dans une sorte de brouillard, en sorte que, ayant oublié comment c’était, elles ne comprennent pas pourquoi il faudrait éviter cela aux autres !  Malheureusement, leur faculté de sentir et l’aptitude à la compassion ont disparu ou du moins, ont fortement diminué – et c’est dommage, parce que sinon, cette pratique barbare aurait disparu depuis longtemps !

Il y a parfois aussi une jalousie latente ; la femme excisée se dit (inconsciemment) qu’elle a subi cela et qu’il n’est pas juste que d’autres s’en tirent… Tout ceci sous l’excuse des bonnes mœurs, de la santé ou de la religion, bien entendu !  ‘ »C’est pour ton bien », disent-elles aux futures sacrifiées !

Mais le pis est que beaucoup y croient ; elles acceptent passivement les préjugés culturels sur cette pratique multimillénaire (présente déjà dans l’Egypte antique) et nocive pour tout le monde (hommes compris).  L’idée que tout cela ne sert à rien et qu’on a subi toutes ces souffrances en vain, leur est insupportable !  Et c’est ainsi que cette tragédie se perpétue…

Quelque chose est mort en ces femmes ; elles sont, malgré leur dureté apparente, très passives et ne comprennent pas du tout pourquoi il faudrait se bouger puisque pour elles, « là-bas » sera comme « ici ».

Et en effet, ayant perdu la faculté de jouir (jouir de la vie comme sexuellement – puisque la sexualité traduit l’âme), elles seraient dans une autre situation, comme elles sont dans leur situation actuelle ; l’une vaut l’autre, tout les indiffère, puisqu’on leur a arraché leur âme et leur envie de vivre !

Je veux aussi dénoncer ceci : que notre culture mutile aussi les femmes, mais autrement ; l’Occident ayant la prétention d’être supérieur à d’autres cultures, ici, on ne fait rien au corps ; la castration est psychique… C’est tout aussi douloureux, si pas pis, et là aussi, beaucoup en meurent ou restent abruties à jamais, mais (ô hypocrite Occident !) cela a l’avantage de ne pas laisser de traces… Il n’y a ensuite plus qu’à crier « haro » sur le baudet, c-à-d sur d’autres cultures moins « subtiles » dans les maltraitances …

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