3 contes d’Asie

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wallpaper-2590455 (1)1. les moines zen et la jeune femme 

L’histoire se passe en Chine : 2 moines zen, un vieux maître et son disciple, se rendaient à pied dans un monastère d’une ville voisine. Et voici qu’ils arrivent à un ruisseau.

Les 2 hommes savaient qu’ils pouvaient le traverser sans problème, mais près d’eux, sur la rive, une jeune et jolie femme hésitait à mouiller ses beaux vêtements de soie …

Elle aperçut alors les 2 moines, et demanda au vieux maître s’il serait d’accord de la porter sur son dos jusqu’à l’autre côté.

Ce dernier accepta et, la portant sur son dos, l’amena de l’autre côté du ruisseau.  Elle le remercia, salua les 2 hommes, et continua son chemin.

Les 2 moines aussi se remirent en route… le silence s’installa entre eux, et s’éternisa.

Après quelques heures de marche, le vieux maître se demanda la raison de ce silence ; il observa le visage de son disciple et remarqua qu’il avait l’air furieux.

Il lui en demanda la raison, et le jeune disciple explosa : « comment Maître, vous, qui vous prétendez si pieux, avez-vous pu toucher ainsi le corps d’une jeune femme vêtue d’habits si fins qu’elle était quasiment nue ? »

Le vieux maître zen le regarda alors sereinement et lui dit : « Comment ? Toi, tu la portes encore ? »…

2. l’ermite et la prostituée 

Ce conte-ci se passe en Inde.

Un saint homme vivait en ermite dans une forêt, passant ses jours dans l’abstinence, le jeûne et la dévotion.  Sa réputation de sainteté était bien établie et s’étendait dans tout le pays alentour ; les gens venaient de loin le consulter pour être apaisés et guéris de leurs maux.

Dans une ville voisine de cette forêt, vivait une prostituée fameuse : elle pouvait demander de grosses sommes à ses clients, parce que sa beauté était époustouflante, ainsi que ses dons de musicienne et de danseuse, et elle avait en outre beaucoup d’esprit.

Avec la perversité naturelle, l’impiété (jalouse de toute vertu) et l’impudence qui caractérisent ce genre de créatures , elle paria un jour avec ses amis qu’elle réussirait à faire sortir l’ermite de la forêt et d’en faire son esclave.

Chacun rit de ses prétentions, et lui dit qu’elle échouerait, mais elle s’entêta dans sa décision et informa tout le monde qu’elle s’absenterait de la ville pendant plusieurs semaines, si pas des mois…

Le lendemain matin, délaissant les vêtements luxueux, le parfum capiteux et le maquillage provocant qui lui étaient habituels, elle se vêtit de bure, se couvrit les cheveux et partit rencontrer le moine dans la forêt…

Elle l’aborda d’un air modeste, l’informant de son vif désir de renoncer à la vie mondaine pour se faire ermite, et le suppliant de l’éclairer et de la guider sur la voie du renoncement..

Au début, tout alla bien, mais assez vite, la vision constante de ce beau corps, de ce merveilleux visage et (croyait l’innocent moine) de cette âme angélique, enflammèrent le cœur, l’esprit et les sens de notre ermite, qui… succomba à la tentation et amena sa fausse disciple à se donner à lui.

Le vice et le mensonge sont armés, et donc, gagnent aisément sur l’innocence qui s’avance nue et sans arme … Le cœur tendre et vivant se fait toujours flouer par le cœur sec et le bas calcul …

La créature corrompue se montra experte, au point d’enchaîner son amant aux plaisirs des sens.

Quand elle le vit ainsi, elle exigea de sortir de la forêt, et que son nouvel amoureux la suive jusque chez elle. Ne pouvant supporter de vivre sans elle, il abandonna tout ce qui était sa vie, pour la suivre jusqu’à la ville.

Là, elle fit venir tous ses amis, et célébra son triomphe et la réussite de son pari. Elle donna à la chose le plus de publicité possible, songeant que cet « exploit » lui permettrait de faire encore monter ses tarifs !

Ses amis n’en revenaient pas, et ne pouvaient comprendre par quelle magie le saint ermite était devenu cette loque attachée à ses pas…

– « C’est incroyable ! – s’exclamaient-ils – Comment as-tu fait ? »

– « C’est simple ; je lui ai parlé de ce qui l’intéressait ! »

3. le spectre du bonze

Ce dernier conte se passe au Japon, dans une auberge. Un vieux bonze y est attablé, quand un ex-samurai désoeuvré l’aborde et lui demande où il va. Comme ils vont tous les 2 à Kyoto, ils décident de voyager ensemble, sur le même bateau.

A un moment donné, le prêtre trop confiant, montre à son compagnon qu’il transporte une forte somme d’argent.

Celui-ci, poussé par l’avidité, le lui vole, puis jette le bonze à l’eau.  Il s’en tire sans se faire prendre, car le crime passe pour un triste accident. Arrivé à Kyoto, il ouvre un petit commerce de riz avec l’argent volé et en quelques années, son commerce fleurit et il devient très prospère.

Mais c’est là que le remords le rattrape ; il voit partout sa pauvre victime, qui le poursuit comme un spectre jour et nuit, au point qu’il en perd le sommeil, le boire et le manger… Il y pense tellement qu’il finit par tomber malade.

Il va consulter les meilleurs médecins, mais ceux-ci se révèlent  impuissants à le guérir de sa langueur.

Un moine ayant la réputation d’être sage et bon, et qui habite pas loin, vient alors le voir, pour tenter de le soulager.  Quelle n’est pas la surprise du marchand quand il reconnaît le bonze qu’il a jeté à l’eau !

Ce dernier lui explique qu’en fait, il savait nager, et qu’après sa chute dans l’eau, il a gagné la ville à la nage et depuis, il y vit aussi.

Il lui dit qu’il savait que son agresseur vivait là, mais n’avait pas voulu le dénoncer, et qu’il lui pardonne.

Le marchand, plein de honte pour l’acte qu’il a commis, désire alors se racheter ; il offre au moine le double de la somme qu’il lui a volée, pour son temple et les pauvres.

Immédiatement, la paix de l’âme lui revient, et la santé. Il vécut ensuite le reste de sa vie dans la vertu et la générosité…

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